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ARTICLES
Éditorial
Dans le cadre des perspectives de règlement du conflit du
Karabagh l’évènement le plus attendu et le plus médiatisé durant les cinq
dernières années a été, sans doute, le sommet de Rambouillet qui s’est déroulé
au mois de février 2006. L’optimisme affiché par toutes les parties intéressées
au conflit et, particulièrement, par la coprésidence du Groupe de Minsk de
l’OSCE quant à la probabilité du règlement définitif du problème, a suscité de
grands espoirs dans la population des pays concernés de voir, enfin, ce problème
réglé (voir
les deux numéros précédents de la « Tribune du Karabagh »).
Hélas, la déception a été à la hauteur des attentes jugées « trop » optimistes quand, après deux jours de négociation, la rencontre de Rambouillet n’a pas abouti à un accord quelconque.
Deux questions majeures se sont posées : les médiateurs, à savoir les coprésidents américains, français et russe, avaient-ils pu obtenir avant la rencontre de Rambouillet les compromis indispensables de la part des parties en conflit, qui justifieraient les pronostics optimistes annoncés? Comment expliquer l’absence d’accord entre les chefs d’État arménien et azerbaidjanais si ces compromis nécessaires à l’avancée des pourparlers avaient été préalablement obtenus ?
Très peu temps après le sommet parisien, les déclarations du président azéri Ilham Aliev concernant l’importante augmentation du budget militaire d’une part (selon le chef d’État azéri les dépenses militaires de son pays ont quadruplé durant les trois dernières années) et la méfiance exprimée vis-à-vis de la médiation des organisations internationales en vue de trouver un règlement au conflit du Karabagh d’autre part, ont témoigné clairement que le règlement du différend n’était pas à l’ordre du jour des autorités azerbaidjanaises.
En même temps, il est très peu envisageable que Bakou s’aventure à entreprendre une nouvelle guerre contre la République du Haut-Karabagh. Plusieurs éléments s’y opposent. Avant tout, l’état actuel de l’armée azerbaidjanaise (plusieurs cas de corruption de la part des soldats visant à échapper à tout prix à leur service dans l’armée azerbaidjanaises ont été révélés par les médias locaux) et les positions qu’elle occupe sur la ligne de front la mettent dans une posture plus que défavorable face aux forces armées du Haut-Karabagh. Ensuite, les puissantes compagnies pétrolières ayant réalisé d’importants investissements économiques pour exploiter les gisements d’Azerbaïdjan ont besoin de stabilité et de sécurité dans la région afin de pouvoir acheminer le pétrole vers les marchés mondiaux. Enfin, l’Histoire montre que les États ont très rarement affiché d’une manière aussi apparente leurs intentions belliqueuses si ces dernières étaient réelles.
Ainsi, cette attitude contradictoire des autorités azerbaidjanaises laisse penser qu’elles ne sont pas prêtes à avouer à leur propre peuple qu’elles sont devenues les otages de leur propagande anti-arménienne et que la République du Haut-Karabagh ne fera plus jamais partie de l’Azerbaïdjan. Il faut du courage politique pour le faire.
Face à cette situation, le Haut-Karabagh poursuit son développement socio-économique et son évolution démocratique. Pour la cinquième année consécutive l’économie de l’Artsakh enregistre une croissance du PIB à deux chiffres. En 2005, a commencé la mis en œuvre du projet national du Fonds Arménien « la Renaissance de l’Artsakh » qui vise à améliorer considérablement les conditions de vie de la population des régions du Karabagh en construisant les infrastructures indispensables pour le développement régional.
A la fin de l’année en cours, la première Constitution du Karabagh sera votée par référendum. Cet événement important viendra consolider la construction démocratique de l’Artsakh et favorisera, sans doute, la formation de l’État de droit du Haut-Karabagh.
