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L'HERITAGE CULTUREL DU HAUT-KARABAGH |
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Malgré
d’interminables guerres les ancêtres des arméniens du Haut-Karabagh ont laissé
un très riche héritage culturel. On compte près de 1700 monuments historiques et
architecturaux, tels que forteresses, palais, monastères, églises, temples,
ponts, khatchkars (« pierres en forme de croix ») et des centaines de murs et de
pierres tombales avec des inscriptions en ancien arménien. La plupart des
monuments historiques retrouvés sur le territoire d’Artsakh (nom arménien du
Karabagh) sont des édifices du culte chrétien. Près de 60 monastères et 500
églises datent du Moyen Age, c’est-à-dire à partir du 4e siècle, où le
christianisme est officiellement proclamé comme religion d’Etat, et au-delà.
Dans les travaux et les écrits des historiens et des géographes arméniens,
géorgiens, byzantins et arabes du Moyen Âge l’Artsakh est mentionné comme l’une
des régions de l’Arménie, ce qui peut servir d’une preuve de l’arménité de cette
région sur le plan ethnique et culturel. Les chants épiques et les contes sont
très typiques à la mentalité et à la culture du peuple karabaghtsi. Le folklore
dans son genre, dans son côté artistique et dans sa manière d’expression affirme
également son origine locale.
Pendant certaines périodes et sous le gouvernement de certains dirigeants la
construction des églises et des monastères a cessé en Artsakh. De nos jours
beaucoup de monuments tels que Amaras, Tsisternavan, Gtitch, Gandzasar, les
monastères de Dadi et de Had, les forteresses telles que Shikakar, Khatchenaberd,
Tigranaberd, Aknaberd, Levonaberd, Jraberd et Gyulistan, impressionnent le
visiteur par leur beauté particulière. Malgré leurs particularités locales, la
plupart de ces fortifications ressemblent à d’autres forteresses retrouvées dans
les provinces de l’Arménie historique. Ces constructions sont de grands édifices
défensifs bâtis dans l’esprit de l’architecture et de l’art militaire arménien
classique.
En Artsakh, comme partout en Arménie, les complexes monastiques n’avaient pas
seulement une influence sur la vie religieuse mais également sur la vie
politique, culturelle et éducative du pays. Malgré le fait que l’Arménie était
divisée entre la Byzance chrétienne et la Perse zoroastrienne l’influence de
l’église arménienne s’étendait aussi bien dans la partie sud-ouest que dans la
partie nord-est du pays.
Au début du 18e siècle une forme unique d’autorité politique et administrative
est établie dans le pays, appelée « Mélikoutyoun ». Cette période est connue par
la hausse du nombre de construction d’édifices militaires et culturels. Les ducs
locaux - les Méliks - bâtissaient leurs propres palais et forteresses. Le palais
de deux étages du Mélik de Dizak est un des monuments les plus connus de la
région de Hadrout actuel de la République du Haut-Karabagh. Bien qu’une partie
de ces monuments soie seulement conservée jusqu’à nos jours, les palais des
Méliks d’Artsakh sont de beaux exemples de l’art arménien et nous offrent une
image assez colorée de l’architecture post-médiévale.
L’époque russe : la ville de Chouchi
Une
nouvelle période commence dans la vie socio-économique d’Artsakh au 19e siècle
quand le pays est rattaché à l’Empire russe en 1805. La production de soie et le
commerce développent rapidement. De grands villages et des colonies urbaines
sont construits avec des immeubles et des centres administratifs ainsi que des
églises, des écoles, des ponts et des routes.
L’unique cité du Karabagh de l’époque - Chouchi – joue un rôle important au
Caucase. A partir de 1828 les livres et les périodiques arméniens sont publiés
là-bas. Entre 1818 et 1900 beaucoup de bâtiments sont construits tels que
l’école religieuse arménienne, le théâtre arménien, l’hôpital Zhamharian, les
écoles des garçons et des filles, les écoles spécialisées, le monastère de
Kousanats, le bâtiment de l’Assemblée nationale avec ses salles d’hiver et
d’été, cinq églises au dôme et deux mosquées. Pendant cette période l’art
décoratif appliqué de l’Artsakh atteint son plus haut niveau de développement et
trouve sa place incontestable dans l’étendue de l’art arménien. Des échantillons
de la production locale de soie, de tapis, de tapisserie, de joaillerie sont
présentés et particulièrement appréciés pendant différentes expositions d’art
internationales à Moscou, à Philadelphie ou encore à Paris.
Au début du 20e siècle déjà un grand nombre de villes et de villages ont été
construits avec leurs ponts, églises, écoles et maisons.
Après la chute
le l’URSS la région du Haut-Karabagh est considéré comme faisant partie du
territoire de la République Soviétique Socialiste de l’Azerbaïdjan. Pendant
cette période beaucoup de monuments historiques et culturels ont souffert à
cause de négligence et de destruction intentionnées. A l’ignorance voulue de
l’entretien et de la maintenance du patrimoine culturel des Arméniens s’ajoutait
la manipulation de l’opinion publique par les autorités azerbaïdjanaises qui
consistait à faire croire que les Arméniens n’habitaient pas ces terres avant
18e siècle. Dans leur campagne d’islamisation de l’héritage culturel les
autorités de l’Azerbaïdjan parlaient des monuments historiques arméniens comme
étant d’origine albanaise, ce qui leur permettait de les considérer comme
faisant partie de la culture azérie.
