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JUIN 2005 |
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ARTICLES
Le nouveau parlement de la République du Haut-Karabagh
Les élections législatives de la République du Haut-Karabagh se sont déroulées le 19 juin dernier. D’après la Commission électorale centrale 66 756 électeurs soit environ 73,6% du corps électoral se sont déplacés aux urnes pour élire les 33 députés du Parlement du pays.
Pour la première fois, les élections de l’Assemblée nationale du Haut-Karabagh étaient organisées selon deux modes de scrutins : majoritaire et proportionnel. 11 députés sont élus au scrutin proportionnel et 22 au scrutin majoritaire. Au scrutin proportionnel les partis politiques « Parti de l’Artsakh Démocratique » (PAD), « Patrie Libre » (PL) et l’alliance « FRA Dashnaktsutioun – Mouvement 88 » ont respectivement obtenu 37,6% (5 sièges), 26,7% (3 sièges) et 24,4% (3 sièges) des voix. Au scrutin majoritaire les candidats suivants ont été élus à l'Assemblée nationale: dans la zone électorale N1 – M. Armen Abgarian, N2 – Mme Janna Galstian, N3 – M. Valery Haroutyunian, N4 – M. Araik Haroutyunian, N5 – M. Maxime Mirzoyan, N6 – M. Ararat Daniyelian, N7 – M. Sergey Seyranian, N8 – M. Gagik Petrossian, N9 – M. Samvel Hakobian, N10 – M. Benik Bakhshiyan, N11 – M. Ivan Avanesian, N12 – M. Armen Ohanian, N13 – M. Roudik Usnunts, N14 – M. Roudik Martirossian, N15 – M. Sergey Ohanian, N16 – M. Grigory Gasparian, N17 – M. Garnik Mirzabekian, N18 – M. Arthur Tovmasian, N19 – M. Oleg Grigorian, N20 – M. Vahram Atanessian, N21– Mme Artsvik Sargssian, N22 – M. Karen Grigorian.
Les candidats du PAD ont remporté les élections dans 7 des 22 zones électorales, obtenant ainsi au total 12 sièges au Parlement du Haut-Karabagh. Le PL, lui aussi, a enregistré une victoire dans 7 zones, cumulant au total 10 sièges. L’alliance « FRA Dashnaktsutioun – Mouvement 88 » n’a eu aucun siège au scrutin majoritaire et doit se contenter des 3 sièges obtenus au scrutin proportionnel. 8 candidats élus au scrutin majoritaire ne représentent aucun parti politique.
Plus de 135 observateurs internationaux venus d’Arménie, de Croatie, des Etats-Unis, de France, de Grande-Bretagne, de Grèce, d'Iran, d'Israël, d'Italie, des Pays Bas, de la République Tchèque, de Russie, de Serbie et du Monténégro ont suivi le déroulement des élections.
Les réactions des observateurs concernant l’organisation et le déroulement des élections législatives ont été plus que positives. Ainsi, le communiqué des observateurs, souligne que « les autorités du Haut-Karabagh ont tout fait pour que les élections se déroulent dans des conditions libres, équitables et conformes aux normes démocratiques ».
Le chef de la délégation des observateurs américains a remarqué, pour sa part, que « le Haut-Karabagh était un petit Etat avec un grand avenir démocratique ».
Le 30 juin dernier a eu lieu la première séance de l’Assemblée nationale récemment élue. Ashot Ghoulian, l’ex ministre de l’Education du Haut-Karabagh a été élu président du Parlement. Six Commissions ont été formées au sein de l’Assemblée nationale s’occupant respectivement : des relations internationales (présidée par V. Atanessian), des questions de production et des infrastructures de production (présidée par B. Bakhshiyan), des problèmes sociaux (présidée par A. Avanessian), des questions juridiques (présidée par Y. Hayrapetian), des questions financières, économiques et du budget (présidée par A. Haroutyunian) et des questions de défense et de la sécurité (présidée par R. Martirossian).
