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JANVIER 2006 |
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ARTICLES
Arkadi Ghoukassian : l'Artsakh ne renoncera jamais à son indépendance
2006,
année d'optimisme pour le règlement du conflit du Karabagh
La mairie de Valence reconnaît la République du Haut-Karabagh
Arkadi Ghoukassian : l'Artsakh ne renoncera jamais à son indépendance
L’année 2005 a vu la croissance économique de l’Artsakh se poursuivre, en augmentant encore davantage le niveau de vie de la population du Karabagh. Le travail des instituteurs, des professeurs, des médecins, des infirmières et des artistes est mieux considéré aujourd’hui sur le plan de leur rémunération. Les retraites et les allocations sont également en hausse. Grâce aux recettes budgétaires et aux dons humanitaires, plusieurs centaines de maisons, d’écoles et de dispensaires ont été construits en Artsakh. La route « Dorsale » est quasiment achevée et relie désormais plus d’une centaine de villages du Karabagh. La capitale Stépanakert se reconstruit et se renouvelle de jour en jour et où il est agréable d’y vivre et d’y travailler aujourd’hui.
Arkadi Ghoukassian a assuré qu’en 2006 cette ligne de conduite se poursuivra. Les moyens collectés durant le Phonéthon et le Téléthon organisés en France et aux Etats-Unis, seront entièrement consacrés à la reconstruction de la région la plus touchée durant la guerre : le district de Mardakert.
En 2005 le Haut-Karabagh a démontré une fois de plus sa volonté de poursuivre l’enracinement des valeurs démocratiques dans le pays. Les élections législatives organisées au mois de juin dernier, et leur déroulement en parfaite transparence ont été hautement appréciés par les observateurs internationaux.
« Les affirmations concernant un éventuel règlement du conflit du Karabagh en 2006 sont devenues fréquentes. Le temps montrera à quel point ces pronostics sont justes. Néanmoins, je vous assure que l’Artsakh ne renoncera jamais à sa liberté et à son indépendance qui ont été acquises avec des pertes et des privations considérables du peuple du Karabagh » a dit le Président de la République.
« Certes le gage de la sécurité du pays reste, comme avant, l’armée du Karabagh qui a gagné en puissance durant l’année 2005. Mais l’Artsakh confirme sa volonté de trouver un règlement pacifique au conflit du Karabagh et appelle à cet effet l’Azerbaïdjan d’en chercher les moyens autour de la table de négociations » a déclaré le chef de l’Etat.
M. Ghoukassian a terminé son discours en renouvelant ses vœux pour Noël et le Nouvel An à la population du Karabagh.
2006, année d'optimisme pour le règlement du conflit du Karabagh
L'optimisme qui a commencé à poindre au début de
l’année 2005 dans les négociations sur l’avenir du Haut-Karabagh est encore de
rigueur. Les pronostics des parties prenantes prédisent pour 2006 une avancée
majeure dans le règlement du conflit. Ainsi, plusieurs représentants des
organisations internationales et des pays médiateurs, tels que l’OSCE, le
Conseil de l’Europe, les États-Unis et la Russie, ont unanimement exprimé leur
conviction que l’année 2006 marquera un tournant historique dans le règlement du
conflit.
Le même optimisme s’est également manifesté, le 5
décembre dernier, dans la plupart des déclarations des ministres des Affaires
étrangères des États membre de l’OSCE, lors de leur réunion annuelle à Ljubljana
(Slovénie). Dans le cadre de cette réunion, une rencontre des chefs de la
diplomatie arménienne et azerbaidjanaise a été organisée en présence des trois
coprésidents du groupe de Minsk (groupe de pays médiateur coprésidé par les
États-Unis, la France et la Russie).
La rencontre de Ljubljana a eu lieu après les élections
législatives azerbaïdjanaises et après le déroulement du référendum des réformes
constitutionnelles en Arménie, lequel s’est déroulé dans d’excellentes
conditions. Rappelons que cette rencontre de Ljubljana a été programmée peu
après la rencontre des présidents arménien et azéri à Kazan (Russie) le 25 août
dernier.
