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LE CONFLIT ARMÉ : |
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1991-1994 |
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Dès le début de l'année 1991, l'Azerbaïdjan a commencé à attaquer la population
arménienne de l'Oblast autonome du Haut-Karabagh (OAHK) et de la région de
Chahoumian. Le 2 janvier, la télévision d'Azerbaïdjan diffuse le décret du
Président azéri, Ayaz Moutalibov, relatif à l'introduction d'un régime
présidentiel dans l'OAHK et dans les régions adjacentes d'Azerbaïdjan. Des
tracts sont distribués dans la région pour présenter à la population un
ultimatum leur demandant de quitter le territoire du Haut-Karabagh le plus tôt
possible.
Le 14 janvier, le Présidium du Soviet suprême d'Azerbaïdjan décide de réunir en
une unique région deux régions voisines, la région de Chahoumian, peuplée
d'Arméniens, et la région de Kassoum-Ismaïlov, peuplée d'Azéris. L'objectif des
dirigeants azerbaïdjanais est évident : liquider une région peuplée d'Arméniens,
déporter ses habitants autochtones et repeupler les villages arméniens avec des
Azéris. A l'époque, la région de Chahoumian compte 20 000 habitants, dont 82 %
d'Arméniens.
Le 22 janvier à l'aéroport de Stépanakert, les OMON, des détachements spéciaux
de la milice d'Azerbaïdjan, empêchent l'entrée dans la ville d'un groupe de
députés du Soviet suprême de la RSFSR, arrivés de Bakou en mission pour examiner
la situation.
La situation au Haut-Karabagh et dans les régions arméniennes adjacentes
s'aggrave sérieusement. L'opération "Cercle" est l'un des événements en
particulier qui a entraîné une grave détérioration de la situation dans la
région. Cette action punitive menée contre les Arméniens fin avril et début mai
1991 impliquait des forces du ministère de l'Intérieur de l'URSS et des OMON
d'Azerbaïdjan. Sous prétexte d'effectuer une « vérification des passeports »,
une terreur d'État sans précédent est menée à bien dans le but de détruire le
centre du Mouvement Karabagh et de détruire l'unité nationale. Les premières
victimes sont les villageois de Guétachène et Martounachène dans la région
azerbaïdjanaise de Khanlar. La population masculine est déportée vers des
destinations inconnues, tandis que la brutalité, le pillage et les vols
accompagnent d'autres « vérification des passeports ». Durant trois jours, la
population de 24 villages du Karabagh est soumise au même traitement et à la
déportation. Deux des villages se trouvaient dans le district de Khanlar, trois
dans le disctrict de Chahoumian, quinze dans le district de Hadrout et quatre
dans le district de Chouchi. Suite à ces actions menées au Karabagh plus d'une
centaine de personnes sont tuées et plusieurs centaines prises en otage.
Le 24 avril, le président du Soviet suprême d'Arménie envoie une lettre aux
dirigeants de l'URSS en demandant que des mesures urgentes soient prises pour
protéger la population arménienne et assurer sa sécurité. Le 3 mai, des membres
actifs du Parti communiste arménien adressent au Président de l'URSS, M.
Gorbatchev, une demande similaire. Le 4 mai, Lévon Ter-Petrossian, président de
l'Arménie, rencontre Mikhaïl Gorbatchev et Boris Eltsine, président de la
Russie. La rencontre ne sera suivie d'aucune déclaration. Les forces intérieures
de l'URSS et les OMON azerbaïdjanais poursuivront leurs opérations punitives. Il
devient évident qu'une guerre à grande échelle est en train de couver.
Le 6 mai, le Soviet suprême de l'URSS examine la demande de l'Arménie de
convoquer le Congrès des Députés du Peuple de l'URSS pour discuter de la
situation qui se détériore rapidement dans la région. La décision est prise de
poursuivre la discussion à la Commission des Nationalités du Soviet suprême de
l'URSS.