Optimisme dans le processus de règlement du conflit
L'année 2005 se caractérise par des appréciations optimistes des perspectives du règlement du conflit du Karabagh, à l'inverse des trois années précédentes. La dernière fois que les protagonistes et les médiateurs du différend arméno-azerbaidjanais ont manifesté un semblable optimisme, c’était il y a 4 ans, après les rencontres des présidents arménien et azerbaidjanais d'abord à Paris (France) et ensuite à Key West (Etats-Unis). Il convient de rappeler qu'en 2001 R. Kotcharian et H. Aliev s'étaient, vraisemblablement, mis d'accord pour la signature d'un accord. Ces rencontres, cependant, n'ont pas eu de suite car, d'après plusieurs sources d'information, le président azéri, déjà malade, avait renoncé aux principes de Key West, cédant ainsi aux pressions de son entourage.
Janvier 2005. Plusieurs rencontres entre les ministres arménien et azerbaidjanais des Affaires étrangères ont eu lieu depuis le début de 2005. Après leur première entrevue tenue au mois de janvier à Prague (Tchéquie) les deux diplomates ont été très laconiques en affirmant seulement que des "décisions réussies" étaient prises pour la poursuite du dialogue. Mais déjà en janvier, les dires du ministre arménien Vardan Oskanian montraient que le processus de paix était entré dans une phase de concrétisation. «Actuellement lors des pourparlers nous examinons des questions et des détails précis» déclarait le chef de la diplomatie arménienne le 13 janvier dernier. L'optimisme pour le processus de règlement était présent dans les affirmations du président en exercice de l'OCSE, le ministre slovène des Affaires étrangères, Dimitrij Rupel, qui remarquait en janvier dernier que «les rencontres des ministres arménien et azerbaidjanais avaient ressuscité le processus de règlement». Par ailleurs, le 14 janvier dernier le ministère russe des Affaires étrangères a communiqué une information qui confirmait les dires du ministre slovène. «Un certain avancement et rapprochement dans les positions de Bakou et de Erévan ont été enregistrés. Tous les aspects du conflit sont examinés par les représentants des parties en conflit, tels le retrait des forces, la démilitarisation des territoires, les garanties internationales, le statut du Haut-Karabagh et autres sujets» indique le communiqué russe.
Février-mars 2005. Du 31 janvier au 6 février, l'OSCE (organisation chargée d'aider les parties en conflit à trouver une solution pacifique) a mené une mission d'inspection dans les 7 régions avoisinantes la République du Haut-Karabagh et qui se trouvent sous le contrôle des forces armées de Stépanakert. Dans le rapport de la mission d'inspection présenté à la mi-mai aux parties, est constaté qu'à l'inverse des affirmations azerbaidjanaises concernant l'existence d'un programme gouvernemental de repeuplement des régions mentionnées «le repeuplement y est très limité». «Il n'y a, à l’évidence pas de projet de repeuplement organisé et la Mission n'a constaté aucune preuve d'ingérence des autorités arméniennes sur ces territoires» a souligné le rapport. Le Groupe d'inspection a également noté que la plupart des habitants des régions visitées sont des réfugiés arméniens qui ont été chassés de leurs habitations durant la guerre du Karabagh. Par ailleurs, la Mission a constaté que la mise en place des infrastructures indispensables à la vie de ces populations s'effectuait à l'aide de la Diaspora arménienne.
Avril 2005. La deuxième rencontre des ministres arménien et azerbaidjanais des Affaires étrangères a eu lieu à Londres (Royaume Uni) le 15 avril dernier. Les négociations de Londres (comme d’ailleurs, toutes les rencontres ministérielles suivantes) se sont tenues par médiateurs interposés. Dans une des rares déclarations concernant les résultats de cette entrevue, les trois coprésidents du Groupe de Minsk ont mentionné «la possibilité d'avancer d'un pas vers un accord». Le ministre azéri des Affaires étrangères Elmar Mamedyarov a, à son tour, exprimé un certain optimisme en déclarant que cette phase de négociations pouvait éventuellement donner des résultats. «Il y a du mouvement dans le processus. Nous espérons que ce mouvement continuera avec consistance» a t-il dit.