Les médiateurs, qui avaient
jugé positives les discussions de Kazan, en espéraient autant pour la rencontre
de Ljubljana. Dans son entrevue à l’agence de presse « Trend », Steven Mann,
coprésident américain du groupe de Minsk, a déclaré : « L’année prochaine sera
libre de toute activité électorale dans les deux pays en conflit et nous devons
profiter de cette chance. Jamais le processus de négociation n’est allé aussi
loin et n’a atteint un tel niveau ». Dans son discours d’ouverture de la réunion
ministérielle, Dimitrij Rupel, président en exercice de l’OSCE et ministre
slovène des Affaires étrangères, a partagé ce diagnostic : «En 2005, un certain
nombre de pas ont été franchis par les parties prenantes en vue de règlement du
conflit du Karabagh. Ces actions font espérer des résultats positifs pour
l’année prochaine. Pour la première fois après plusieurs années, un grand espoir
est né dans le règlement du conflit du Karabagh».
Cet optimisme
a été confirmé après la visite des trois coprésidents du Groupe de Minsk de
l’OSCE effectuée à Erévan et à Bakou à mi-décembre dernier. Ainsi, le
coprésident américain a déclaré à la suite de sa rencontre avec le président
arménien que « les médiateurs se sont persuadés de la bonne direction prise pour
l’avancement du processus de paix ».
D’autre part, le vice ministre azéri des Affaires
étrangères a annoncé que « son ministère partageait intégralement l’espoir des
coprésidents ».
Par ailleurs, la visite de la délégation du Groupe de
planification de haut niveau (GPHN) de l’OSCE dans la région du Caucase du Sud,
toujours au mois de décembre dernier, a été, à son tour, une contribution aux
affirmations prononcées en faveur d’un éventuel règlement politique du conflit
du Karabagh dans un avenir proche.
Rappelons que le GPHN a été créé le 20 décembre 1994. Le Groupe
est chargé de développer un plan pour la mise en place, la composition et la
structure d'une force multinationale de maintien de la paix dans la zone du
conflit du Haut-Karabagh. En 1995 le GPHN a présenté un plan d’action qui
incluait quatre options, dont trois prévoyaient d’installer dans la région un
mélange des troupes armées de maintien de la paix et des observateurs militaires
sans armes, et le quatrième planifiait la mis en place d’une mission militaire
d’observateur sans armes.
Depuis cette date, l'activité du Groupe a été mise en attente car
l’établissement d’une force de maintien de la paix dépend de la réussite des
négociations politiques dans le cadre du Groupe de Minsk.
Qu’est-ce qui a, donc, changé dans les négociations pour que
toutes les parties intéressées du conflit puissent affirmer un possible
règlement proche pour le différend du Karabagh?
Pour le ministre arménien des Affaires étrangères Vardan Oskanian
le changement de la situation est étroitement lié à la modification des
positions arméniennes et azerbaidjanaises concernant la questions des
territoires situés en dehors des frontières administratives du Haut-karabakh et
actuellement sous le contrôle des forces armées arméniennes.
« Nous choisirions un mauvais chemin faisant la préservation sous
notre contrôle de ces territoires comme un objectif définitif» a clairement
déclaré le chef de la diplomatie arménienne le 28 décembre dernier lors d’une
intervention télévisée.
« On peut dire la même chose pour l’Azerbaïdjan: longtemps nous
avons été dans une impasse parce que Bakou considérait la question de ces
territoires comme prioritaire et refusait toute discussion concernant le statut
du Haut-Karabagh. Aujourd’hui cette situation a évolué et nous avons obtenu un
progrès dans le processus de négociations » a dit Vardan Oskanian.
Quant à lui, le ministre azéri des Affaires étrangères, Elmar
Mammedyarov, a notamment déclaré que « le statut du Haut-Karabagh devait être
défini en prenant uniquement en compte la volonté des populations arménienne et
azerbaidjanaise du territoire».
En réponse aux récentes propositions d’organiser un nouveau
référendum pour définir le statut du Karabagh, le président du Haut-Karabagh a
déclaré que la question était un des sujets des négociations. « Cependant, les
positions de Stépanakert et de Bakou sur le problème sont fortement
divergentes » a dit Arkadi Ghoukassian.
D’autre part, après avoir rencontré les coprésidents du Groupe de
Minsk le 14 décembre dernier, le président de la République d’Artsakh a affirmé
que le Haut-Karabagh ne sera jamais rattaché à l’Azerbaïdjan.
« Il ne peut en aucun cas être question de relations verticales
de subordination quelconques à l’État azerbaidjanais » a clairement déclaré le
président Ghoukassian.
