Découverte
Le Haut-Karabakh (de son nom historique « Artsakh ») occupe les régions montagneuses de l'est et du sud-est du Caucase mineur et forme la partie nord-est des montagnes d'Arménie.
Selon les époques historiques, le Haut-Karabakh a été désigné sous différentes appellations : Outik, Orkhistène, Artsakh, Tsavdek, Khatchen et Karabakh.
Plusieurs auteurs anciens grecs, romains et arméniens s’accordent à dire que ses frontières constituaient également la limite nord-est de l'élément ethnique arménien. D'après une légende relative aux origines des Arméniens, Arran, le patriarche de la lignée d’Artsakh, descendait de Haïk, l'ancêtre des Arméniens.
Au début du IVe siècle, le christianisme, devenu religion d’État en Arménie, se répandit en Artsakh où Mesrop Mashtots, le créateur de l’alphabet arménien, fonda la première école arménienne dans le monastère d’Amaras.
A partir du VIIe siècle, se formèrent en Artsakh de puissantes principautés qui durant tout le Moyen Age jouèrent un rôle politique et culturel prépondérant dans toute l’Arménie de l’Est.
Pendant des siècles, ces princes ou méliks d'Artsakh organisèrent et menèrent une lutte continue des Arméniens contre les envahisseurs perse, arabe, mongol et turc. Artsakh fut ainsi la seule région de l’Arménie à avoir préservé, du Haut Moyen Age jusqu’à la période moderne, sans discontinuité, un pouvoir autochtone héréditaire et une certaine souveraineté.
A la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècles, l'empire russe commença à jouer un rôle actif dans la région. A la suite de la guerre russo-perse de 1804-1813, la Perse dont l’empire s’étendait jusqu’aux frontières nord de l’Arménie actuelle et de l’Azerbaïdjan, abandonna pour toujours la plus grande partie du Caucase à la Russie, y compris l’Artsakh. Le traité signé le 12 octobre 1813 dans la forteresse de Gulistan en Artsakh entre la Russie et la Perse constitue ainsi la base de la présence russe en Transcaucasie.
Après la chute de l'Empire Russe et le retrait des troupes tsaristes de la Transcaucasie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie proclamèrent leur indépendance en 1918.
En 1920, la victorieuse armée Rouge entrait en Transcaucasie. La Géorgie, l’Azerbaïdjan et pour finir l’Arménie, furent soviétisés tour à tour. Le 5 juillet 1921, malgré les vives contestations des Arméniens, le Bureau caucasien du Parti communiste soviétique décida d’inclure la province du Haut-Karabakh dans le territoire administratif de l’Azerbaïdjan. Ainsi, le Haut-Karabakh, peuplé à 94 % d’Arméniens, se trouva sous autorité azerbaidjanaises, moyennant « une large autonomie régionale ».
De 1923 à 1988, les Arméniens du Haut-Karabakh n’allaient cesser de réclamer leur rattachement à la République Soviétique d’Arménie.
La revendication s’amplifia en 1985 avec l’avènement de l’ère Gorbatchev et la perestroïka.
A la fin de l'année 1987 des dizaines de milliers de personnes investirent les rues du Haut-Karabakh et signèrent une pétition exigeant la réunification du Haut-Karabakh avec l'Arménie.
En réponse, des pogroms de masse et assassinats d'Arméniens furent perpétrés en février 1988 à Soumgaït, près de Bakou.
Alors que le mouvement du Karabakh s’intensifiait et se structurait, de nouveaux pogromes anti-arméniens eurent lieu à Kirovabad et Bakou en janvier 1990.
L’année suivante l’Azerbaïdjan déclencha la guerre alors qu’en été 1991 allaient se succéder les proclamations d’indépendance de l’Azerbaïdjan, du Haut-Karabakh puis de l’Arménie.
En décembre de la même année l’URSS disparaissait définitivement.