Mai 2005. Bien entendu, l'évènement le plus marquant du processus de règlement du conflit depuis janvier 2005 a été la rencontre des présidents arménien et azerbaidjanais le 15 mai dernier à Varsovie (Pologne). En commentant les résultats de la rencontre des chefs d'Etat, Elmar Mamedyarov a déclaré à l'agence de presse azerbaidjanaise "Trend" que «l'Arménie était prête à restituer toutes les régions avoisinant le Karabagh». «En contrepartie, l'Arménie souhaite voir le statut du Haut-Karabagh défini" a remarqué le diplomate. Les affirmations du ministre azerbaidjanais ont été aussitôt démenti par le porte parole du ministère des Affaires étrangères arménien qui, d'après ces dires, «ne relatent pas la réalité des choses». Commentant les dires du chef de la diplomatie azerbaidjanaise, le coprésident russe s'est interrogé : «Que veut dire l'Arménie est prête? Il s'agit du retrait des forces armées. Ce principe n'a jamais été mis en doute par la partie arménienne. Mais il n'y a pas encore d'accord sur les conditions de ce retrait» a noté le diplomate russe. Vardan Oskanian, à son tour, a parlé de 4 éléments examinés lors des négociations: le statut du Haut-Karabagh, le retour des réfugiés, la question des territoires et les garanties de sécurité.
Lors de la rencontre de Varsovie, les deux chefs d'Etat ont approuvé une nouvelle série de discussions entre leurs ministres des Affaires étrangères.
Juin 2005. La troisième entrevue depuis le début 2005 entre Vardan Oskanian et Elmar Mamedyarov s’est déroulée à Paris (France) le 17 juin dernier. Les parties arménienne, azerbaidjanaise, comme les coprésidents du Groupe de Minsk ont qualifié cette rencontre, «constructive» et «très positive». Lors de cette étape de négociations l’Azerbaïdjan a pris l’initiative de proposer d’exploiter avec l’Arménie l’autoroute Agdam-Stépanakert-Chouchi-Latchine-Goris-Sissian-Nakhitchévan. Le chef de la diplomatie arménienne a noté seulement, sans rentrer dans les détails qu’«un ensemble de questions ont été examinées qui vont du statut politique du Karabagh jusqu’aux garanties de sécurité».
La prochaine rencontre des ministres avec les coprésidents est programmé au mois de juillet lors de la visite du Groupe de Minsk dans la région. Quant au tête-à-tête Aliev-Kotcharian, il aura lieu au mois d’août prochain en Russie.
A partir de
1994 les Arméniens du Karabagh ont pu, avec l’aide de l’Arménie et de la
Diaspora, prendre leur destin en main faisant suite à des décennies de
domination et de contraintes imposées par le gouvernement de Bakou.
La première étape à franchir était le désenclavement de la région : les
collectes de fonds organisées dans des communautés de la diaspora et en
particulier dans le cadre du Fonds arménien « Hayasran » ont permis de financer
et d’achever « La Route de la Vie » en 1999 reliant ainsi Stépanakert, la
capitale du Karabagh, à la ville de Goris en Arménie.
Les déplacements à l’intérieur du Karabagh étant sujets à de grandes
difficultés, la réalisation de « la Route Dorsale » était devenue prioritaire.
En 5 ans grâce aux Phonéthons et Téléthons mobilisant des milliers de donateurs
de la Diaspora mais aussi d’Arménie et du Karabagh, la route dorsale Nord-Sud
est maintenant quasi entièrement financée et sera achevée fin 2006.
Après avoir concerté avec le Gouvernement de la République d’Artsakh, le Fonds
arménien «Hayastan» commencera dès l’année 2005 une nouvelle étape de la
reconstruction du Haut-Karabagh. Le projet de développement 2005-2008 consiste à
poursuivre le développement du Karabagh par l’aménagement d’infrastructures
locales permettant d’une part d’améliorer la vie des habitants des villes et des
villages et d’autre part, de favoriser les investissements induits pour le
développement économique de l’Artsakh.
Ce projet ambitieux est envisagé sur trois ans avec un découpage en trois zones afin de structurer au mieux ce programme:
1.Les
financements récoltés au cours de l’hiver 2005 seraient consacrés au
développement de la Région Nord : la région de Mardakert.