La bataille
pour la Route a été gagnée. Cent soixante dix kilomètres de bitume traversent
maintenant le Karabagh du nord au sud. Autour, restent encore les villages
ravagés par la guerre, les dispensaires éventrés par les obus et les écoles aux
murs criblés de balle. La route de la Vie est construite. Restait à construire
la Vie autour de la Route.
Pour relever ce défi le Fonds arménien « Hayastan » a pris en charge un
programme ambitieux de reconstruction de l’Artsakh. Ce projet de développement
permettra d’aménager les infrastructures locales et améliorera la vie des
habitants des villes et des villages du Haut-Karabagh. Par ailleurs, il
favorisera les investissements induits pour le développement économique de
l’Artsakh.
Le projet
débutera dès 2006 dans la région de Mardakert. Il prévoit, notamment, la
finalisation de la Route dorsale, la réalisation des routes de rattachement, des
projets d’adduction d’eau potable, un projet de réhabilitation des systèmes
d’irrigation, la construction de trois écoles, de trois hôpitaux et la
rénovation des maisons les plus endommagées.
Le projet a pour but également d’octroyer des micro-crédits sans intérêts pour
le développement des fermes agricoles (500 fermes concernées) et de promouvoir
la création de moyennes et grosses sociétés coopératives pour les productions
végétales et animales (300 fermes concernées).
Tel a été l’objectif du Phonéthon 2005, organisé par le Fonds Arménien de
France. Autant le dire tout de suite; le succès est inespéré : plus d’un million
d’euros collectés en quatre jours.
Cette victoire, est celle de la communauté
arménienne de France, de Suisse et d’Allemagne. Pendant ces quatre jours, plus
de 600 bénévoles venus de ces trois pays se sont relayés heure après heure,
téléphone au poing, dans une atmosphère de fête, pour appeler près de 55 000
foyers et entreprises. De l’autre côté du combiné, l’accueil était partout le
même. Certains attendaient déjà leur coup de fil annuel, d’autres téléphonaient
au numéro Azur avant même qu’on les appelle, d’autres encore voulaient savoir
combien ils avaient donné l’année précédente pour donner plus encore cette
année-ci. Partout et toujours, des encouragements et des remerciements pour un
travail qui permettait à tous ces Arméniens, souvent isolés dans leur ville ou
dans leur province, de se sentir unis par un même but.
Mais pas seulement. Après la France, les Arméniens des États-Unis, de Russie, du
Canada, du Liban, d’Espagne, du Portugal, de la Suisse, de l’Allemagne,
d’Argentine et de Grande-Bretagne se sont tous mobilisés pour recueillir à ce
jour, avec la France, près de 8 millions de dollars. Avec une première
particularité, notamment aux États-Unis : traditionnellement, les fonds
collectés provenaient en grande partie de grands donateurs ; ce n’est plus le
cas. Grâce aux efforts des organisateurs, le nombre des cotisants individuels
s’est multiplié. Le Téléthon se démocratise. Deuxième particularité, l’Arménie
et l’Artsakh, ensemble, figurent parmi les plus grands contributeurs : 1,2
million de dollars à eux deux. La renaissance du Karabagh est désormais
l’ambition de tous les Arméniens de la Terre.
Mais la planète est immense. Les Arméniens d’Italie, de Grèce, de Chypre, de l’Uruguay, de Belgique et de bien d’autres pays, attendent que se mettent en place les structures qui feront d’eux des contributeurs nets. Ils se rallieront bientôt à l’œuvre commune. Il le faut, car le chantier est immense : après le développement de la Région de Mardakert, ce sera autour de la Région de Martouni, de Chouchi, d’Hadrout et d’Askeran. Les Arméniens du monde construisent un pays. Leur pays.
Pourquoi tous ces efforts ? Pourquoi une telle mobilisation autour de cette région du monde, perdue dans les montagnes du Caucase, qui hier encore échappait à la vue du monde ? Une raison, parmi tant d’autres, mais sans doute la plus importante : derrière la construction des écoles, des dispensaires et des hôpitaux, des équipements en eau potable et des fermes modèles, le véritable enjeu est la liberté d’une nation, c’est son besoin de sécurité, c’est son droit à l’indépendance, c’est son exigence de dignité. En un mot, derrière tous ces efforts, le véritable enjeu est tout simplement le droit des Arméniens de l’Artsakh à la Vie.