La destruction massive des monuments arméniens était effectuée d’une manière
systématique.
Seulement au Haut-Karabagh des centaines de monastères, d’églises et de
cimetières ont été dégradés et complètement détruits. Des centaines de
khatchkars ont été brisés ou utilisés pour différentes constructions. Les
demeures des hommes préhistoriques ont été endommagées dans les grottes de
Tstsakhatch, Mets Taglar et Azokh. La tombe souterraine de St Grégoire (5e
siècle ap. JC) a été détournée dans le monastère d’Amaras. Au début des années
30 pas une seule église ne fonctionnait au Haut-Karabagh pendant qu’à Chouchi
les mosquées étaient ouvertes pour satisfaire les besoins religieux des azéris,
ce qui est encore une fois la preuve de politique de discrimination que menait
le gouvernement azerbaïdjanais.
La vie culturelle du Haut-Karabagh de nos jours
Aujourd’hui au
Haut-Karabagh fonctionnent beaucoup de centres culturels tels que le Théâtre
Dramatique d’Etat, les compagnies de danse et de chant, des librairies, des
maisons de culture publiques, des clubs, des musées, des galeries, des collèges
et des écoles de musique, une école d’art.
Parmi les musées l’un des plus importants et des plus riches c’est le Musée de
l’Histoire naturelle d’Artsakh fondé en 1938. Plus de trente objets culturels
d’Artsakh, datant de l’âge de pierre aux temps modernes, sont exposés dans ce
musée. Il est à prêter une attention particulière au département de
l’ethnographie où la grande partie d’objets exposés témoigne du mouvement
national et de la lutte pour la libération du peuple artsakhtsi.
Le Karabagh possède un grand nombre de librairies, dont les plus connues sont la
librairie St Mesrop Machtots, fondée en 1924 et celle Hovhannès Toumanian,
fondée en 1965. La librairie Toumanian jouissait d’un nombre important de livres
mais malheureusement presque 70% de fonds ont été détruits suite à des
bombardements pendant la guerre. Actuellement elle compte environ 40000 volumes
dont 10000 en arménien et le reste en russe.
La ville de
Stépanakert doit la fondation de son fameux Théâtre Dramatique d’Etat à Karo
Alvarian, qui est une des figures éminentes de la scène théâtrale arménienne. Le
théâtre qui portait depuis 1932 le nom de Gorky a été récemment rebaptisé au nom
de Vahram Papazian, un acteur arménien exceptionnel, connu notamment dans les
pays de l’ex-URSS, décoré de la Médaille d’Honneur en 1982.
Fondé en 1988, l’Union des artistes du Karabagh compte 12 membres, dont les
oeuvrent d’art sont exposées dans de différentes galeries en Arménie et à
l’étranger. Les membres de l’Union des artistes ainsi que de l’Union des
journalistes et des écrivains sont connus non seulement en Arménie et au
Karabagh mais également au-delà de leurs frontières.
L’ensemble
d’Etat de danse et de chant du Haut-Karabagh a été fondé en 1985
par Télémakh Ter-Avetissian, une des figures importantes de la vie culturelle
arménienne. Cet ensemble a présenté des spectacles non seulement dans des
Républiques ex-soviétiques mais également en France.
Le groupe de la pop musique « Karabagh » a été fondé en 1997. Ils
interprètent les oeuvres des compositeurs arméniens et étrangers.
Le chœur de chambre « Vararakn », fondé en 1991, est le
premier chœur professionnel à Artsakh, qui a reçu le statut de « Chœur d’Etat »
en 1997. Actuellement il donne des spectacles en France.
L’ensemble « Artsakhi balikner » (« les enfants
d’Artsakh »), fondé en 1992 donne des spectacles en Arménie, aux Pays-Bas, en
France, aux Etats-Unis et en Grèce. Pendant un festival de musique en Belgique,
organisé par l’organisation « Amadeus », l’ensemble « Artsakhi balikner » a eu
cinq médailles d’or et le Grand prix du festival. Aujourd’hui le festival est
devenu un événement annuel traditionnel. L’ensemble a reçu le statut
d’« ensemble d’Etat » en 1997.
Dix nouvelles
écoles d’athlétisme sont ouvertes au Haut-Karabagh avec près de 3000 élèves dans
plus de 200 sections différentes. A Stepanakert fonctionnent également la Maison
Centrale des Echecs et l’Ecole des échecs. Deux grands stades, à Stepanakert et
à Martakert, peuvent accueillir environ 15000 et 5000 spectateurs respectivement
lors des matchs et des compétitions. Certains villages ont des salles de sport
dans les établissements de l’école secondaire, mais elles sont très endommagées
suite à des bombardements.
Des championnats de football, de volley-ball, de basket-ball, de tennis de table,
d’échecs, de lutte et de karaté sont organisés durant les dernières années d’une
façon systématique au Haut-Karabagh à la mémoire des soldats tués pendant la
guerre. Les sportifs participent également avec beaucoup de succès aux open
championnats de la République d’Arménie.
Actuellement il y a huit fédérations de sport au Karabagh : échecs, tennis de
table, football, jeux sportifs, karaté, arts martiaux orientaux, boxe et
haltérophilie.