Entre temps, 700 réfugiés arméniens étaient transportés de Guétachène à
Stépanakert par hélicoptère militaire. Un rassemblement, prévu par des
organisations publiques le 7 mai à Stépanakert est interdit par le commandement
militaire. Les foules sont averties par des troupes blindées équipées de
haut-parleurs qu'en cas de désobéissance il sera recouru aux armes.
Face à la situation critique au Haut-Karabagh, le Comité exécutif du Soviet
(conseil) régional décrète l'état d'urgence. Le même jour, le Comité exécutif
fait appel à l'ONU et aux autres dirigeants de plusieurs États pour leur
demander de sauver la population arménienne de l'extermination physique en leur
accordant l'asile politique.
Le 19 juillet 1991, la séance élargie du comité exécutif du Soviet régional
discute des mesures de stabilisation politique et économique de la situation. Il
est décidé de restaurer le pouvoir du Soviet des députés du peuple de l'OAHK,
d'organiser de nouvelles élections au Soviet régional, de développer un
programme de survie pour l'Artsakh et de préparer la résistance armée contre
l'Azerbaïdjan. Une délégation de représentants est créée pour mener les
négociations avec les dirigeants de l'Azerbaïdjan. Suite à des négociations à
Bakou, une paix temporaire est instaurée.
Le 24 juin, la délégation de l'OAHK part pour Moscou afin de rencontrer les
dirigeants soviétiques et discuter de la question du rétablissement des organes
de pouvoir régionaux et la possibilité d'un dialogue avec les autorités de
l'Azerbaïdjan pour parvenir à une résolution pacifique du problème du Karabagh.
Le 29 juin, le vice-président de l'URSS, G. Yanaev approuve cette initiative et
promet de promouvoir le dialogue et la résolution pacifique du problème du
Karabagh. Les efforts de la délégation de l'OAHK pour rencontrer le président de
l'URSS, M. Gorbatchev, se soldent par un échec. Les représentants de l'OAHK sont
reçus par le président du Soviet suprême, A. Loukianov, qui fait part de la
nécessité de rétablir le Soviet des députés de la région et promet d'envoyer une
délégation du Soviet suprême au Haut-Karabagh afin d'étudier la situation. Des
réunions se tiennent également avec le ministre de la Défense de l'URSS, D.
Yazov, le ministre de l'Intérieur, B. Pougo, le Procureur général adjoint
Troubine et l'ancien ministre des Affaires étrangères de l'URSS, E. Chévarnadzé.
Tous ces pourparlers n'eurent que peu d'effet en termes de résultats pratiques.
Pendant ce temps-là, les dirigeants de l'Azerbaïdjan poursuivaient leur
politique de déportation des Arméniens sous couvert de « départs volontaires. »
Ces actions s'accompagnaient d'atrocités telles que torture, meurtres,
banditisme, brutalité et violence extrême.
Le 19 juillet, une réunion du Soviet régional des Députés du Peuple du
Haut-Karabagh évoque la possibilité d'un dialogue avec l'Azerbaïdjan sur
l'élaboration d'un règlement pacifique du conflit. Le 20 juillet, la délégation
de l'OAHK rencontre le Président de l'Azerbaïdjan, mais n'obtient aucun résultat
concret.
La création d'un État qui assurerait la sécurité de la population et de son
territoire marque un tournant pour le mouvement de libération nationale du
peuple du Karabagh.
Le 2 septembre, une séance conjointe du Soviet régional du Haut-Karabagh et du
Soviet de la région de Chahoumian est organisée. Conformément au souhait de tous
les habitants du Haut-Karabagh et de la région de Chahoumian, la République du
Haut-Karabagh est proclamée. La réaction de l'Azerbaïdjan est quasi-immédiate
avec le bombardement de Stépanakert avec des roquettes « Alazan. »
Le 22 septembre, les présidents de la Russie et du Kazakhstan, B. Eltsine et N.