Alors que le Président Ghoukassian se trouvait en visite à Valence, le samedi 12 novembre 2005, le premier magistrat de la ville, Mme Léna Balsan, a déclaré officiellement reconnaître la République du Karabagh. Pour symbolique qu’elle soit, cette déclaration ouvre pour notre jeune république des perspectives nouvelles. En effet, si une reconnaissance internationale passe avant tout par le Groupe de Minsk, elle n’en constitue pas moins un pas important vers l’établissement de liens étroits entre la société civile française et la population du Karabagh.
En effet, les propos de Mme Balsan inaugurent d’abord un esprit d’amitié, de compréhension mutuelle et de collaboration entre la France et l’Artsakh, esprit qui s’est manifesté avec éclat par l’accueil que les autorités municipales ont réservé au Président et qui a été confirmé par l’accueil de la ville à sa délégation. Il s’est enfin concrétisé par l’implication sans réserve de la communauté arménienne de Valence et de ses environs lors de l’organisation de cette manifestation. Sous l’impulsion de cette communauté, il ne fait pas de doute que ce trait d’union entre Valence et le Karabagh se transformera bientôt en une ligne d’actions continue dans le domaine culturel et humanitaire. La solidarité de cœur est souvent le présage d’une solidarité en acte.
Cette déclaration ouvre ensuite des perspectives nouvelles quant à l’intérêt que pourrait porter la société civile française et ses représentants à notre jeune État. Nombre de municipalités ont en effet déjà manifesté leur intérêt à notre égard, ne serait-ce que parce que le devenir du Karabagh est désormais indissociable du devenir de l’Arménie, pays auquel la France a prouvé depuis longtemps une solidarité sans faille. Encore embryonnaire, cet intérêt pour notre région ne demande qu’à se manifester sous des formes plus tangibles, là encore par l’instauration de rapports culturels et humanitaires mais aussi par des actions d’information qui sensibiliseraient la population locale à l’existence, à la vie et à la nécessité d’un Karabagh libre et indépendant dont la mission est d’apporter la preuve vivante qu’il est possible, dans cette partie du Caucase, d’instaurer une véritable démocratie, de respecter pleinement les Droits de l’Homme et de rendre à une nation ; jadis opprimée par la force, la liberté dans la dignité.
En ce sens, la communauté arménienne de France, dans toutes les villes et les villages où l’Histoire l’a enracinée, a un rôle majeur à jouer. On l’a vu par les résultats du Phonéthon de cette année : les Arméniens de France considèrent aujourd’hui le Karabagh comme « leur terre » et cela, définitivement. Son devenir fait partie de leur devenir. Le bien-être des hommes, des femmes et des enfants qui habitent l’Artsakh fait partie de leur propre bien-être. La survie de la République d’Artsakh est devenue « leur affaire » comme est, depuis longtemps, leur affaire la République où ils ont grandi. Par son action passée, la Diaspora française a déjà creusé la longue route entre le sol de son Présent et le sol de son Histoire. Demain, elle la creusera entre la France et le Karabagh.
Depuis le premier jour de l’indépendance, le sort de la communauté arménienne de France, celui de l’Arménie et du Karabagh sont liés. C’est ce lien que vient de renforcer la déclaration du maire de Valence et que renforceront demain la volonté, l’attachement et l’action de la communauté arménienne de France, qui sont déjà, par le cœur et par l’esprit, des citoyens à part entière de la République d’Artsakh.
PIB : D’après les données communiquées par le département des statistiques du Haut-Karabagh, l’économie du pays continue à progresser. Ainsi, en 2005, le produit intérieur brut (PIB) de la République s’est accru de 15,6 % s’établissant à 51,5 Md AMD soit environ 94 M €. Les principaux secteurs qui sont à l’origine de cette croissance sont l’industrie, l’agriculture, la construction et le commerce extérieur. D’après les prévisions du gouvernement du Karabagh le taux de croissance du PIB en 2006 sera de 11,2%.
Situation
budgétaire : A la fin de septembre 2005 les recettes budgétaires de la
République du Haut-Karabagh se sont établit à 5,1 Md de AMD soit environ 9,3 M
€. Ainsi une hausse de + 39 % est enregistrée par rapport aux recettes de la fin
septembre 2004.
Les dépenses budgétaires ont atteint 13,4 Md de AMD soit 24,4 M € inscrivant une
hausse de + 40,2% par rapport à la période janvier septembre 2004.