Le premier sommet des
présidents arménien et azerbaidjanais depuis le début de l’année 2006 était
fortement attendu suite aux pronostics très optimistes prononcés par toutes les
parties intéressées au conflit. Cette réunion qui s’est tenue les 10 et 11
février derniers au château de Rambouillet prévoyait une avancée majeure dans le
règlement du conflit. La France accueillant les pourparlers, le président de la
République avait tenu à rappeler l’importance de l’accord de paix pour la région
et pour la stabilité dans le monde. Quelques jours avant le sommet, Jacques
Chirac avait estimé qu’il y avait «une chance de poser les bases d’un
règlement».
Les chefs d’État arménien et azerbaidjanais ont été
reçus par leur homologue français à l’Élysée le 10 février et ont poursuivi les
discussions bilatérales à Rambouillet en présence de leurs ministres des
Affaires étrangères et avec l’assistance des médiateurs du groupe de Minsk de l’OSCE.
Les entretiens de Rambouillet se sont portés sur des éléments clés tels la
définition du statut politique du Haut-Karabagh par un référendum, le retrait
des forces arméniennes de certains territoires avoisinants la République
d’Artsakh et le déploiement sur ces territoires des forces internationales
d’interposition. Aucun accord n’a été réalisé et les discussions à huis clos se
sont soldées par une absence totale de progrès.
« L’Azerbaïdjan a fait une marche arrière à Rambouillet », - a déclaré Vardan
Oskanian, ministre arménien des Affaires étrangères, le 16 mars dernier dans une
interview accordée à la télévision arménienne. «Aujourd’hui notre tâche
consiste à replacer le processus de négociations sur la position où il se
trouvait avant la rencontre des présidents», - a-t-il dit.
Le président Kotcharian, à son tour, a déclaré le 2 mars dernier que rien de
dramatique n’a eu lieu à Rambouillet. « L’accord n’a pas été réalisé sur un
point important des négociations, ce qui a naturellement mis en cause l’ensemble
des propositions. Il y avait trop d’attentes et de déclarations optimistes
s’agissant de ce sommet » a-t-il dit. D’après le chef d’État arménien, la
déception observée à la suite de cette rencontre était due à ces « expectatives
démesurées ».
L’absence de résultat des négociations de Rambouillet a sensiblement radicalisé les positions arméniennes et azerbaidjanaises sur la question du Karabagh. « Nous sommes prêts à assurer la sécurité des Arméniens sur le territoire du Karabagh, mais l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan ne peut être guère sujet de négociations », - a déclaré le président azerbaidjanais Ilham Aliev dans son entrevue à la chaîne NTV de la télévision turque. En termes à peine voilés le chef d’État azéri a évoqué le budget militaire de l’Azerbaïdjan qui excèderait, selon lui, de quatre fois celui de l’Arménie.
Le discours belliqueux de Bakou et les violations du cessez-le feu de la part des troupes azerbaidjanaises, devenues fréquentes après les négociations de Rambouillet, n’ont pas tardé à susciter la réaction de Erevan : «Si le pire scénario allait se produire, c’est à dire si l’Azerbaïdjan choisissait la solution de force ayant refusé de poursuivre le processus de négociations, l’Arménie serait la première à reconnaître de jure l’indépendance de la République du Haut-Karabagh», - a déclaré le président arménien en mars dernier. Ainsi, l’Arménie serait amenée à donner une formulation juridique à ses engagements vis-à-vis du Karabagh impliquant que toute agression à l’encontre de l’Artsakh serait considérée comme atteinte à sa propre sécurité.
Le ministre arménien des Affaires étrangères, Vardan
Oskanian, faisant part de ses préoccupations quant à la déstabilisation de la
situation aux frontières des deux pays a qualifié « d’intentionnelles » les
tentatives des forces armées azerbaidjanaises de déclencher des incidents
militaires sur ses frontières avec l’Arménie, et non sur celles avec le
Karabagh. « C’est un signal qui émane de Bakou, destiné à avertir la communauté
internationale qu’il s’agirait du conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan et
non pas entre les vraies parties concernées, c'est-à-dire l’Azerbaïdjan et le
Karabagh », - a commenté le chef de la diplomatie arménienne.