Nazarbaev, accompagnés par A. Moutalibov, arrivent à Stépanakert en mission
pacificatrice. A la demande de B. Eltsine et N. Nazarbaev, des négociations
relatives au règlement du conflit du Haut-Karabagh ont lieu à Jéleznovodsk entre
les délégations arménienne, azerbaïdjanaise et karabaghtsie, à l'issue
desquelles les parties adoptent un communiqué commun le 23 septembre.
L'initiative de médiation d'Eltsine et de Nazarbaev n'apporta malheureusement
aucune amélioration à la situation du Haut-Karabagh. Au contraire, les Azéris
ont rapidement multiplié les offensives, les bombardements et les attaques sur
les régions arméniennes.
Le 15 octobre, des représentants des présidents de Russie et du Kazakhstan
arrivent à Bakou pour commencer la mise en œuvre de l'accord de Jéleznovodsk. Le
président de l'Azerbaïdjan reçoit la délégation, bien qu'il aie déclaré à
plusieurs reprises que l'Azerbaïdjan est seule compétente pour résoudre le
conflit du Haut-Karabagh et qu'aucune entité extérieure ne doit intervenir dans
les affaires internes de l'Azerbaïdjan.
Pendant ce temps, à Bakou, des émeutes anti-arméniennes étaient organisées par
le Front populaire d'Azerbaïdjan pour demander la création d'une armée régulière
pour contrôler le Karabagh.
Peu après, le Soviet suprême d'Azerbaïdjan adopta une loi portant dissolution du
Haut-Karabagh en tant qu'entité territoriale nationale et les districts du
Haut-Karabagh furent renommés et subordonnés à des centres administratifs
nouvellement créés. Le 28 novembre, une résolution du Comité constitutionnel de
l'URSS condamna le corps législatif d'Azerbaïdjan pour violation du statu de
l'OAHK.
Le principal tournant du combat de libération nationale du peuple du
Haut-Karabagh fut le référendum organisé le 10 décembre 1991. 98 % des votants
choisirent l'indépendance du Haut-Karabagh. Le 28 décembre, en dépit des
bombardements constants de l'armée azerbaïdjanaise, les élections parlementaires
eurent lieu en RHK. Le 6 janvier 1992, le corps législatif nouvellement élu de
la RHK adopta la Déclaration d'indépendance de la RHK et demanda à l'ONU et à
tous les États du monde de reconnaître la RHK et d'empêcher le génocide des
Arméniens d'Artsakh. Le lendemain, la séance élisait le président du Parlement
de la RHK, Arthur Mkrtchian, âgé de 30 ans. Oleg Yessayan fut nommé Premier
ministre de la RHK.
Profitant de l'effondrement de l'Union soviétique, l'Azerbaïdjan s'est lancée
dans des offensives militaires à grande échelle contre le Haut-Karabagh. Les
villages peuplés d'Azéris qui entouraient Stépanakert furent transformés en
bases militaires à partir desquelles la capitale de la République était détruite
par des tirs réguliers d'artillerie. Principalement des missiles appelés « Grads
» furent utilisés pour les bombardements. Le « Grad » est considéré comme une
arme de destruction massive lorsqu'il est employé contre des populations civiles
et son utilisation est interdite par de nombreuses conventions internationales.
Outre Stépanakert, les Azerbaïdjanais bombardaient aussi le district de
Chahoumian, tuant beaucoup de femmes et d'enfants.
A la fin de l'année 1991, les unités de l'ancienne 4e Armée (de l'URSS) avaient
reçu l'ordre de se retirer du Karabagh. La République se trouvait maintenant
seule, face à face avec les forces régulières azerbaïdjanaises équipées de
matériel militaire moderne, d'armes et d'avions pilotés par des mercenaires
étrangers. Au début de l'année 1992, l'arsenal des forces armées azéries fut
considérablement renforcé lorsque des entrepôts de l'ancienne région militaire
de Transcaucasie de l'armée soviétique furent pris. L'entrepôt abritait des
milliers de chargeurs de munitions qui, selon les affirmations des experts
militaires, seraient suffisantes pour mener une offensive militaire intensive
pendant au moins un an.