La progression des recettes budgétaires résulte pour l’essentiel des recettes
fiscales d’une année sur l’autre. 7 M € soit environ 76% des recettes
proviennent des impôts (impôt sur le revenu, impôt sur les société, etc…).
Quelque 0,5 M € soit 5,1% des recettes budgétaires proviennent des taxes (TVA,
TIPP, etc…). Les subventions accordées au Haut-Karabagh ont atteint 1 M € soit
11,5 % des recettes. Quelque 0,7 M € soit 7,7% sont provenus des opérations
financières.
Environ 77% des dépenses budgétaires (10,3 Md AMD soit 18,7 M €) ont été les
rémunérations des salaires, de pensions, de charges sociales et de
fonctionnement, ainsi que les dotations attribuées aux communes. 23% des
dépenses réalisées ont été investit dans le développement des réseaux et des
infrastructures du Haut-Karabagh.
Commerce
extérieur : 64,6% de l’export de la production du Haut-Karabagh fabriquée
durant la période janvier septembre de l’année dernière a eu pour destination
les marchés des pays de la CEI (Communauté des États Indépendants).
35,7% des exportations sont des minerais, 33,8% des pierres précieuses et des
métaux, environ 10% des produits végétaux.
Le solde des échanges commerciaux durant les premiers neuf mois de 2005 a
augmenté de 17,7% par rapport aux indications de l’année précédente atteignant
quelque 80 M €.
Investissements : Plus 12,5 M € ont été investis dans l’usine d’exploitation de mine d’or et de cuivre de Drmbon (région de Mardakert) durant les trois dernières années. Quelque 950 employés travaillent aujourd’hui à la société « Base Metals » qui exploite le gisement de Drmbon. L’entreprise projette de reprendre l’exploitation des mines abandonnées du village voisin de Mekhmena afin d’y démarrer l’extraction de zinc et de plomb.
Agriculture : Selon une déclaration du ministre de l’Agriculture Vahram
Bagdassarian, les autorités du Karabagh ont l’intention d’augmenter le volume de
production annuelle du raisin afin d’atteindre 26000 tonnes en 2010. Cette année
7000 tonnes de raisins ont été récoltées en Artsakh. Cependant, d’après les
dires du ministre, la demande du marché intérieure du Karabagh dépasse les 9000
tonnes.
Vahram Baghdassarian a informé que dans le cadre du programme de développement
du secteur agricole, le gouvernement du Karabagh prévoit d’élargir les terroirs
de vignes de 1450 hectares actuels jusqu’aux 5000 hectares. Le gouvernement
attribue des crédits aux conditions avantageuses visant le développement du
secteur. Leur volume représentera 300 M AMD (soit 550 000 €) en 2006 contre 200
M AMD en 2005.
A l’époque soviétique, 160 000 tonnes de raisin étaient produites chaque année
au Haut-Karabagh.
Construction : Le volume de la construction au Haut-Karabagh a augmenté de
44,4% entre janvier et septembre 2005 par rapport à la même période de l’année
précédente atteignant ainsi environ 16 M €. Les établissements scolaires et les
hôpitaux ont été les premiers bénéficiaires des investissements effectués dans
ce domaine. Le montage des réseaux d’adduction d’eau et de gaz a également été
privilégié. Plus de 370 000 Euros ont été dépensés pour la rénovation des
routes. Quelque 1,6 M € ont été déboursé pour la construction des habitats dont
80% sont dorénavant habités.
En 2005 le programme gouvernemental de construction a été de nature sociale et
d’après les dires du ministre de l’Urbanisme du Karabagh cette tendance
poursuivra également l’année prochaine.
Devise
monétaire : Le ministre des Finances et de l’Économie du Haut-Karabagh a
communiqué que le Haut-Karabagh tend vers une mise en circulation prochaine de
sa propre devise monétaire. D’après les dires du ministre « la monnaie nationale
est un attribut majeur d’un État indépendant et elle est donc d’une très grande
importance pour la République du Haut-Karabagh».
Après la mise en circulation de la devise monétaire du Karabagh, celle de la
République d’Arménie, le Dram, restera dans le circuit comme toutes les autres
devises étrangères.
Démographie : 1525 naissances ont été enregistrées au Haut-Karabagh entre
janvier et septembre 2005. Ce chiffre est en retrait de 94 points des
statistiques de l’année précédente.