Ce même argument a été maintenu par les dirigeants de la République du
Haut-Karabagh dont la réaction à la situation créée à la suite du sommet
parisien était assez claire : « Aucune solution relative au règlement du conflit
n’est possible sans que le Haut-Karabagh soit impliqué dans les négociations.
Tous les protagonistes le savent y compris les dirigeants de l’Azerbaïdjan. Plus
tôt le Karabagh sera engagé dans les négociations, plus efficaces elles
seront », - a déclaré le président de la République Arkadi Ghoukassian. «La
question réside dans l’efficacité du processus et non dans la confiance que nous
avons vis-à-vis de l’Arménie. Le format de négociations comprenant la
participation du Karabagh les rendrait plus fructueuses et serait mieux
considéré par la communauté internationale», - a-t-il dit à Stépanakert en avril
dernier.
Le chef de la diplomatie arménienne a confirmé pour sa part qu’après la
réalisation de l’accord sur les principes de base du règlement du conflit, le
Karabagh devrait impérativement être impliqué dans les pourparlers. « Dans le
cas ou l’Azerbaïdjan continuerait à maintenir le Karabagh à l’écart de la table
des négociations, l’Arménie s’exempterait de toute responsabilité pour la suite
du processus du règlement », - a-t-il dit dans son discours tenu le 28 avril
dernier devant les étudiants et le corps enseignant de l’Université de
Stépanakert.
Quatre mois
après l’échec du sommet de Rambouillet, les présidents Robert Kotcharian et
Ilham Aliev ont eu un autre tête-à-tête le 4 juin à Bucarest, en marge du sommet
des pays de la zone de coopération économique de la Mer Noire. Les ministres des
Affaires étrangères des deux pays ont eu, à leur tour, une rencontre à Paris le
13 juin dernier. Les nouvelles réunions n’ont abouti à aucun accord important et
la teneur des discussions a été, en générale, gardée secrète.
Les coprésidents du Groupe de Minsk, chargé de trouver une solution acceptable
par les parties, continuent à effectuer des visites régulières dans la région.
Cependant, après la tournée effectuée le mois dernier à Bakou et à Erevan, les
diplomates américain, français et russe se sont montrés plutôt réservés quant
aux perspectives de paix en 2006.
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Motivation. C’est le mot qui viendrait à l’esprit de tous ceux
qui ont eu l’occasion d’observer de près l’armée du Karabagh. Le 22 mai dernier,
nous avons pu le vérifier, nous aussi, durant notre visite à Stépanakert qui
avait été exceptionnellement et très aimablement organisée par la Représentation
de la République du Karabagh à Paris, un parcours visant à nous donner un aperçu
des dispositifs de défense de l’État « montagneux » indépendant. Un sujet qui
nous intéressait fort en ces heures où Bakou multiplie les déclarations
belliqueuses et où les observateurs notent une recrudescence des incidents
opposant sur le terrain, forces arméniennes et azéries. Rencontres avec les
ministres de la Défense et des Affaires étrangères, le Général Seyran Ohanian
et Guéorgi Pétrossian, discussions avec des officiers, des sous-officiers et des
soldats, visites des premières lignes et d’installations militaires de
différentes forces (infanterie motorisée, blindés, artillerie, défense
anti-aérienne (DCA), forces spéciales, génie et infirmerie) ont émaillé ce
passionnant périple de quatre jours au cours duquel nous avons été frappés par
le degré de professionnalisme atteint par les forces armées chargées de la
défense du territoire de la République. L’armée du Karabagh de 2006 n’a en
effet, plus grand chose à voir avec le rassemblement hétéroclite de milices de
volontaires qui défendit, il y a maintenant plus de dix ans, Stépanakert.
