SEMESTRIEL OFFICIEL DE LA REPRÉSENTATION DE LA RHK EN FRANCE

JANVIER 2007 / N° 37

 

 

ARTICLES


 

 L'Artsakh ne renoncera pas à sa liberté
Allocution télévisée du Président de la République du Haut-Karabagh


La veille du Nouvel An, le président de la République du Haut-Karabagh, Arkadi Ghoukassian, s’est adressé à la population du pays lors d’une allocution télévisée pour lui présenter ses vœux à l’occasion des fêtes et dresser le bilan de l’année écoulée qui a été marquée par plusieurs événements importants pour l’Artsakh.

Au mois de septembre 2006, la République du Haut-Karabagh fêtait le 15e anniversaire de son Indépendance tandis qu’en décembre dernier s’est déroulé le référendum national sur la Constitution à l’occasion duquel le peuple de l’Artsakh a dit un « Oui » massif à son adoption. Cette Constitution qui, selon l’avis des experts indépendants, est l’une des plus démocratiques dans tout l’espace postsoviétique, a non seulement consolidé les acquis du peuple de l’Artsakh durant les années de l’Indépendance, mais elle a également jeté les bases juridiques pour le développement futur de la jeune République du Haut-Karabagh, indépendante et attachée aux valeurs démocratiques européennes.

L’année 2006 a vu l’évolution du potentiel du Karabagh dont la progression économique est désormais plus sûre, plus stable. Le développement a été poursuivi en créant de nouveaux emplois, en améliorant les conditions de vie de la population et en promouvant l’héritage culturel et spirituel du Karabagh. Par ailleurs, les relations de l’Artsakh avec l’Arménie et la Diaspora se sont enrichies de nouvelles dimensions garantissant ainsi le  futur essor du pays. Les résultats des Phonéthons et Téléthons organisés en France et aux États-Unis ont montré que la Diaspora aspire à l’existence de l’Artsakh démocratique et prospère. Le gage de la sécurité nationale, l’armée de Défense du Haut-Karabagh a également gagné en puissance en 2006 faisant preuve d’une haute combativité. « Ces acquis nous réjouissent beaucoup et témoignent de la justesse du chemin que nous avons choisi » a dit le Président de la République.

Le chef de l’État a assuré qu’en 2007 cette ligne de conduite se poursuivra. Les prochaines élections présidentielles et celles des collectivités locales vont être une nouvelle preuve de maturité pour l’état du Karabagh. « Nous devons réaffirmer devant la communauté internationale notre capacité d’organiser des élections démocratiques et prouver que le processus d’enracinement des valeurs démocratiques dans notre société et la reconnaissance internationale de notre République sont désormais incontournables ». Arkadi Ghoukassian a exprimé son regret qu’en 2006, le Haut-Karabagh ne soit toujours pas impliqué dans le processus des négociations en vue du règlement du conflit. « Néanmoins, je vous assure que ni le gouvernement actuel de la République, ni celui qui le remplacera ne renonceront jamais à la liberté de l’Artsakh et à son indépendance acquises au prix de pertes considérables pour le  peuple du Karabagh » a déclaré le chef de l’État. 
M. Ghoukassian a terminé son discours en renouvelant ses vœux pour Noël et le Nouvel An à la population du Karabagh. 

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            Diplomatie: 2007 : Toutes les portes ne sont pas encore fermées

Une année d'espoir et de déception : L’année 2006 fut la période « des hauts et des bas ». C’est avec ces mots qu’a été qualifié le processus de négociations durant l’année écoulée par la coprésidence du Groupe de Minsk de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). Rappelons que l’OSCE, chargée de médiation dans le conflit du Karabagh, avait exprimé un grand optimisme à la veille de l’année dernière, prévoyant une avancée majeure dans le règlement du différend.
En effet, l’espoir lié à la rencontre des présidents arménien et azerbaidjanais au sommet de Rambouillet (France) en février 2006 a cédé la place à une profonde déception devant le constat qu’aucun accord n’avait été réalisé et les discussions n’avaient pas amené de progrès. Le deuxième face-à-face des deux chefs d’État au mois de juin dernier à Bucarest (Roumanie) a renforcé l’incertitude de voir le conflit réglé en 2006. Par ailleurs, la pause annoncée après cette entrevue dans le processus de négociations a définitivement mis fin aux pronostics optimistes. C’est seulement après la troisième et dernière rencontre en 2006 de Robert Kotcharian et de Ilham Aliev au mois de décembre à Minsk (Biélorussie) que les coprésidents du Groupe de Minsk ont commencé à dire que «toutes les portes des possibilités de règlement du conflit du Karabagh n’étaient pas encore fermées». 

