Prcessus de paix
Rôle des puissances régionales
Dès le début du conflit et après la chute de l’URSS, les trois puissances régionales, la Russie, la Turquie et l’Iran, ont proposé leur médiation pour apaiser les tensions et empêcher l’escalade de la guerre.
Chacune de ces puissances était en effet très attentive aux événements qui se déroulaient au Caucase du Sud pour de multiples raisons dont :
- les risques potentiels d’une déstabilisation régionale pour leurs propres sociétés multiethniques et multicon- fessionnelles et souvent sujettes à tensions ;
- le débordement du conflit sur leurs territoires respectifs ;
- le flux des réfugiés arméniens et azéris qui pouvait constituer une source de préoccupations politiques, économiques et humanitaires ;
- le souci d’endiguer l’influence des puissances régionales rivales au Caucase du Sud ;
- les intérêts économiques et commerciaux liés notamment à l’exploitation et à l’acheminement des hydrocarbures de la Caspienne.
Malgré la relative impartialité iranienne dans la médiation du conflit, les efforts déployés par Téhéran n’ont pas abouti à des résultats tangibles.
Quant à la médiation turque, la légitime méfiance des Arméniens envers la Turquie n’a pu qu’être renforcée par le soutien non dissimulé de celle-ci à l’Azerbaïdjan, faisant ainsi douter de son impartialité.
C’est incontestablement le rôle de la Russie qui a été déterminant dans l’arrêt des hostilités et le processus des négociations engagées par la suite.
Sa participation active et son influence politique, économique et militaire majeure au Caucase du Sud ont permis d’obtenir la signature, le 5 mai 1994 à Bichkek en Kirghizstan, d’un cessez-le-feu, toujours en vigueur à ce jour.
Rôle des organisations internationales
La dissolution de l’URSS en décembre 1991 a permis aux Nations Unies (ONU) et à l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) d’entreprendre des initiatives dans le conflit.
L’ONU
Celle-ci a adopté 4 résolutions concernant le conflit du Karabakh :
-résolution 822 (30 avril 1993) ;
-résolution 853 (29 juin 1993) ;
-résolution 874 (14 octobre 1993) ;
-résolution 884 (12 novembre 1993).
Ces résolutions adoptées par le Conseil de Sécurité visaient notamment à faire cesser les actes d’hostilité dans la région.
Deux de ces résolutions condamnaient la violation du cessez-le-feu et l’occupation des régions azerbaidjanaises situées en dehors du Haut-Karabakh. En revanche, aucune de ces résolutions n’a précisé à quelle entité (étatique ou pas) étaient adressées ces condamnations.
L’OSCE
Dénommée à l’époque CSCE (Conférence pour la Sécurité et la Coopération en Europe), l’OSCE est intervenue dans le conflit du Karabakh dès janvier 1992, suite à l’adhésion des Républiques d’Arménie et d’Azerbaïdjan à cet organisme.
Quelques mois plus tard, la réunion d’Helsinki arrêtait le principe d’une conférence internationale sous l’auspice de la CSCE laquelle devait constituer « un cadre permanent pour les négociations en vue d’un règlement pacifique de la crise ».
La conférence de paix qui devait se tenir à Minsk en Biélorussie, ne réunirait que onze des États membres de l’OSCE :
- l’Arménie et l’Azerbaïdjan (pays directement concernés) ;
- la Russie et la Turquie (pays limitrophes de la région) ;
- la Tchécoslovaquie, l’Allemagne, la Suède (le président en exercice de l'époque de la CSCE, le précédent et le suivant) ;
- la Biélorussie (État accueillant la réunion) ;
- la France, l’Italie et les États-Unis (pays traditionnellement intéressés pas le Caucase du Sud).
Il fut convenu en outre que « des représentants élus ou autres du Haut-Karabakh seraient invités en tant que partie intéressée par le président de la Conférence, après consultation des États participants à celle-ci ». La formule « représentants élus » visait les Arméniens du Haut-Karabakh.
Pour harmoniser les efforts de médiations existants en « une action coordonnée unique dans le cadre de l’OSCE » le sommet de Budapest de 1995 décide que la direction de la conférence de Minsk sera désormais confiée à deux co-présidents dont l’un, la Russie, siègera en permanence.
En février 1997 s’instaure une triple co-présidence du Groupe de Minsk incluant la Russie, les États-Unis et la France.
Depuis, la co-présidence du Groupe de Minsk a constamment proposé aux parties du conflit des approches de compromis tendant à résoudre les principaux problèmes qui font obstacle au règlement du différend.
En juin 2006, dans une déclaration faite devant le Conseil permanent de l’OSCE, les médiateurs du conflit rendaient publics certains détails des pourparlers.
Les problèmes litigieux (quoi régler ?) et leur méthode de solution (comment régler ?) ont été partiellement révélés dans cette déclaration. On apprenait notamment que la question du retrait des forces armées arméniennes des régions limitrophes de la RHK et la démilitarisation de ces territoires seraient l’objet de négociations entre les parties arménienne et azerbaïdjanaise, les régions de Latchine et de Kelbadjar ayant une approche spéciale.
En contrepartie, un référendum serait organisé pour définir le statut politique du Haut-Karabakh.
D’autre part, des forces internationales seraient déployées dans la zone du conflit.
Des fonds seraient débloqués pour le déminage, la reconstruction et le retour des réfugiés et des personnes déplacées dans leurs foyers abandonnés.
Enfin, les parties en conflit s’engageraient à renoncer à l’usage des menaces ou à l’emploi de la force.
Depuis l’été 2008, après un relatif gel diplomatique, les négociations en vue d’un règlement du conflit du Haut-Karabakh se sont intensifiées notamment sous l’impulsion de la Russie.
Des rencontres tripartites réunissant, sous l’égide de Moscou, les ministres des Affaires étrangères puis les Présidents russes, arméniens et azerbaïdjanais, se sont succédées au cours de cet automne.
La déclaration commune faite le 2 novembre dernier à l’issu de la rencontre des Présidents russe arménien et azerbaidjanais sur les principes d’un possible compromis, marque un nouveau tournant dans le processus de paix. Cette déclaration comporte les prémices d’un accord définitif sur la résolution du conflit qui semble désormais imminente.
Après la crise géorgienne survenue en août dernier et ses conséquences sur la donne politique au Caucase du Sud, les parties en conflit comme les puissances régionales, semblent avoir pris conscience de l’importance d’un règlement définitif du conflit du Karabakh.
La paix et la stabilité sont des conditions sine qua non pour un développement économique durable, la levée des blocus et la coopération régionale au Caucase du Sud. Et le chemin vers la paix et la stabilité passe nécessairement par la résolution définitive des conflits régionaux.