« Depuis la signature du cessez-le-feu en mai 1994, nous avons énormément
progressé, nous a expliqué le Général S. Ohanyan. L’armée s’est d’abord
organisée et rénovée. Elle est
maintenant engagée dans un processus de professionnalisation et de modernisation
dans certains secteurs-clés comme ceux des communications, par exemple ». Pas
question pour autant pour les militaires d’oublier la principale leçon de la
guerre : la plupart des officiers ayant reçu leur baptême du feu aux heures les
plus sombres, tous savent que de l’état de préparation de leurs troupes et de
leur capacité de dissuasion dépend le maintien du cessez-le-feu. Aussi,
lorsqu’ils n’appartiennent pas à des divisions en état d’alerte – c’est le cas
de l’infanterie sur les premières lignes ou encore, des troupes chargées de la
surveillance de l’espace aérien – conscrits et militaires « contractuels »
sont-ils soumis à un entraînement quotidien et rigoureux. Dans toutes les
casernes où nous nous sommes rendus (et leur nombre a du dépasser la douzaine),
ce ne sont ainsi qu’exercices de marche et de gymnastique,
formation au
tir et au chargement des pièces d’artillerie ou encore, apprentissage de la
conduite de tanks et du fonctionnement d’instruments radars et de
communications. Si la nature du
matériel qui nous a été donné de voir n’a pas en soit constitué une surprise (il
semble que seul du matériel russe connu pour avoir servi durant la guerre ou
pour avoir été saisi sur l’ennemi nous ait été montré), il ne fait aucun doute
qu’il est maintenu opérationnel et pourrait être rapidement déployé sur le
terrain constituant ainsi une puissance de feu redoutable en cas d’offensive
azérie. Quant à la combativité du soldat arménien, elle se passe de
commentaire : le spectacle d’un exercice de neutralisation de sentinelle par les
« hadouk nechanagoutian zorkére » (forces à destination spéciales) ou celui de
la mise en état d’alerte d’une des divisions des forces anti-aériennes suffiront
à convaincre les plus sceptiques que les Arméniens sont prêts à
assurer la
sécurité de leur territoire.
Si vis pacem, para bellum.
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Le phonéthon français, le téléthon de Los
Angeles, le radiothon du Liban et toutes les autres collectes de 2005 d’Erevan à
Melbourne, ont permis de réunir 5,8 million (m) US$ et l’équivalent de 2 m US$
en matériel médical et en matériel agricole.
Le Conseil d’Administration du Fonds Arménien réuni à Erevan le 5 mai dernier a
réaffirmé le choix du développement régional de Mardakert. Il a par ailleurs
confirmé la volonté d’accélérer le développement de plusieurs régions du
Karabagh dans le cadre des collectes qui vont s’engager en 2006. Dans ce
contexte, il a été prévu de compléter les équipements de la région de Mardakert
dans un premier temps, et d’engager, ensuite, les projets de développement des
régions d’Hadrout et de Martouni.
Développement de la région de Mardakert. Projet 2005/2006 : 5,8 M
US$.
Dans le cadre
de ce projet des infrastructures importantes ont été mises en place. Plus de
2,39 m US$ ont été accordés à l’alimentation en eau potable de la ville de
Mardakert et de quatre villages. Environ 1,3 m US$ sont prévus pour la
construction de 11,6 km de route au nord de Mardakert et pour l’élargissement du
pont de Childiran (à l’étude). Enfin, 300.000 US$ ont été débloqués pour le
montage de la canalisation de gaz entre les villages de Childiran et Kitchan
(voir la carte jointe).