Une année de révélations sans précédent : L’année 2006 a été surtout marquée par la publication de certains détails des pourparlers par les coprésidents américain, français et russe. Après l’échec de la rencontre de Bucarest les médiateurs ont fait une déclaration devant le Conseil permanent de l’OSCE. Les problèmes litigieux  (quoi régler?) et leur méthode de solution (comment régler?) ont été partiellement révélés dans cette déclaration. Ainsi, la question du retrait des forces armées arméniennes des cinq régions avoisinantes la République du Haut-Karabagh et la démilitarisation de ces territoires (Aghdam, Fizouli, Djebrail, Zanguélan, Koubatli) seraient l’objet de négociations entre les présidents arménien et azerbaidjanais. En revanche, le statut des régions de Latchine et de Kelbadjar serait examiné séparément, selon les coprésidents. En contrepartie, un référendum serait organisé pour définir le statut politique du Haut-Karabagh. La date du déroulement du suffrage reste à négocier entre les parties en conflit qui s’engagent à poursuivre les pourparlers. Avant l’organisation du référendum, un accord provisoire définirait la nature des relations du Haut-Karabagh avec les pays étrangers. D’autre part, des forces internationales seraient déployées dans la zone du conflit. Des fonds seraient débloqués pour le déminage, la reconstruction et le retour des réfugiés et des personnes déplacées dans leurs foyers abandonnés. Les parties en conflit s’engageraient à renoncer à l’usage des menaces ou au déploiement de la force.
Toutes ces questions ne seraient, pourtant, pas réglées simultanément. La solution serait donc par étape. D’après le projet des médiateurs, le retrait des forces arméniennes des régions mentionnées ci-dessus, la démilitarisation de ces territoires, le retour des réfugiés et des personnes déplacées dans cette zone précéderaient la tenue du référendum et, par conséquent, la définition du statut politique du Haut-Karabagh.
Enfin, les délais de règlement
(quand régler?) n’ont trouvé aucune place dans le document publié par le Groupe de Minsk et restent encore objets de négociations et de compromis.

Une année positive : Les médiateurs, la partie arménienne comme la partie azerbaidjanaise s’accordent sur une constatation: l’année 2006 a été dans son ensemble positive.
Bien qu’elle n’ait apporté aucune avancée majeure dans le processus de règlement du conflit du Karabagh, elle a, néanmoins, préparé un terrain favorable à la poursuite des pourparlers en 2007.

 

« Le processus de négociation sur le conflit du Karabagh peut être considéré comme positif en 2006. Le droit du peuple du Karabagh à son autodétermination reste l’axe de ce processus. Ce droit est désormais fixé dans le document concernant les principes de règlement du conflit... »   Vardan Oskanian (Ministre arménien des Affaires étrangères)

« Je peux dire que durant les deux années et demi du processus de Prague nous avons enregistré une forte avancée dans les négociations. Nous nous sommes mis d’accord sur plusieurs questions.  Dans son ensemble, j’estime positive l’année 2006.
Une seule question très importante nous reste à harmoniser… »  
Elmar Mammediarov (Ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères) 

 « Ce fut l’année des hauts et des bas. Comme un chameau avec ses deux bosses. Mais nous l’avons terminée sur les bosses et non pas entre elles. Ni la rencontre des présidents à Rambouillet ni celle à Bucarest n’a répondu à nos espoirs. Mais les mois suivants ont montré que nous avons pu sortir de la crise et achever cette année par une rencontre plutôt positive des présidents Aliev et Kotcharian en décembre à Minsk. Les deux chefs d’État ont alors donné feu vert à leurs ministres des Affaires étrangères pour poursuivre le dialogue en 2007 ».  Mathiew Bryza (Coprésident américain du GM de l’OSCE)