2.Les collectes de 2006 seraient consacrées au développement des Régions Sud :
les régions de Mardouni et Hadrout.
3.Les collectes de 2007 seraient consacrées au développement des régions Centre.
Ainsi, dès l’année en cours le Fonds arménien
commencera à déployer des efforts en vue de reconstruire les infrastructures
prioritaires de la région de Mardakert au Nord du Karabagh. Le choix de cette
région en 2005 est dû à plusieurs faits. D’abord, Mardakert est la région la
plus touchée au Karabagh. Durant la guerre 1991-1994, cette région a été, à
maintes reprises, cédée à l’ennemie et, ensuite, libérée par les forces armées
du Karabagh. Malheureusement, les multiples combats déroulés sur le territoire
de la région et les bombardements durant les opérations militaires ont été la
cause d’importantes destructions qu’a connues Mardakert.
Ensuite, étant la région la plus développée avant la guerre, Mardakert dispose
d’un climat favorisant le développement agricole. La région, elle seule,
concentrait plus de 45% de l’économie du Karabagh avant 1988. Par ailleurs,
Mardakert dispose avec le lac de Sarsang et son barrage hydro-éléctrique d’un
potentiel énergétique et d’irrigation des terres agricoles important.
Enfin, avec 1.100 monuments culturels sur 2.700 dans tout le Karabagh, cette
région représente un potentiel de développement touristique.
Pour la réalisation du projet de reconstruction de la région de Mardakert, un budget de 12 millions de dollars a été avalisé par la conférence des gouverneurs du Fonds. Chaque branche de l’Organisation, y compris ceux d’Arménie et du Karabagh s’est engagée à récolter de l’argent pour pouvoir financer la première phase de cet ambitieux projet. La « part » de la France pour l’année 2005-2006 est 1,2 millions de dollars qui seront, nous l’espérons, récoltés lors du Phonéton de novembre prochain. Les sommes récoltées serviront à réaliser les infrastructures lourdes permettant un réel développement, à améliorer le niveau de vie de la population et à encourager le développement économique régional en octroyant aux agriculteurs des micro-crédits sans intérêts.
Réaliser des infrastructures
Cette partie
du projet comprend, notamment, la finalisation de la Route dorsale, la
réalisation des routes de rattachement, des projets d’adduction d’eau potable et
un projet de réhabilitation des systèmes d’irrigation.
La finalisation de la route Dorsale (construction d’une tronçon de 15 km reliant
le village de Drmbon à la ville de Mardakert) favorisera le désenclavement de
toute la région du Nord du Karabagh facilitant sa liaison terrestre avec
l’Arménie, via la région de Vardenis.
La réalisation des routes de rattachement entre les différentes localités de la
région va avoir un impact à la fois sur le développement économique mais aussi
sur la vie des habitants de Mardakert. La Route Dorsale réalisée, le déplacement
des biens (en particulier agricoles vers Stépanakert) et des personnes est
aujourd’hui facilité. Mais l’objectif sera définitivement atteint lorsque les
déplacements des localités isolées vers la Route Dorsale seront plus
praticables. En effet, le mauvais état actuel des petites routes réduit la
rentabilité des productions vendues (les produits agricoles se détériorent sur
le trajet vers les grands marchés). Ce projet aura aussi une incidence sur la
sécurité et le confort de la population : intervention incendie, santé,
déplacement et transport des personnes.
La mise en place du projet d’adduction d’eau potable servira à alimenter
régulièrement en eau potable la ville de Mardakert et six villages environnants,
soit plus de 6000 habitants.
Quant au projet de réhabilitation des systèmes d’irrigation, sa mise en oeuvre
permettra d’irriguer 8000 hectares de terres, de fournir du travail à 1500
personnes et de faire redémarrer les secteurs de la culture du raisin, du blé,
des plantations d’arbres fruitiers et de la culture des légumes dans l’ensemble
de la région de Mardakert.
Améliorer les conditions de vie de la population
L’amélioration des conditions de vie et la réhabilitation des infrastructures
sociales indispensables font également parties de ce projet. Il est prévu
d’apporter une aide directe aux populations locales en construisant, notamment
des écoles, des hôpitaux et en rénovant les maisons les plus endommagées.