Dans le domaine de la santé, 700.000
US$ ont été prévus pour la finition de la rénovation de l’hôpital principal de
Mardakert et pour l’achat de quatre ambulances qui serviront l’ensemble de la
région. Environ 400.000 US$ ont été accordés pour la rénovation des écoles des
villages de Madaghis, de Kotchoghot et si possible celle d’Harutyunagomer. Dans
le domaine de l’agriculture, plus de 700.000 US$ sont débloqués pour la mise en
place dès cet été de la ferme agricole de Mardakert. Des tracteurs, des semeuses
et des camions seront mis à la disposition des agriculteurs de 18 villages. En
outre, un village sera choisi pour expérimenter de nouvelles techniques de
productions.
Projet 2006-2007 : 2,9 m US$ (à financer). Pour terminer le projet de développement régional de Mardakert il faudra investir encore environ 2,9 m US$ qui permettront d’achever les 8 km de la Route Dorsale, d’alimenter en gaz le centre régional, de poursuivre le programme agricole et de reconstruire l’école du village de Verin Horatagh. Ce projet lorsqu’il sera achevé aura permis, d’une part, la mise à niveau du centre régional de Mardakert et de sa zone et, d’autre part, l’accélération du développement de la zone du lac de Sarsang dynamisée par l’usine Base Metal de Derembon (1.000 emplois). Il verra, également s’achever le grand projet des 170 km de la Route Dorsale.
Amorcer le décollage de la région d’Hadrout : 5,7 à 7,9 m US$ (à financer). Cette région de l’extrême sud, si elle n’a pas été occupée comme la région de Mardakert au cours de la guerre, a subi de nombreuses destructions (21 villages, 1.500 maisons, 22 écoles, 20 dispensaires, 32 km de conduite d’eau). Elle comprend aujourd’hui plus de 12.000 habitants dont 2.200 enfants scolarisés. En retard sur le plan économique, elle comprend néanmoins 8.500 ha d’excellentes terres agricoles. Le projet de développement de cette région va s’appuyer sur plusieurs axes : prévoir la totalité de l’approvisionnement en eau potable de la région, équiper la région d’un hôpital, construire, rénover, étendre un certain nombre d’écoles en y intégrant un centre culturel, compléter l’équipement en gaz de la région et étudier la mise en place d’une ferme agricole, ainsi que la construction de canaux d’irrigation dans le sud de la région, favorable au vignoble.
Renforcer la Région de Martuni : 3,0 à 3,6 M US $ (à financer).
Martouni avec
ses 15.500 ha cultivés est actuellement la région la plus dynamique du Karabagh
sur le plan agricole. Elle comprend 23.000 habitants dont 4.600 enfants
scolarisés, 40 écoles et 31 dispensaires. Pour accompagner le développement de
la région, il s’agit de désenclaver la ville de Martouni en la reliant
directement à Stépanakert.
Il s’agira enfin de renforcer les équipements de la ville de Martouni (eau
potable, école et hôpital) et de Tchartar (dispensaire, école).
Pour réussir le projet 2006/2007, 12 à 14 m US $ sont nécessaires pour renforcer les 3 régions de Mardakert, Hadrout et Martouni. Pour le phonéthon français (avec nos amis allemands, suisses et hollandais attendus à Paris), nous remercions d’ores et déjà les bénévoles de bloquer les dates des 16 au 19 novembre 2006. Les 60.000 Arméniens de ces trois régions comptent sur nous. Ils sont capables de beaucoup si nous les soutenons.
L’économie de l’Artsakh a continué, durant 2005, sa progression à un rythme rapide : le Produit Intérieur Brut (PIB), qui évalue la création de richesses dans le pays, est passé de 42.830,0 millions (m) à 51.379,4 m de Drams (AMD) soit une progression de 19,96%. Calculé à prix constant, ce taux s’établit à 14,1%. Exprimée en dollar américain (USD), cette progression paraît bien plus forte (de 80,3 m à 112,3 m USD) en raison de l’appréciation de la monnaie arménienne par rapport à l’USD. En effet, entre 2004 et 2005, le taux de change moyen annuel est passé de 533,45 à 457,70 AMD pour 1 USD. Le PIB par habitant a aussi progressé de 552,9 à 765,4 USD. Les statistiques montrent, par ailleurs, que 62% du PIB sont réalisés dans le secteur privé dont 27,3% dans les PME. On peut ainsi remarquer que le PIB a plus que triplé en 10 ans.