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Le début de l'année 1992 fut marqué par des incursions azerbaïdjanaises dans le
territoire d'Aghdam et l'attaque du village arménien de Khramort, qui fut brûlé
jusqu'aux fondations. La capitale de la RHK et divers villages arméniens se
trouvaient constamment pris dans des bombardements intensifs. Les 25 et 26
janvier, un bataillon de l'armée azerbaïdjanaise attaqua le village de Karintak
dans le district de Chouchi. Les forces azerbaïdjanaises furent repoussées au
bout de deux jours de féroces combats. Le 31 janvier, l'Azerbaïdjan lança une
offensive tout au long de la ligne de front.
Les opérations militaires offensives croissantes contraignirent la RHK à
organiser sa propre défense. Des groupes de combattants volontaires pour la
liberté se constituèrent à travers l'Artsakh. Des quartiers généraux furent
établis pour ces forces d'autodéfense afin de coordonner les opérations
militaires. Ces mesures jetèrent les bases de la création d'une armée régulière.
Dans la nuit du 21 au 22 janvier, le quartier général des OMON azerbaïdjanais,
situé dans le quartier de Kerkdjan (anciennement Karkarachène) à Stépanakert fut
détruit. Peu après, les villages de Malibeyli et de Ghouchtchilar, voisins de la
capitale de la RHK, furent détruits.
Le 24 février, la présidence du Parlement de la RHK prit une décision relative
au statut légal des forces armées de la République qui furent subordonnées à un
commandement unifié. L'une des premières tâches des forces d'autodéfense de la
RHK fut la suppression et la destruction de la tête de pont de l'ennemi à
Khodjalou, région où se trouvaient concentrés de l'équipement militaire
considérables. Afin d'assurer des communications efficaces à l'intérieur du
Karabagh, il était impératif de rouvrir un corridor pour relier la région
d'Askéran avec Stépanakert et regagner le contrôle de l'aéroport qui se trouvait
entre les mains des Azéris.
Le 25 février, les forces d'autodéfense du Haut-Karabagh exigent que l’ennemi
quitte la base militaire de Khodjalou et autorisent les civils à emprunter le
corridor humanitaire créé.
Le président de l'Azerbaïdjan, A. Moutalibov, avoua que « le corridor a été créé
par les Arméniens pour laisser passer les civils. » (Nezavisimaïa Gazeta du 2
avril 1992). Cependant, les militaires azéris reprirent les bombardements des
zones habitées en se servant des villageois comme boucliers humaines. Lorsque
les villageois étaient forcés de quitter leurs maisons, les forces azéries
tiraient sur les colonnes de civils à mesure qu'ils approchaient des frontières
du district d'Aghdam. A. Moutalibov pensait que cet acte criminel sans précédent
était lié aux efforts du Front populaire d'opposition d'Azerbaïdjan de lui
retirer le pouvoir en lui faisant endosser l'entière responsabilité du massacre.
Début mars, l'armée azérie entreprit une offensive à grande échelle sur toute la
ligne de front. Le coup principal visait les districts de Martakert, d’Askéran
et de Martouni. Suite à de féroces combats, l'avancée azerbaidjanaise fut
arrêtée. Même avec la liquidation de la base militaire de Khodjalou, le
bombardement ne cessa pas. Les Azéris se postèrent dans la ville de Chouchi et
procédèrent à des bombardements soutenus de la capitale de la RHK et des régions
avoisinantes. Le 7 mai, l'infanterie azérie soutenue par des hélicoptères
militaires ME-24 attaqua les positions de défense du Karabagh dans le sud-ouest
de Stépanakert. Simultanément, 200 roquettes « Grad » et d’autres missiles
furent lancées sur la capitale depuis les collines de Chouchi et des positions
azerbaïdjanaises adjacentes, faisant de nombreux blessés et des dégats très
importants. De violents incendies se déclanchèrent à la gare et dans des
immeubles d'habitation à travers la ville.