« Le conflit du Karabagh est notre problème. Nous ne devons pas en rejeter la responsabilité et en charger les autres. Nous devons être forts. Nous devons être un pays plus important que l’Arménie, et, d’ailleurs, nous le sommes déjà. Il faut qu’à l’aide de notre potentiel nous puissions dépasser le poids du lobby arménien car, dans ce conflit, en fin de compte, nous ne sommes pas opposés à l’Arménie. S’il n’était pas question de ce lobby, le problème aurait été réglé d’une manière très simple… »  Ilham Aliev (Président de la République d’Azerbaïdjan)

 



 


       
 Un "Oui" Massif en faveur de la Constitution de la République du Haut-Karabagh.

Le 10 décembre dernier a eu lieu le référendum sur l’adoption de la Constitution de la République du Haut-Karabagh. La date du scrutin choisie soigneusement par les autorités de l’Artsakh marquait le 15e anniversaire du référendum sur l’Indépendance du pays et symbolisait ainsi la primauté de l’enracinement des valeurs démocratiques au Haut-Karabagh.
D’après la Commission référendaire centrale, 78.389 personnes soit environ 87% des ayants droit au vote se sont déplacées pour approuver le projet constitutionnel. 77.279  d’entre eux (soit 98,58 % des participants) ont voté « pour » l’adoption de la Constitution, 549 ont se sont exprimé contre le projet.
Des dizaines d’observateurs internationaux venus d’Arménie, des États-Unis, d’Europe et de Russie ont suivi le déroulement du vote. Leurs réactions ont été positives. L’ensemble des observateurs s’est accordé à dire que le scrutin était « libre et transparent ».
Le président de la République d’Artsakh s’est félicité de l’adoption de la Constitution en notant que la Loi fondatrice qui, par son contenu, était une des plus démocratiques dans l’espace post-soviétique, allait être le vecteur du développement du Haut-Karabagh.
Les institutions européennes, en revanche, ont condamné l’organisation et le déroulement du référendum. Ainsi, l’Union européenne, l’OSCE et le Conseil de l’Europe ont déclaré de ne pas reconnaître les résultats du scrutin.
« Le statut définitif du Haut-Karabagh ne peut être exclusivement défini qu’a travers des négociations politiques » a expliqué Terry Davis, Secrétaire général du Conseil d l’Europe.  
Pour le représentant spécial de l’UE au Caucase du Sud, Peter Semneby, la réaction négative des institutions européennes est avant tout liée au contenu de la Constitution et non au processus de son adoption. « La communauté internationale apprécie le haut niveau de démocratisation du Haut-Karabagh. Cependant, les problèmes qui sont l’objet de négociations entre les parties en conflit sont « réglés » dans la Constitution. C’est la raison pour laquelle l’UE a eu cette réaction » a remarqué le diplomate.

Haut-Karabagh
10 December 2006
Referendum on the adoption of the NKR Constitution 

Rapport d’observation du déroulement du Référendum Constitutionnel du 10 décembre au Nagorno Karabagh 

Le référendum proposant aux habitants du NKR l’adoption de la constitution, votée par le parlement le 1er novembre 2006, est intervenu le 10 décembre 2006 dans les conditions suivantes :
Les observateurs ont eu les moyens logistiques d’observation, l’autonomie et la liberté de déplacement leur permettant l’exercice de leur mission qui était limitée à constater la régularité du scrutin.


Les observateurs ont pu constater :
a) Le libre accès aux lieux de vote, l’absence de pression sur l’électeur dans et autour du bureau de vote, l’information des votants par l’affichage des listes électorales, des spécimens de bulletin et la mise à disposition du projet de constitution ainsi que la loi électorale, la signalisation efficace des bureaux de vote à l’électeur, la présence continue des membres du bureau, la présence d’observateurs locaux.
b) Le respect des conditions entourant le vote, la vérification d’identité, l’isoloir, l’urne transparente et scellée.

En conclusion, le déroulement du vote est apparu régulier, libre et transparent.