La production industrielle a reculé légèrement de 18.112,4 m en 2004 à 17.773,0 m AMD en 2005 ; mais, exprimée en USD, elle a progressé de 34,0 m à 39,6 m USD. Ce secteur emploie 4 600 salariés environ, dont 775 dans les industries minières, 2500 dans les industries de transformations et 1.325 dans les branches électricité, gaz, eau. Les industries de transformation sont souvent des industries agroalimentaires (10,5 m USD) et des industries légères (7,6 m USD) ; elles représentent 46,7% de l’ensemble de la production industrielle. Les industries minières et les branches électricité, gaz, eau se partagent le reste de cette production avec 36,0% et 17,3% respectivement.
La production agricole a aussi reculé légèrement entre 2004 et 2005 : 21.055 m contre 21.715 m AMD. Mais en dollar elle a progressé de 40,7 m à 46 m USD. Elle provient des cultures (60,0 %) et de l’élevage (40,0 %). Les principaux produits de ce secteur sont : le blé, le lait, la viande, les légumes, la pomme de terre, les fruits (surtout raisin et mûre), le coton et les œufs. La première région agricole est celle de Martouni, suivie des régions d’Askéran, de Mardakert et de Hadrout.
La construction a été très soutenue en 2005 avec une progression de 37,8% : 12.596,5 m AMD contre 9.138,8 m en 2004, soit 27,5 m contre 17,1 m USD. Les ¾ des sommes ont été consacrées à des constructions à caractère non professionnel. Les principales sources de financement sont l’État (41,2%) et les ONG (30,9%). Une partie des interventions de l’État est consacrée aux familles dans le besoin (familles de soldats disparus, réfugiés,…). Le reste des financements provient des investisseurs étrangers (industrie, écoles, commerce), des entreprises (constructions destinées à la production) et de la population (habitations personnelles).
Le marché du travail. La population active de l’Artsakh en 2005 s’élevait à 62.557 dont 37.776 salariés (34348 en 2004). Le taux de chômage a été évalué à 5,6% dont plus des ¾ enregistrés dans la ville de Stépanakert. Cependant, on estime que, pour diverses raisons, une partie des chômeurs ne s’inscrit pas en tant que tel.
Le salaire moyen a été de 51.127 AMD (114 USD) en 2005, contre 41.170 AMD (77 USD) en 2004. Cependant, il existe d’importants écarts. L’année dernière les salaires du secteur public ont augmenté très fortement (+42,3%), alors que ceux du secteur privé n’ont progressé que modérément (+11,2%). Ainsi, à la fin de 2005, la moyenne des salaires du secteur public s’établissait à 56886 AMD (ou 125 USD) dépassant celle du secteur privé à 46859 AMD (ou 104 USD). Les disparités intersectorielles sont aussi fortes : 230,0 USD dans le secteur banque – finance, 124 USD dans la construction, 122 USD dans l’industrie, 114,8 dans l’agriculture, 109,2 dans les ONG, 69,3 dans le commerce, 59,5 dans le secteur de la santé.
Les revenus et les dépenses de la population en 2005 ont été estimés respectivement à environ 52 milliards AMD (113 m USD) et 49 milliards AMD (107 m USD). Les principales sources de revenus sont les salaires (47,8%), les transferts sociaux (16,7%), les revenus agricoles (14,7%). Les principaux postes de dépenses sont les achats de biens de consommation (82,4%), les rémunérations de services (10,5%) et les prélèvements obligatoires (3 ,8%).