Le commandement des forces d'autodéfense décida de passer à la contre-attaque
pour neutraliser les positions de l'ennemi. Le matin du 8 mai, des sous-unités
de l'autodéfense de l'Artsakh entreprirent une contre-offensive, prenant le
contrôle de la route Chouchi-Latchine. A midi, la défense azérie de Chouchi au
nord et au sud avait été neutralisée. Après de violentes batailles de rue, les
troupes arméniennes occupèrent les quartiers centraux de la ville en début de
soirée. Le 9 mai, Chouchi était entièrement libérée. Après avoir détruit les
points de tir de la ville, la prochaine mission des forces d'autodéfense était
d'ouvrir l'importante route reliant Chouchi, Latchine et Zaboukh, de lever le
blocus et de réintroduire une activité normale dans la République. Le 18 mai,
l'armée du Karabagh entra dans Latchine (Kachatagh), mettant ainsi fin à trois
ans de blocus. Le 20 mai, des centaines de tonnes d'aide humanitaire – vivres,
médicaments et autre matériel prioritaire – furent livrées à Stépanakert par la
route Goris-Stépanakert à travers le corridor de Latchine. Après l'opération
Chouchi-Latchine, la tension diminua considérablement dans la zone du conflit.
Entre temps, les forces armées azéries préparaient une nouvelle opération
militaire à grande échelle. Le 12 juin, des troupes azerbaïdjanaises lancèrent
une offensive sur les secteurs nord-est, est et sud-est du front. Tout le poids
de l'armée azerbaïdjanaise était dirigé sur un théâtre des opérations de 20
kilomètres. En outre, les forces de l'ancienne 4e Armée stationnées en RHK
furent engagées. Les Azerbaidjanais purent prendre l'intégralité du district de
Chahoumian et des parties des districts de Martakert et d'Askéran. Suite à cette
offensive, l'armée nationale azerbaïdjanaise détruisit et brûla de nombreux
villages, transformant 40 000 habitants de la République du Haut-Karabagh en
réfugiés. Face à cette situation le parlement de la RHK déclara l'état
d'urgence. Toute la population, dont les réservistes, des conscrits âgés de 18 à
40 ans, les officiers jusqu'à 50 ans et les femmes furent mobilisés et entraînés
spécialement.
Dans les premiers jours de juin, l'armée azerbaïdjanaise, étendant son offensive
dans plusieurs directions, occupa le centre régional de Martakert. Une lourde
menace pesait sur l'Artsakh, dont 40 % du territoire étaient officiellement
occupés par les troupes azerbaïdjanaises.
Le 11 août, le président d'Azerbaïdjan prit un décret portant conscription de
toutes les personnes qui avaient été démobilisées en 1991-1992 ainsi que
prolongation de la durée de service militaire de tous ceux qui servaient déjà
dans les forces armées. Le parlement de la RHK adopta un édit plaçant la
République en état de guerre. Le 15 août, le président du Comité de Défense de
l'État, Robert Kotcharian, mobilisa toutes les ressources humaines et
matérielles de la République et prépara les entreprises, établissements et
organisations à la guerre. La priorité de Kotcharian était l'unification de
toutes les forces autonomes d'autodéfense en une armée unie sous commandement
unique.
Pendant ce temps, des batailles se poursuivaient en différents points du front.
L'armée de l'air azerbaïdjanaise continuait d'attaquer des cibles civiles. Le 18
août, des bombes de boulettes furent larguées sur Stépanakert bien que
l'utilisation de telles armes fût interdite par le droit international. Dans les
jours qui suivirent, les villages des districts de Martouni, Martakert et
Askéran eurent eux aussi subit des bombardements aériens.
A la fin de l'été, Martakert était toujours une position extrêmement tendue sur
le front Le 26 août, au prix de pertes importantes, l'armée azerbaidjanaise
réussit à prendre la route stratégique Martakert-Kelbadjar.