Cela étant, les observateurs font les remarques suivantes :
L’observation du processus à Stépanakert, dans les grandes communes, les petits villages a fait apparaître des imperfections qui, si elles ne remettent pas en cause le résultat, seraient de nature à altérer la crédibilité d’un autre scrutin.
Ces observations concernent :

a) La présence d’hommes en uniformes dans le bureau de vote
b) Les isoloirs ouverts sans rideau
c) Les bulletins de vote non pliés au préalable permettant de voir avant le dépôt dans l’urne, ainsi que dans l’urne, le sens du vote
d) L’installation d’urnes à l’extérieur du bureau de vote
e) Les conseils de votes donnés par les membres du bureau de vote à certains électeurs, notamment aux personnes âgées
f) Des indications de remplissage des bulletins
 

 



 


         TÉMOIGNAGES

A l’occasion du référendum pour l’adoption de la Constitution de la République du Haut-Karabagh, les autorités de l’Artsakh avaient invité plusieurs observateurs indépendants.
« La Tribune du Karabagh » a recueilli le témoignage de deux d’entre eux.


Dimanche 10 décembre 2006. Dès huit heures, en ce jour de référendum constituant, avec Didier, expert en organisation et déroulement des élections, mon binôme, Araïc, notre chauffeur, et Christina, notre interprète, nous partons sur les routes accidentées et parfois glacées du Haut-Karabagh en Niva 4x4.

Notre mission d’observation nous conduit d’abord dans la ville de Chouchi, véritable petit Vukovar à moitié détruit par les bombardements azéris de la décennie précédente (…) À Karin Tak, la « ville sous les pierres » (en réalité sous une falaise), des hommes encore jeunes nous expliquent comment, en 1992, ils ont repoussé l’offensive de près de deux mille Azéris. Le Tableau des Martyrs montre à quel point cette bataille de douze heures a été meurtrière. Mais aujourd’hui, Karin Tak vote et c’est la fête au village. Puis ce sera Aygestan, Khachen, Vank. Au passage, nous visitons l’église du XIIIe siècle de Gandzassar, une église typiquement arménienne qui semble sortir de Calendar, le plus beau des films d’Atom Egoyan (…) L’accueil est partout chaleureux, dans des écoles dignes de La gloire de mon père ou de salles de spectacles ambiance Kusturica. Dans l’une d’elles, on se lave les mains à la vodka… Assurément, une première ! De bureau en bureau, nous constatons que le déroulement du scrutin est formellement satisfaisant (…)
À partir de vingt heures, dans le plus grand cinéma de Stépanakert, les premiers résultats tombent. Le Oui l’emporte largement, mais la participation reste modérée ce qui est un gage de sincérité. Sincérité : c’est le terme que j’emploie lorsque je suis interviewé par la radio nationale, tout en rappelant que nous n’avions pas à juger de l’opportunité du scrutin.
 

Lundi 11 décembre. Avec Didier, Alain, Myriam, Pierre, Marina, Luciano et Nina, nous persistons et signons en remettant aux autorités un rapport qui se limite aux objectifs de notre mission : l’observation formelle du scrutin (…)
C’est ainsi que nous avons constaté le libre accès aux lieux de vote, l’absence de pressions sur l’électeur, et le respect des conditions généralement exigées pour une consultation électorale. En clair, le déroulement des opérations nous est apparu régulier, libre et transparent, malgré quelques imperfections relevant plus souvent de la maladresse que de l’intention, et que nous avons soigneusement consignées (…)
A midi, le Président Arkady Ghoukassian proclame les résultats, il faut bien le dire sans surprise, du référendum constituant. L’adoption de cette constitution, qui en vaut bien d’autres, semble le satisfaire, même s’il ne cède pas à l’euphorie. En effet, il a bien intégré que cette adhésion massive du peuple du Haut-Karabagh à ce texte qu’il a proposé n’entraîne pas - loin s’en faut - la reconnaissance internationale de son pays. Celle-ci passe nécessairement par un accord général des principaux acteurs de la région et même au-delà.

Témoignage recueillie du blog personnel de Patrick Mottard

  

Je dois avouer que je fus très heureux et fier quand ma candidature pour participer au contrôle du vote en tant qu’observateur étranger, neutre, indépendant et bénévole fut acceptée par les Autorités du Haut-Karabagh. J’étais ému comme un jeune collégien qui reçoit sa convocation à son premier examen quand j’ai ouvert mon courrier qui contenait ma lettre d’invitation en anglais d’Oxford dans sa forme très officielle, avec l’aigle du sceau de la République et l’écriture en arménien de la représentation du Haut-Karabagh en France.  