Trois constructions d’écoles secondaires dans la région de Haterk, équipées
d’une salle de sport, d’une bibliothèque et d’une salle d’informatique et la
rénovation des maternelles sont prévues.
Dans le domaine de la santé, les trois hôpitaux existants dans la ville de
Mardakert (55 chambres) et dans les localités de Haterk et de Vank vont être
rénovés. Compte tenu de l’organisation territoriale de la région de Mardakert
une réflexion est engagée sur la pertinence de la programmation d’un équipement
de santé structurant dans la zone de Madaghis.
Enfin, pour améliorer les conditions de vie des habitants de la région une aide
substantielle sera apportée pour la rénovation des maisons endommagées des
soldats décédés, (200 familles + 100 jeunes gens) ainsi que des crédits seront
octroyés pour l’amélioration de l’habitat touchant 700 familles.
Encourager le développement économique
Afin d’aller
au delà d’une simple exploitation qui ne serait que familiale, le projet a pour
but d’octroyer des micro-crédits sans intérêts pour le développement des fermes
agricoles (500 fermes concernées) et de promouvoir la création de moyennes et
grosses sociétés coopératives pour les productions végétales et animales (300
fermes concernées).
Un taux d’intérêt bas (1-2%) sera défini pour les prêts pour la couverture des
charges.
La première phase du projet sera achevée sur une période de 3-4 ans.
Les remboursements des prêts seront octroyés à d’autres entreprises assurant
ainsi une rotation continue.
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Depuis 1994, plus de 23 000 immigrants sont venus s’installer au
Haut-Karabagh. Grâce à cela, plus de 150 villages ont été reconstruits.
Les motivations des immigrés sont variables. Certains s’installent en Artsakh
(notamment les réfugiés de la guerre du Karabagh) pour bénéficier des
subventions gouvernementales et de l’aide des organisations et bienfaiteurs de
la Diaspora arménienne. D’autres le font par patriotisme ou par d’autres
convictions.
Michel Tancrez et Armen Rakedjian, deux Français installés en Artsakh récemment,
témoignent de leur quotidien et partagent avec nous leurs ressentis.
Depuis bientôt un an, nous vivons notre fille de neuf ans, mon
épouse et moi, à Stépanakert. Pour mon épouse le choix de vivre au Karabagh a
été avant tout d’élever notre fille dans la tradition et la foi arméniennes que
lui ont inculquées ses grands-parents ; ma démarche était plus politique,
j’essaye de montrer que l’on peut vivre dans un pays qui met tout en œuvre pour
se doter de structures similaires à un pays européen.
Dans la continuité du travail effectué en France pour le Fonds arménien, sa
directrice exécutive m’a demandé d’être son représentant pour l’Artsakh. C’est
avec joie que j’ai accepté et j’espère apporter dans ce travail un peu de valeur
ajoutée.
Le bénévolat, je suis tombé dedans quand j’étais petit sur les traces de mon
grand-père. Une bonne partie de ma vie a été consacrée au sport. Je pense que ce
virus va bientôt me faire rechuter, car même si le sport n’est pas la priorité
majeure de ce pays, l’éducation des jeunes doit passer par le sport. Et dans ce
domaine, il y a tant à faire pour que les jeunes puissent goûter et partager
avec leurs amis les joies de la pratique sportive et de la compétition.
Mon épouse et notre fille se sont bien intégrées, pour l’une, à l’école et pour
l’autre, à la vie locale, la proximité de l’église par rapport à notre domicile
étant un plus.
Le déroulement démocratique des dernières élections m’a conforté dans notre
choix. J’ai même été impressionné par le matériel mis à disposition des
observateurs : accès à Internet, lignes téléphoniques internationales,
télécopie, télévision, site dédié aux élections ; bien des pays devraient s’en
inspirer.
Même si la langue et la façon de penser ou de voir les choses sont quelquefois
pour moi un obstacle, sachez-le, il fait bon vivre en Artsakh et le pays a
besoin de vous et de votre investissement tant pécuniaire que personnel.