Dans le domaine bancaire, quelques évolutions significatives sont à relever. D’abord le recul d’environ 10%, à 9,25 m USD, des dépôts bancaires en raison d’une forte baisse des dépôts à vue. Mais les statistiques montrent aussi une augmentation du nombre de comptes de dépôt, spécialement à vue, et de comptes jeunes. Ensuite, une forte augmentation des crédits bancaires à 36,9 m USD (+82%). La raison principale de cette évolution est la hausse de 142% des crédits à court terme. Fin 2005, ceux-ci constituaient 35,5% de l’ensemble des crédits au lieu de 26,7% un an plus tôt.
Ces évolutions peuvent être interprétées, du moins en partie, comme la conséquence d’une rapide progression des dépenses de consommation surtout durables, financées soit par une épargne accumulée durant les périodes précédentes, soit par des crédits bancaires à court terme. On peut encore signaler que le risque de non remboursement des crédits est extrêmement faible : 184.000 USD uniquement n’ont pas été remboursés en 2005, par rapport au total des crédits de 36,9 m USD. Au vu de ces développements est-il possible de considérer que l’économie de l’Artsakh est à la veille d’une « phase de décollage » ? Les potentialités économiques existent sans aucun doute et, aujourd’hui, l’Artsakh a besoin de se renforcer économiquement grâce à l’aide de la Diaspora arménienne, avec ses moyens financiers et son savoir faire.
Dès les premières années de l’indépendance de la République du Haut-Karabagh, de nombreuses associations françaises assurent leur présence caritative en Artsakh. « La Tribune du Karabagh » a souhaité donner la parole aux associations de jeunes français et arméniens afin de présenter leurs actions menées en faveur de l’Artsakh. C’est aussi une occasion de parler du lien particulier qui unit les jeunes à la terre du Karabagh et de leur engagement profond vis-à-vis de son avenir.
Il est des liens que l’on n’explique pas…qui existent par delà les frontières et qui se renforcent avec le temps: c’est ce lien immuable qui unit la jeunesse arménienne au Karabagh. Pour les jeunes générations, le Karabagh symbolise la lutte pour l’indépendance, le courage et la liberté. Mais, plus qu’un mythe, c’est aujourd’hui une réalité qu’il était important de leur faire découvrir. Ainsi, avec la volonté d’informer la jeunesse sur le Karabagh , cinq associations de jeunesse arménienne ont organisé un événement inédit mettant le Karabagh à l’honneur. Plus d’une centaine de jeunes ont répondu à l’appel de COPEA*, de la FRA Nor Seround, du Homenetmen France, des jeunes du Yan’s et de l’UCJA**, le dimanche 14 mai dernier au Yan’s Club. Les visiteurs ont été séduits par l’expo photo mêlant paysages et visages et ont pu assouvir leur soif de connaissance grâce à de nombreux panneaux informatifs sur l’histoire, la géographie, l’économie, le dialecte, la culture, les curiosités… sans oublier la présentation des projets humanitaires au Karabagh pour l’été 2006. En outre, la projection d’un film retraçant les grandes étapes du conflit arméno-azéri, suivie de la conférence animée par Sévag Torossian, avocat et auteur du livre : « Le Haut-Karabagh arménien : un Etat virtuel ? », ont permis d’appréhender les enjeux géopolitiques et les questions juridiques sous-jacentes.
Les jeunes ont pu exprimer leurs interrogations lors d’un débat en présence de Monsieur Hovannes Guevorkian, Représentant du Haut-Karabagh en France. C’est dans une ambiance festive et chaleureuse que s’est clôturée la soirée, en dégustant un verre de « touti oghi » aux rythmes du kotchari ! Avec cette belle initiative issue de la jeunesse, nul doute que le Karabagh a un bel avenir devant lui…un avenir qu’il ne reste plus qu’à construire…
*Centre d’Orientation Pour Étudiants Arméniens **Union Chrétienne des Jeunes Arméniens
Tania Babanazarian (Présidente de COPEA)
Décembre 2001 : Trois Françaises ayant découvert l'Arménie avec les voyages SPFA (Solidarité Protestante France Arménie) se réunissent pour parler de leur attachement à ce pays et imaginer un moyen de rester en lien avec ce lieu qui les a tant marquées.