Les bureaux de vote côté rue. La mission d’un observateur n’est pas de donner une opinion sur le contenu du vote, sur la validité de la constitution qui est proposée, ni sur son opportunité politique. Son rôle est de noter comment le scrutin s’est déroulé aussi bien par rapport au texte de la loi électorale du Haut-Karabagh que par rapport aux « standards » et pratiques européens.
C’est donc dans cet état d’esprit que notre petite équipe de trois observateurs s’est dirigée vers le sud sur la route d’Hadrout, tout près de la frontière avec l’Iran. En nous arrêtant dans les villages (bureaux de 2000 à 3000 électeurs inscrits), nous avons tous constaté la très grande motivation des habitants pour voter, une occasion de faire la fête en rencontrant tous les voisins du village. Les bureaux de vote étaient bien organisés autour du président du bureau, avec tous les outils pour permettre le vote. Bien entendu, nous avions quelques remarques à formuler, nous le fîmes à la Commission Électorale et je suis persuadé qu’il en sera tenu compte pour de futures élections, en particulier pour le cas où les résultats seront plus serrés.

Les bureaux de vote en coulisses. Les bureaux de vote sont aussi constitués de coulisses. Ceux-ci au Haut-Karabagh sont souvent situés dans la salle communale avec un petit théâtre, ou dans la bibliothèque du village. Et là, ce fut la séquence « émotion » de la mission. D’un côté, nous étions au milieu de livres écrits, possédés et offerts par une ancienne célébrité du village, ce qui fut l’occasion d’un double portrait entre l’ancien et le nouveau.
Dans un autre, comme dans beaucoup d’autres, nous nous sommes retrouvés autour d’une table, avec victuailles et verres de vodka pour entamer des discussions « café du commerce ». A chaque fois, on nous montrait les portraits des héros du village, morts au combat, avec un petit mot ou bien de la mère, de l’épouse ou de la sœur du mort.
Je n’ai pas connu la guerre, mais je pense que l’atmosphère devait être semblable dans nos villages français après la fin de la guerre 14-18.
En fin de journée, notre charmante petite guide locale et interprète, parlant un français impressionnant de perfection, nous dit que nous étions au village de sa vieille tante. On lui demanda donc de faire une halte impromptue à l’heure du souper pour embrasser la vieille tante de 90 ans et un jeune couple de cousins, fermiers, qui venait de se marier.

Conclusions. Pour conclure le déroulement du vote est apparu à tous les observateurs régulier, libre et transparent.
Il peut être difficile à un observateur français de conclure une telle mission tant le français est réputé pour son arrogance et son habitude à donner des leçons au monde entier. C’était même un peu paradoxal de confier le contrôle d’un référendum aux français qui avaient voté « non » il y a un an.
Toutefois, je fis cet exercice, non pas en me limitant à la journée du scrutin, mais en mettant en valeur la phase de préparation de l’élection sur un plan aussi bien technique comme l’ouverture des listes électorales que pour la communication, dans la campagne, par les médias ou par l’opposition. De même, la période après scrutin devait être étudiée, par exemple pour le dépouillement des votes ou les rapports des commissions de vote. C’est mon vœu pour le futur.

 Alain Fresnel



 