Pendant les derniers jours d'octobre, les troupes azerbaïdjanaises firent deux
tentatives pour couper le corridor humanitaire de Latchine, mais ils furent
arrêtés à 12 kilomètres et repoussés. Le 19 octobre, les forces du Karabagh
lancèrent une contre-offensive vers le sud du corridor et avancèrent jusqu'à ce
qu'ils atteignent les limites du district de Koubatly.
En novembre 1992, grâce à ses efforts de contre-offensive, l'armée de la RHK put
prendre le contrôle de la route Tartar-Martakert-Kelbadjar. De violents combats
s'étendant sur plusieurs mois s'ensuivirent tout le long de la ligne de front de
Martakert. La fin de 1992 fut marquée par une accalmie des hostilités tout au
long de la ligne de front.
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Début janvier, les offensives reprirent de nouveau le long du front
azerbaïdjano-Karabaghtsi. L'Azerbaïdjan engagea la quasi-totalité de son
arsenal, attaquant le Karabagh avec des aéronefs, des chars lourds, de diverses
armes et l'infanterie.
Le 14 janvier, les troupes azéries se lancèrent dans une offensive d'envergure
en direction des villages de Kichan et de Srkhavand dans le district de
Martakert et le village de Tchartar dans le district de Martouni. Toutefois, les
forces azéries ne réussirent pas à avancer dans ces régions.
Début février, des combats intenses éclatèrent sur le front nord. Le commandant
de l'Armée d'autodéfense de la RHK prit la décision d'entreprendre une opération
de contre-offensive dans le district de Martakert, dans l'espoir de libérer le
territoire occupé. Après avoir réussi à vaincre la résistance azerbaidjanaise en
quelques jours, les forces karabaghtsies progressèrent jusqu'à la route
stratégique Martakert-Kelbadjar. Fin février, les forces du Karabagh réussirent
à rétablir le contrôle sur la route et sur le réservoir de Sardang ou se
trouvait la station électrique vitale.
Du 27 mars au 5 avril, des opérations destinées à supprimer les bases militaires
du district de Kelbadjar, qui représentaient une menace sérieuse pour la
frontière occidentale de la RHK, furent lancées. Le 3 avril, les points de tir
de Kelbadjar furent neutralisés. Après avoir pris la route reliant Kelbadjar à
Kirovabad, les forces du Karabagh avancèrent jusqu'à la Passe d'Omar. Pendant la
seconde moitié d'avril, la situation fut relativement calme sur le front.
Vers la fin du printemps, la situation changea brutalement. Les forces armées
azerbaidjanaises reprirent les opérations militaires le long de la ligne de
front, se concentrant dans la région orientale de Martouni. Toutes les
tentatives azéries de percée à travers la défense des troupes karabaghtsies
échouèrent.
Au début de l'été, le Commandement de l'Armée de défense du Karabagh mit au
point un plan pour la libération de Martakert qui supposait d'entreprendre
simultanément plusieurs offensives dans différentes directions. Les combats
atteignirent leur apogée le 27 juin quand les actions coordonnées et décisives
de l'armée permirent de libérer Martakert après plus d'un an d'occupation.
Le 4 juillet, l'armée azerbaïdjanaise lança une offensive à grande échelle dans
les régions d'Askéran, de Hadrout et de Martakert avec le soutien des forces
aériennes et de blindés. Dans toutes les régions les troupes azéries furent
rejetées. Le village de Shelly, qui servait aux Azéris pour mener des tirs
d'artillerie sur Askéran et Stépanakert, tombèrent finalement sous le contrôle
des forces du Karabagh. Néanmoins, la capitale de la RHK continua à être bloquée
depuis Aghdam, où se trouvaient de nombreuses armes de longue portée et de
lanceurs de « Grad ». Afin de garantir la sécurité de Stépanakert, les forces
armées d'Artsakh partirent liquider la base militaire d'Aghdam. le 23 juillet,
les forces du Karabagh forcèrent la résistance de l'ennemi et entrèrent dans
Aghdam, supprimant ainsi la menace de bombardement régulier de Stépanakert et la
menace de nouvelles offensives sur Askéran et les districts contigus.