Janvier 2002 : Naissance de l'association Loi 1901 SCRIBE-Paris, qui a pour objet le financement de Bourses d'études grâce à de représentations théâtrales pour des jeunes issus de pays défavorisés. Premier pays visé : le Haut-Karabagh. Ayant la spiritualité en toile de fond et le théâtre comme moyen créatif, ludique et fédérateur, l'association cherche à offrir à des jeunes n'ayant pas choisi leur situation géopolitique l'opportunité de suivre des études dans leur pays. Le recrutement et le suivi des boursiers sont pris en charge non sur critère d'excellence scolaire, mais sur critère social. Chaque été, deux émissaires de l'association se rendent à Stépanakert afin de remettre les bourses en mains propres aux étudiants et découvrir ce pays pour lequel ils ont répété et joué les pièces de théâtre de Septembre à Juin en France.
Aujourd'hui, Scribe-Paris c'est une vingtaine de membres, étudiants et jeunes actifs, qui se réunissent hebdomadairement dans une ambiance sympathique du 5e arrondissement parisien pour préparer des spectacles de théâtre donnés généralement de mars à mai. Depuis 2002, la troupe a monté six spectacles dont « Une bête sur la Lune » de Richard Kalinoski en 2002, ou « 12 Hommes en colère » de Reginald Rose en 2006. Six pièces, soit 54 bourses d'une moyenne de 250 euros toutes disciplines confondues pour 32 étudiants étant donné que l'association suit un étudiant pour la durée entière de son cycle de 5 ans.
Si vous voulez en savoir plus sur notre activité ou nous aider : rendez-vous sur Internet : http://www.scribeparis.org ou contact@scribeparis.org ou par téléphone : Sophie : 06 22 81 03 66 ou Vincent : 06 22 43 33 80
Pour la huitième année consécutive, la DA-Connexion (Diaspora-Arménie-Connexion) se prépare à organiser sa campagne d’été 2006 en Arménie ainsi qu’au Karabagh. Créée en 1999 par cinq jeunes étudiants français d’origine arménienne, l’association a pour ambition d’aider les enfants. Elle s’attache à promouvoir leur bien-être ainsi que les liens culturels entre l’Arménie, le Karabagh, l’Union européenne et la diaspora arménienne. La DA-Connexion s’investit particulièrement au Karabagh. En 2001, le village de Chouchi accueille l’association pour les activités d’animation. L’un des villages illustrant le mieux les actions de l’association est celui de Karmir. Depuis 2003, l’association s’est occupée de l’animation mais aussi de la rénovation des salles de classe et des bureaux de la maternelle. Année après année, l’école a été remise à neuf, étage par étage, l’objectif étant pour cet été 2006 de rétablir les sanitaires pour enfants et l’arrivée de l’eau dans le bâtiment. La satisfaction est encore plus grande pour les membres de l’association qui voient les enfants s’épanouir dans les activités manuelles et de plein air. En 2004 la DA-Connexion a entamé sa première construction d’école au Haut-Karabagh. Il s'agit de l'école maternelle de Taliche. Les travaux débutés en mars 2004 se sont achevés à temps pour la rentrée en septembre 2005, pour la joie des enfants du village et de leurs parents. Pour la troisième année consécutive, la DA-Connexion s’investira dans le village de Taliche pour les activités d’animation. Cette année encore, l’association sera accompagnée de l’équipe médicale. L’objectif sera de faire passer une visite médicale à chaque enfant pour déceler leurs carences et ainsi, les orienter vers le médecin le plus proche. Par ses actions la DA-Connexion souhaite contribuer au renouveau d’espoir pour les habitants exilés du Karabagh et vise à assurer le repeuplement du territoire.
Raffi Sarafian Président de DA-Connexion