Relations franco-artsakhiotes

Les relations entre la France et l’Artsakh sont multiples et riches et elle se déclinent à plusieurs niveaux, officiels et informels.

La France, partenaire de l’Artsakh dans le cadre de l’OSCE

La France est co-présidente du groupe de Minsk, structure mise en place par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) afin d’assister l’Artsakh, l’Arménie et l’Azerbaïdjan à conclure une paix juste et définitive dans le conflit du Karabagh qui s’est conclu par un armistice en 1994.

A cet effet, le Quai d’Orsay maintient des contacts réguliers avec les autorités artsakhiotes par le biais du co-président français du Groupe de Minsk de l’OSCE.

Le Cercle d’Amitié France-Artsakh

Les relations entre les deux pays dépassent de loin le cadre formel. De nombreux élus français, soucieux du développement au Sud-Caucase de la démocratie et du modèle républicain de leur pays, ont entrepris de créer un Cercle d’Amitié France-Artsakh.

Fondé en mars 2013, le Cercle d’Amitié France-Artsakh rassemble aujourd’hui une soixantaine de responsables politiques, qu’ils soient députés, sénateurs, maires ou autres élus. Le Cercle promeut une “diplomatie parlementaire” visant tout d’abord à soutenir l’action du Groupe de Minsk de l’OSCE .

Le Cercle et ses membres considèrent que la paix et la sécurité régionale ne reviendront qu’avec le renforcement de la démocratie, la fin des politiques d’isolement ou d’ostracisation et par la mise en place d’espaces de dialogue et d’échange directs entre les peuples de la région. A cet effet, le Cercle multiplie les missions de délégations françaises en Artsakh, afin de sensibiliser les responsables politiques français aux problématiques réelles du pays. Par son action, le Cercle entend également participer du rayonnement de la France dans la région, en confortant la diffusion de ses valeurs au Sud-Caucase.

Les Chartes d’Amitié

Les Chartes d’Amitié constituent l’un des principaux instruments mis en place par le Cercle afin de renforcer ou de fournir un cadre aux relations citoyennes entre Français et Artsakhiotes.

Bien souvent en effet, de nombreuses relations existent au niveau local entre des mouvements associatifs français et des territoires artsakhiotes. Ces relations peuvent être de nature culturelle, éducative ou sportive par exemple.

Les Chartes signés entre les élus locaux – généralement des maires – des communes françaises et artsakhiotes considérées visent à reconnaître et à valoriser ces actions associatives et au besoin à leur donner une certaine visibilité. A l’heure actuelle, une douzaine de chartes ont été signées entre des maires français et leurs homologues artsakhiotes:

  1. Les Pennes-Mirabeau avec Martouni
  2. Bouc-Bel-Air avec Askeran
  3. Vienne avec Hadrout
  4. Valence avec Stepanakert
  5. Bourg-lès-Valence avec Chouchi
  6. Le département de la Drôme avec l’Artsakh
  7. Villeurbanne avec Chouchi
  8. Sarcelles avec Martakert
  9. Décines-Charpieu avec Tchartar 
  10. Alfortville avec Berdzor
  11. Saint-Etienne avec Chouchi
  12. Arnouville avec Chekher 
  13. Bourg-de-Péage avec Martouni
  14. Le département de l’Isère avec la région de Hadrout

Les acteurs de la francophonie en Artsakh

La francophonie tient également un rôle éminent dans l’essor des relations franco-artsakhiotes. En effet, loin de n’être qu’un instrument périphérique, le développement de la langue française est une priorité gouvernementale de l’Artsakh qui voit dans la langue de Molière – bien plus que le vecteur par excellence de la culture universelle – l’instrument privilégié de l’édification citoyenne des Artsakhiotes.

Une multitude d’acteurs se sont mobilisés autour de cet objectifs, qu’il s’agisse de particuliers, de mouvements associatifs ou d’élus. L’un des principales entités agissant en faveur de la francophonie en Artsakh est l’association éponyme “Francophonie en Artsakh”.

Cette association française rassemblent les élus qui contribuent par leurs réseaux au soutien moral et financier de la francophonie en Artsakh. Avec le Fonds Arménien de France et avec le gouvernement artsakhiote, l’association siège au conseil d’administration de la Fondation Paul Eluard dont elle est membre fondatrice.

La Fondation assure la gouvernance de la Maison Paul Eluard, centre de la francophonie en Artsakh. Depuis 2015, La Maison Paul Eluard dispense des cours de français à des promotions successives de jeunes professionnels (élus, médecins et infirmiers, agriculteurs, …) afin de leur inculquer une connaissance pratique de la langue française adaptée à leur activité professionnelle mais aussi les conceptions socio-économiques et culturelles et les dispositions réglementaires en vigueur au sein du monde francophone . L’objectif est que ces citoyens artsakhiote puissent ouvrir leurs horizons au monde globalisé et faire valoir leurs talents dans l’ensemble du monde francophone.

La diaspora arménienne de France, poumon de l’Artsakh

L’ensemble de ses actions établies dans le cadre des relations entre la France et l’Artsakh doit beaucoup au tissu associatif français et en particulier à celle de la diaspora arménienne de France pour qui l’Artsakh revêt une importance primordiale.

Il serait impossible de lister l’ensemble de ces actions tant elles sont nombreuses et diverses. Des plus modestes aux plus ambitieuses, toutes revêtent une grande importance pour la très francophile population artsakhiote tant elle incarnent ce lien charnel entre les deux pays.

Ici c’est un projet d’adduction d’eau, là un dispensaire, là encore la mise à disposition de vaches limousines et les enseignements agricoles associés. L’Arsakh ne saura jamais être assez reconnaissant pour l’ampleur des investissements matériels et moraux des Français en Artsakh.

Parmi toutes ces actions, on peut citer – parce qu’elle est exceptionnelle – la construction et le fonctionnement de l’ Ecole Professionnelle Yeznik Mozian (EPYM). Grâce au leg considérable de ce donateur de la diaspora arménienne de France, mais aussi grâce à l’investissement de nombreuses personnes et de plusieurs centres d’apprentissage français, l’EPYM situé à Chouchi forme chaque année de nombreux professionnels du bâtiment (maçons, charpentiers, plâtriers, plombiers, carreleurs, électriciens…) formées aux meilleurs techniques française et désormais aptes à participer au développement économique de leur pays. Un bel exemple de la contribution incomparables des Français au développement de l’ Artsakh.