Avec la perte de leur grande base militaire, les dirigeants azerbaïdjanais se
virent acculés à proposer un cessez-le-feu. Le 25 juillet, pour la première fois
depuis le début du conflit un accord fut trouvé sur un cessez-le-feu de trois
jours.
Toutefois, début août la situation changea rapidement. Les attaques soutenues
des positions des troupes arméniennes par les forces azerbaidjanaises reprirent
et furent concentrées à partir de Djebraïl. Grâce aux actions avisées des forces
d'autodéfense, plusieurs bases militaires ennemies furent détruites. Le 16 août,
une offensive fut lancée à partir de la ville azerbaïdjanaise de Fizouli en
direction des frontières sud du district de Martouni et est du district de
Hadrout. Les unités militaires de l'Armée de défense de la RHK défendirent leurs
positions et libérèrent plusieurs villages occupés du sud du district de
Hadrout.
Dans la seconde moitié du mois d'août de violents combats eurent lieu le long de
la ligne Fizouli-Djebraïl-Koubatli. Le 22 août, les troupes azéries furent
forcées de quitter la ville et le district de Fizouli. En deux jours les troupes
Karabaghtsies pénétrèrent dans le centre administratif de Djebraïl et prirent le
contrôle du territoire.
Le 26 août, le district de Hadrout de la RHK fut entièrement libéré. Le 29 août,
la partie azérie fit une tentative de percée sur les positions défensives du
Karabagh dans les régions sud du corridor humanitaire de Latchine, mais l'armée
de la RHK se lança dans une contre-offensive et, le 31 août, pénétra dans le
district de Koubatly. Le même jour, un accord de cessez-le-feu de 10 jours fut
signé entre l'Azerbaïdjan et la RHK. Une rencontre entre les dirigeants
d'Azerbaïdjan et du Haut-Karabagh fut fixée au 10 septembre.
Toutefois, l'accord ne transformait pas de façon effective la résolution du
conflit militaire en conflit politique. Un calme relatif régna sur le front
pendant un mois et demi. Dans la nuit du 10 octobre, l'Azerbaïdjan reprit les
opérations militaires dans la région du front de Hadrout. Le 21 octobre, des
unités de l'armée azerbaïdjanaise lancèrent une attaque en direction de Hadrout
et Djebraïl, prenant plusieurs collines stratégiques et menaçant une fois de
plus la population de la région de Hadrout. Le 24 octobre, l'armée de la RHK
contre-attaque, neutralisant plusieurs points de tir de l'ennemi, y compris la
base militaire de Horadis. Après avoir pris cette base militaire, les forces
Karabaghtsies réussirent à isoler le district de Zanguélan et une partie des
districts de Djebraïl et Koubatly du reste de l'Azerbaïdjan.
Le matin du 1er novembre, les combattants de l'Armée d'autodéfense prirent le
centre administratif de Zanguélan. A partir du 10 décembre, l'armée
azerbaïdjanaise lança trois offensives sur le secteur sud-est du front, mais à
chaque fois l'armée du Karabagh réussit à maintenir ses positions. Le 15
décembre, les bases militaires du district azerbaïdjanais d'Agdjabedy lancèrent
un bombardement massif à l'artillerie sur la ville de Martouni. Le 19 décembre,
avec le soutien des chars et des forces aériennes, les troupes azerbaïdjanaises
attaquèrent les positions de l'armée Karabaghtsie dans l'est du district de
Martouni. Les forces armées de la RHK réussirent à arrêter l'offensive et dans
la soirée du 20 décembre, ils réussirent à repousser l'ennemi derrière ses
positions initiales. Le 22 décembre, les positions occupées par les troupes
Karabaghtsies essuyèrent des tirs d'artillerie. L'ennemi tenta sans succès de
rompre la ligne défensive des forces Karabaghtsie le long de la ligne de front,
longue de près de 30 kilomètres. A la fin de 1993, le territoire s'étendant de
la liaison ferroviaire de Horadis à la frontière étatique de l'Arménie était
sous contrôle Karabaghtsie.