Le nombre de décès a également diminué en Artsakh par rapport à l’année 2004:
977 décès en 2005 contre 1004 en 2004.
La croissance démographique naturelle du pays a été de 548 personnes ce qui est
de 10,9% moins par rapport à la même période de l’année précédente. La
croissance démographique mécanique est de 50 personnes.
Énergie :
En 2006 démarrera la construction de trois centrales hydroélectriques sur le
fleuve Trgué de la région de Mardakert dans la République du Haut-Karabagh.
Selon le communiqué de l’agence de presse Médiamax, leur mise en service
permettra de produire chaque année 50 millions de kilowatt d’énergie. A l’heure
actuelle, la consommation annuelle d’énergie dans la République du Haut-Karabagh
dépasse les 210 millions de kilowatt. La construction desdits centrales
hydroélectriques coûtera environs 3 milliards de drams soit 5,5 Mln €.
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D
A travers les brumes de Érevan de jadis, un enfant voyait la vie en couleurs. Il s’appelait David, Pétrossian de patronyme. Un nom qui fera carrière. Voilé par les teintes pastel des aquarelles, son regard, posé sur la vie comme les pattes d’un oiseau sur un fil électrique, fragile équilibre entre la réalité et l’espoir, imaginait le monde de demain en transparence. L’imagination n’a pas de bornes. Comme tous les enfants, il abolissait d’un coup d’œil toutes les frontières du monde. Il avait onze ans quand ses timides coups de pinceaux furent exposés à l’Exposition Internationale des Enfants, aux États-Unis. Un exploit quand on sait ce qu’il en coûtait jadis de franchir le rideau de fer, même par toiles interposées. Quand l’indépendance est arrivée, il est reparti, au Karabagh. Pour s’exposer lui-même. Ses pinceaux et ses toiles sur le dos. Ça canardait dur alors. Mais même dans les neiges de Stépanakert, son goût de l’ailleurs ne l’a jamais quitté. Peintures des beautés de la guerre. Puis se fut le retour. Sain et sauf. D’expo en expo, de galère en galère, le voilà maintenant à Paris. Non pas lui, mais ses rêves. Toujours les mêmes, ceux de l’enfant, mais lestés de l’interrogation de l’homme. Au mois d’avril, ses œuvres seront exposés au Yan’s Club.
A un
journaliste qui lui demandait à peu près « Comment faites-vous pour comprendre
si bien les névroses de vos patients ? » Freud répondit: « Parce que je les ai
toutes. » Idem Pétrossian, pour ses styles, qu’on doit écrire au pluriel vu
qu’il les a tous. A scruter sa série sur la femme, on ne sait plus très bien si
l’on doit y reconnaître les courbes de Matisse, les formes de Modigliani ou la
transparence de Chagall. Ou tout cela réuni dans un même geste. L’artiste peint
assis, sur les épaules des géants.
Quelques tableaux plus loin, le regard fait une pause. Après un long détour dans
les musées du monde, la touche Pétrossian revient se reposer sur les lignes
d’horizon familières. Paysages d’Arménie. Pour donner forme massive à
l’incontournable Ararat, les touches à l’eau vident la pierre pour lui donner
plus de volume, à la manière de Cézanne. Puis viennent les vastes plaines de
l’Arménie profonde, vides et sans homme, gelées dans la lumière blanche ou
écrasé par un ciel hollandais. Essais à la Van Gogh. Et puis bien sûr, ces
vieilles ruelles étroites, inondées de soleil, aux à-plats vifs et ocre, où
l’esprit marche sur les traces de Mardiros Sarian.
En fin d’expo, l’esprit se relâche. Les interrogations reviennent. Confusion des pensées. Formes cassées, stries, courbes pliés sur elles-mêmes comme des foules informes, compactes et sans voix aux souffrances sans nom. Tableau des tourmentes intimes. Sous les doigts de l’artiste, le cri s’élève, pour se taire. Quand il a trop à dire, l’artiste n’a qu’un seul recours : l’abstrait, la langue de l’intérieur. Quoi qu’on fasse, tout finit par un retour sur soi.