     Réunion des Associations françaises menant une activité en faveur de l'Artsakh

Depuis 2005, la Représentation du Haut-Karabagh a entamé un travail de recensement de toutes les associations françaises qui mènent une activité humanitaire en faveur du Karabagh. Actuellement, 18 associations franco-arméniennes sont engagées dans l’accompagnement de la population de l’Artsakh dans son processus de développement. Le secteur d’activité et la zone géographique d’intervention de ces organisations humanitaires sont largement répartis. Ainsi, si Aida pour l’Arménie, Claire Gulian Guervin, Fra-Dashnaktsoutioun, Terre et Culture et Union Médical Arménienne de France agissent principalement dans le domaine de la santé, Chène, France-Arménie-Artsakh, Croix Bleue, Diaspora-Arménie-Connexion, France-Karabagh et Union Générale Arménienne de Bienfaisance se sont engagés dans la reconstruction et dans le domaine de l’éducation.  Solidarité Protestante France-Arménie parraine le village de Khatchène et Femmes Courage solidarité continue avec succès son fameux « Projet de vaches ». Le Fonds Arménien « Hayastan » poursuit ses programmes de désenclavement du Haut-Karabagh et de développement régional. Afin de concerter leurs efforts et de  permettre à ces organisations de s’informer de leurs actions respectives la Représentation les réunit une fois par an autour d’une table ronde.
Le 26 octobre dernier à l’Hôtel Napoléon de Paris s’est tenu le 2
e forum des associations présentes en Artsakh. L’objectif de cette rencontre annuelle était de présenter le projet du gouvernement de l’Artsakh qui consiste à créer à Stépanakert une École Professionnelle avec pour objectif de former des élèves pour les métiers industriels et tertiaires. Le débat répondait ainsi à la demande des associations ayant évoqué lors de la réunion précédente le problème  de la pénurie de main d’œuvre qualifiée au Karabagh, particulièrement en ce qui concerne les domaines de la construction et de l’industrie. Plus de vingt métiers d’artisanat seront enseignés dans cette École récemment créée. Les futurs électriciens, plombiers, ébénistes, maçons, boulangers, coiffeurs, mécaniciens, couturiers, cordonniers et mineurs de l’Artsakh y seront formés.  Le ministre de l’Éducation, de la Culture et du Sport de la République du Haut-Karabagh, M. Kamo Atayan avait fait le déplacement à l’occasion de cette rencontre.

Le gouvernement de l’Artsakh envisage une coopération avec les associations franco-arméniennes, qui se définirait en deux parties : réaliser des investissements pour la construction et l’organisation du fonctionnement de l’École Professionnelle et mettre en place un réseau de partenariat entre cette école et les lycées techniques français afin d’améliorer la qualité de l’enseignement.
Une commission de travail restreinte a été mise en place dernièrement en France, composée d’experts, pour mieux définir les besoins de l’École Professionnelle en matière pédagogique et d’équipements.

Pour en savoir plus sur les activités des Associations franco-arméniennes présentes en Artsakh, rendez-vous sur le site officiel www.france-associations-karabagh.com

 

 

 

     DIASPORA-FRANCE-KARABAGH

Depuis son dernier numéro (juillet 2006) « La Tribune du Karabagh » a pris l’initiative de présenter les associations de France qui mène une activité humanitaire en faveur de l’Artsakh. Après l’exposé sur les programmes de DA-Connexion et SCRIBE-Paris voici un bref descriptif  des actions de la Croix Bleue des Arméniens de France (CBAF) et de l’Espoir pour l’Arménie.     

Espoir pour l'Arménie est né en avril 1989 dans les mois qui ont suivi le terrible tremblement de terre de décembre 1988 en Arménie. 

En Arménie, Espoir pour l'Arménie  emploie vingt personnes qui travaillent en permanence à l'activité sociale de l'association. Dans les villes d'Erevan, Gumri, Vanadzor, Stépanavan, Spitak, elles apportent une aide matérielle et spirituelle aux familles en difficulté, en recueillant des informations, distribuant l'aide et le courrier des personnes qui parrainent des enfants. Ne voulant pas oublier le Karabagh, Espoir pour l’Arménie a souhaité s’engager dans divers programmes sur place.Tout particulièrement sensible à la condition des enfants, l'association, depuis 2000, distribue chaque mois des colis alimentaires pour les enfants issus des familles défavorisées de Stépanakert dont la liste est communiquée par la mairie de la ville. 

En juillet 2004 à Stépanakert et en août 2006 à Chouchi, deux centres aérés de 2 fois 5 jours ont été organisés. Les enfants ont pu jouer, chanter, faire des travaux manuels et recevoir des cadeaux (chaussures et vêtements neufs, savons). Un petit déjeuner, un déjeuner et un goûter étaient servis chaque jour. Espoir pour l'Arménie a aussi à cœur les personnes âgées.  A Stépanakert, en juillet 2004 et en août 2006 un centre aéré pour personnes âgées a été organisé, ainsi que la distribution de colis alimentaires financés grâce à des donateurs de l'association. 

