Héritage culturel
Partie intégrante de l'Arménie historique, par son héritage culturel extrêmement riche, l'Artsakh se place au cœur de la civilisation arménienne.
Depuis la formation du premier État arménien au 1er millénaire avant notre ère jusqu'à la fin du XIXe siècle, l'Artsakh fut l'un des foyers les plus importants de l'art et de la culture arméniens dans toutes leurs manifestations.
Au début du IVe siècle après J.-C., le christianisme, devenu religion d'État de l'Arménie, se répandit en Artsakh. La création de l'alphabet arménien en 401 eut pour conséquence un développement sans précédent de la culture en Arménie et notamment en Artsakh où Mesrop Machtots fonda la première école arménienne dans le monastère d'Amaras.
Ayant réussi à conserver une certaine souveraineté au cours de tout le Moyen âge, mouvementé et sombre pour le reste de l'Arménie, les prospères maisons princières d'Artsakh se firent les mécènes d'une culture qui vit naître de véritables chefs-d'œuvre d'architecture religieuse et civile, d'art du livre, d'iconographie, d'arts décoratifs et appliqués, d'art populaire ainsi que de riches artisanats dont le Karabakh est célèbre encore aujourd'hui.
La conquête du Caucase par l'empire russe à la fin du XVIIIe siècle marqua le début d'une ère nouvelle pour la culture arménienne.
Au XIXe siècle la ville de Chouchi devint l'un des plus importants centres de l'intelligentsia arménien du Caucase et contribua considérablement au rayonnement de la langue et de la culture arméniennes dans toute la région.
La troisième ville du Caucase par son importance, après Tiflis et Bakou, cette petite ville prospère, au charme typiquement caucasien, était dotée, jusqu'aux années 1920, d'une activité commerciale et culturelle intense.
La ville était célèbre par son riche artisanat traditionnel, hérité du Moyen âge, en particulier ses manufactures de soie et son industrie du tapis dont la production s'exportait aux quatre coins de l'empire russe.
Dans les années 1890, les puissants milieux cléricaux et les marchands aisés de la ville fondèrent et parrainèrent plus d'une dizaine d'établissements scolaires, dont un important collège de filles.
En l'espace de quelques années la ville vit naître une véritable industrie d'impression avec quatre imprimeries, où furent publiés des volumes entiers de l'historiographie arménienne, des œuvres littéraires de jeunes écrivains arméniens jusqu'alors inconnus du public, et d'auteurs étrangers, en langue arménienne, ou encore des manuels scolaires et des périodiques diffusés dans toute la région.
Cercles littéraires, orchestres de musique de chambres, troupes de théâtre ponctuaient la vie culturelle et artistique de Chouchi d'événements culturels divers réunissant souvent des artistes et écrivains de renom.
En juillet 1891 la ville se dota de son propre théâtre où des dramaturges, metteurs en scène et acteurs arméniens, devenus des classiques depuis, connurent leur heure de gloire.