Réalisant que la mobilisation de leurs troupes était insuffisante, les
dirigeants de l'Azerbaïdjan se mirent à employer des mercenaires, parmi lesquels
1 500 moudjahidin d'Afghanistan. Des papiers personnels, des cartes militaires,
des lettres et des photos, ainsi que devises nationales confirment la
participation de mercenaires à la guerre.
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L'Azerbaïdjan essaya une fois de plus de prendre le contrôle de la situation en
intensifiant ses attaques sur l'ensemble de la ligne de front. Des combats
intenses furent lancés depuis la passe d'Omar vers le fleuve Araxe. En dépit de
lourdes pertes l'ennemi ne recula pas. Début février, les troupes de la RHK
commencèrent à liquider les bases de l'ennemi autour de la Passe d'Omar. Le 18
février, le secteur nord, y compris la Passe d'Omar, tomba entièrement sous
contrôle des forces Karabaghtsies, qui en vinrent ainsi à contrôler tout le
district de Kelbadjar.
Fin février et début mars, les combats se développèrent le long de la frontière
sud-est du front.
Le 10 avril, suite aux contre-offensives sur le front nord-est, les forces
armées de la RHK prirent plusieurs collines stratégiques dans la région de
Gulistan-Talich. A la mi-avril, l'Armée de Défense de la RHK libéra les villages
arméniens de Talich, Chily, Madagis et Levonarkh. Les troupes du Karabagh
réussirent également une avancée vers le sud et parvinrent à prendre le contrôle
de la route principale entre Aghdam et Barda.
Ces défaites militaires décisives obligèrent l'Azerbaïdjan à accepter la
proposition d'armistice de la Fédération de Russie. Le 5 mai à Bichkek, capitale
de la Kirghizie, avec la médiation de la Russie, de la Kirghizie et de
l'Assemblée interparlementaire de la CEI, l'Azerbaïdjan, le Haut-Karabagh et
l'Arménie signèrent le Protocole de Bichkek et un cessez-le-feu fut conclu. Le
16 mai, le ministre de la Défense d'Arménie, Serge Sargsian, le ministre de la
Défense d'Azerbaïdjan, Mamedraffi Mamedov et le Commandant de l'Armée de défense
de la RHK, Samvel Babayan se réunirent à Moscou et signèrent un accord de
cessez-le-feu qui devait prendre effet le 17 mai 1994. Les documents signés
appelaient au désengagement des troupes Karabaghtsies et azerbaïdjanaises,
l'établissement d'une zone tampon entre les frontières et le déploiement de
forces de maintien de la paix. Les ministres de la Défense de la Fédération de
Russie et de l'Arménie, Pavel Gratchev et Serge Sargsian, et le Commandant de
l'Armée de défense de la RHK signèrent le document. Bien que l'Azerbaïdjan n'eût
pas signé la version finale de l'accord de Moscou (le ministre de la Défense
azerbaïdjanais, Mamedraffi Mamedov, avait été rappelé d'urgence à Bakou) un
cessez-le-feu durable fut conclu dans le conflit du Haut-Karabagh.
Les autorités du Haut-Karabagh sont conscientes que lorsque la
confrontation entre deux parties armées se poursuit même dans des conditions
d'armistice, l'armée est la seule garantie fiable de la protection de la
population et de l'État. C'est pourquoi aujourd'hui, des réformes fondamentales
du personnel, destinées à améliorer la préparation au combat sont en cours de
réalisation sous la direction du ministre de la Défense de la RHK, le lieutenant
général Seyran Ohanian. La base matérielle et technique de l'armée est en cours
d'amélioration et des formations du personnel ont été mises en place.
Aujourd'hui comme hier, l'Armée de Défense de la RHK est prête et volontaire
pour riposter à toute nouvelle agression de l'Azerbaïdjan.