Michel TANKREZ
Je suis Arménien de France et en 2004, j’ai décidé
de m’installer dans la ville de Shoushi, dans la République du Haut-Karabakh. Ma
première motivation était de vivre au Karabakh, le travail étant un élément
accessoire. C’est ainsi que je me suis orienté vers la ville de Shoushi, dont je
rêvais depuis la France. Sur place, j’ai rencontré le préfet de région, M.
Kassian, à qui j’ai exprimé mon souhait de vivre dans la dernière
ville-forteresse d’Arménie. Il m’a proposé de recevoir une ruine d’appartement
que je me suis engagé à rénover pour y habiter.
Après cela, je me suis préoccupé de me créer du travail, la seule façon de
pérenniser mon installation. Possédant un ordinateur, j’ai commencé à proposer
des services informatiques en janvier 2005 (photocopie, scanner, impression de
documents, photographie et travaux photos par ordinateur…). En mars, j’ai ouvert
une agence immobilière en coopération avec l’agence « Horizon » de Stépanakert
ainsi qu’un magasin de souvenirs en avril (le premier de la ville). En juin,
j’ai commencé à travailler dans la rénovation d’appartements et en particulier
de ruines pour les non-résidents qui souhaitent allier l’utile à l’agréable en
participant à la reconstruction de la ville de Shoushi tout en obtenant un pied
à terre dans un haut lieu de la culture arménienne.
Ce qui me plait à Shoushi, c’est avant tout le plaisir de vivre dans un
environnement arménien. Ensuite, c’est de voir comment l’action du militant que
je suis se trouve décuplée par ma présence directe sur place.
Aujourd’hui (et c’est ma réussite la plus importante), grâce à mon entreprise
j’ai pu créer 9 emplois au sein de la population locale.
Shoushi est une ville magnifique qui change au jour le jour tant la
reconstruction y est active, noyée dans une nature d’une richesse rare, et,
cerise sur le gâteau, avec une vue sur tout le Karabakh, de Stépanakert à la
chaîne de montagne du Mrav au nord.
Armen RAKEDJIAN
L'olk veut la "tête" de Kotcharian:
L’idée de la création d’un fonds, afin de
récolter de l'argent pour « avoir la tête » du président arménien Robert
Kotcharian est toujours d’actualité. Cette déclaration a été faite par Akitf
Nagui, président de l’Organisation azerbaidjanaise de la Libération du Karabagh
(OLK) dans son interview accordée au journal azéri Ekho. « Cette idée est née
en 2004, mais je n’ai pas encore eu de réaction de la part des hommes d’affaires
azerbaidjanais pour remplir les caisses du fonds » regrette le chef de
l’Organisation.
Pour Aktif Nagui la somme récoltée reste symbolique. « L’essentiel, c'est que le
travail soit fait » dit-il.
un précédent pour la reconnaissance du Haut-Karabagh?
Le célèbre centre américain des études politiques
Christian Science Monitor a publié un rapport qui affirme que la reconnaissance
des régions indépendantistes de l'ex-URSS pourrait être faite dans un avenir
proche.
Tout a commencé par la déclaration de l’adjoint au Secrétaire d’Etat américain
concernant le plan proposé par les Etats-Unis sur la définition du statut
politique de la région du Kosovo durant l’année en cours. Rappelons que le
Kosovo fait encore partie de la Serbie et du Monténégro, sur le plan du droit
international. Actuellement, la région est administrée par les Nations Unies et
la sécurité est garantie par un contingent de 18 000 hommes sous le commandement
de l’OTAN.
Les autorités serbes ont salué l’initiative américaine qui n’exclue pas la
proclamation de l’indépendance de cette région litigieuse.
« Mais comment convaincre la Serbie de renoncer au Kosovo » s’interroge le
Christian Science Monitor. Pour le centre, « il faudrait d’abord garantir à la
Serbie une éventuelle intégration de Belgrade à l’ensemble des Etats
démocratiques. Ensuite, la Serbie bénéficierait de garanties pour la sécurité de
la minorité serbe vivant au Kosovo ».
Une fois le précédent créé « les conflits et les revendications indépendantistes
en Moldavie, en Géorgie et en Azerbaïdjan pourraient s'inspirer de cette
proposition » conclut le centre.