Voilà. Fin de
la visite. Loin de l’avenue Reille et de son expo, le peintre est assis sous un
parasol, là-bas, sur les trottoirs de la rue Abovian, le regard posé sur les
coloris stridents des jupes de passage. Assis devant un bon café, il imagine la
vie en couleur, à la recherche de son prochain tableau. ![]()
nouveau ministre des affaires étrangères :
Le 26 décembre 2005, le président de la
République du Haut-Karabagh, Arkadi Ghoukassian a nommé un nouveau ministre des
Affaires étrangères en la personne de Guéorgui Petrossian.
Le nouveau chef de la diplomatie du Karabagh occupait, jusque là, le poste de
conseiller du Président pour les questions des Affaires extérieure. Il succède
ainsi à Arman Melikian exerçant ses fonctions à Erévan, qui remplacera le
nouveau ministre à son ancien poste.
Selon les dires du Président Arkadi Ghoukassian cette décision a été dictée par
la «situation politique existante».
Le chef d’État a précisé qu’en 2006 les autorités du Karabagh
pourraient être impliquées directement dans le processus de règlement du
conflit.
Agé de 53 ans, le nouveau chef de la diplomatie d’Artsakh a activement participé
depuis 1988 au mouvement indépendantiste du Karabagh. Entre 1992-1995 Guéorgui
Petrossian a été député à l’Assemblée nationale du Haut-Karabagh. En 1992 il a
été élu député de la Première Session au Parlement où il a occupait le poste du
vice-président de l’Assemblée nationale. Ensuite, entre avril 1992 et juin 1993
G. Petrossian a été élu président par intérim du Parlement.
En présentant le nouveau ministre des Affaires étrangères à son équipe le 26
décembre dernier, le Président Arkadi Ghoukassian a souligné que l’expérience et
le savoir faire de Guéorgui Petrossian devaient renforcer le rôle du ministère
pour répondre efficacement aux nouveaux enjeux qui se présentent à la diplomatie
du Karabagh.
Le président a aussi hautement apprécié le travail accompli par Arman Mélikian,
durant la période de ses fonctions au poste de ministre. Le chef d’État a ajouté
qu’il poursuivra le travail de coordination de projets qui avaient été élaborés
dans le domaine des relations extérieures durant sa mission au ministère en tant
que conseiller du président.
des parlementaires américains demandent la reconnaissance du droit à l'autodétermination du Karabagh : Le 28 septembre dernier, cinquante neuf membres du Congrès des États-Unis ont adressé un message au Président Georges W. Bush lui demandant de reconnaître le droit à l’autodétermination du peuple du Haut-Karabagh. Ce message lui a été adressé lors de la célébration du 14e anniversaire de l’indépendance de la République du Haut-Karabagh (RHK). Une cérémonie officielle avait été organisée à cet effet à la Chambre des représentants à l’initiative de l’Ambassade d’Arménie et de la Représentation de la RHK aux États-Unis et de Franck Pallone et Joe Nollenberg, coprésidents de la Commission sur les Questions Arméniennes du Congrès américain.
Dans leur message au président américain, les parlementaires soulignent que «par son gouvernement démocratiquement élu, son armée exercée et sa politique extérieure indépendante, la République du Haut-Karabagh remplit pleinement les conditions internationales pour être considéré en tant qu’État indépendant». Le message ajoute : «Depuis quatorze ans, la RHK a prouvé sa capacité à devenir un partenaire fiable pour la communauté internationale. Elle a significativement contribué à l’établissement de la paix et de la stabilité dans la région du Caucase du Sud. Ainsi, le Haut-Karabagh poursuit les mêmes objectifs que les États-Unis dans cette région stratégiquement importante».
Par ailleurs, dans ce même texte, les
parlementaires américains ont jugé indispensable l’établissement d’un dialogue
entre les gouvernements des Etats-Unis et du Haut-Karabagh, l’augmentation de
l’aide humanitaire et la poursuite de soutien à la politique de développement
des autorités de Stépanakert.
Un communiqué de l’Ambassade d’Arménie à Washington a qualifié d’« acte réfléchi
et souhaité » cette célébration au Congrès américain. «En 1989, précise-t-il,
alors qu’ils n’étaient pas encore indépendants, le Congrès a pris la décision de
soutenir la lutte pour l’indépendance des peuples de l’Arménie et du Karabagh.
Aujourd’hui encore, les États-Unis sont les seuls à accorder une aide
gouvernementale au Karabagh. Cela prouve que l’existence du Haut-Karabagh et les
efforts déployés par ce pays en vue de sa reconnaissance internationale sont
approuvés par les élus américains».