Toutes ces actions sont rendues possibles grâce au correspondant permanent d'Espoir en Arménie, le Pasteur René Léonian et à la collaboration sur place avec l'AMAA (Armenian Missionary Association of America), et à leur bureaux et équipes à Stépanakert et Chouchi. Ainsi chaque année, grâce à un container envoyé depuis la France, Espoir pour l'Arménie peut allouer pour le Karabagh une partie des marchandises (vêtements, chaussures pour adultes et enfants...). 

Enfin, Espoir pour l'Arménie propose dans le cadre des voyages touristiques et humanitaires qu'elle organise en Arménie (en juillet ou septembre), un séjour de quelques jours au Karabagh afin de permettre une découverte du pays, de son patrimoine et de ses trésors.

Pour en savoir plus sur nos activités : rendez-vous sur Internet : www.espoirpourlarmenie.org ou contact : serge@espoirpourlarmenie.org 

Claie-Annie Vahanian "Espoir pour l’Arménie"

 

La CBAF est une association humanitaire reconnue d’utilité publique, fondée en 1928 qui œuvre au sein de la société arménienne de France. Elle gère des écoles hebdomadaires et un centre de vacances. Depuis 1988, avec la guerre du Karabagh et le tremblement de terre en Arménie, la CBAF a porté une attention particulière envers nos compatriotes d’Arménie et du Karabagh. Forte de ses 18 sections sur tout le territoire français, l’organisation a intensifié son action au Karabagh en vue d’y améliorer la vie quotidienne.

Depuis le début de la guerre du Karabagh la CBAF a acheminé plusieurs avions de vivres et de vêtement pour la population et les soldats.  Immédiatement après le cessez-le-feu, notre association a fait parvenir par transport routier deux orchestres de musique classique et de jazz, ainsi qu’une dizaine d’ordinateurs aux collèges et des calculatrices scientifiques  distribuées dans les lycées techniques.

Outre les avions affrétés par la Croix Bleue, nous avons bénéficié de la générosité de Lady C. Cox pour acheminer dans ses avions de la marchandise et des médicaments de première urgence aux soldats du front. Durant cette même période nous avons organisé une campagne de layettes pour les bébés du Karabagh et nous les avons acheminées via l’Arménie.Une de nos actions phares a été la campagne de parrainage des orphelins de guerre. Aujourd’hui nous avons 105 orphelins qui sont parrainés par des bienfaiteurs de France. Depuis 1998 un réseau d’écoles maternelles « Sossé » fut lancé sur tout le territoire du Karabagh, en commençant par la plus importante école maternelle de Stépanakert jusque dans les villages éloignés où la seule structure scolaire est notre petite maternelle.Ces maternelles ont la spécificité d’accueillir des enfants jusqu’à l’âge de 6 ans, prodiguer la nourriture et l’éducation toute l’année, dans un cadre ludique et agréable pour la petite enfance.Aujourd’hui la douzième maternelle a été complètement rénovée et est mise à notre disposition dans le village de Khentzorestan. L’investissement de cette maternelle s’élève à 16.536 USD dont l’inauguration aura lieu au mois de mai 2007.Sur un autre registre la CBAF a œuvré sans relâche pour faire connaître la juste cause du Karabagh, et attirer l’attention de l’opinion internationale sur les atrocités commises par l’Azerbaïdjan pendant le conflit.Ainsi, en pleine guerre du Karabagh la CBAF a organisé une manifestation de femmes devant l’Aeroflot à Paris en guise de protestation contre les autorités russes.Toujours pendant la guerre, un sitt-in fut organisé sur le parvis de Notre-Dame, avec une motion de protestation remise au président de la République M. F. Mitterrand.La CBAF continue son action d’information auprès des grandes organisations internationales qui sont parfois envahies par la désinformation azérie.Avec la grande famille du HOM (Hay oknoutyan mioutyoun) et avec la section du HOM au Karabagh la Croix Bleue assure une permanence d’actions et de relations avec la population et les autorités pour rationaliser et positiver toute réalisation dans ce beau pays.

 Pour en savoir plus sur nos activités visitez notre site Internet : www.croixbleue-france.org

 Conseil d’Administration