BIMESTRIEL OFFICIEL DE LA REPRÉSENTATION DE LA RHK EN FRANCE

SEPTEMBRE 2004 / N° 30-31

 

 

ARTICLES


 

Personne ne peut nous priver de notre Indépendance 

Le 2 septembre dernier, la République du Haut-Karabagh fêtait le 13e anniversaire de son indépendance. À cette occasion, des festivités furent organisées à Stépanakert et dans les régions du Haut-Karabagh. Dans tous les établissements scolaires du pays, le premier cours de la rentrée était consacré au Jour de la proclamation d’indépendance. Des personnalités, des élus, des membres du Gouvernement et des militaires y prenaient part afin de témoigner auprès de la jeune génération du déroulement des événements du 2 septembre 1991. Un défilé militaire, des spectacles et des concerts ont accompagné toute la Journée de l’Indépendance.

Dans son discours traditionnel du 2 septembre, le président de la République, Arkady Ghoukassian a félicité tout le peuple arménien. Le chef de l’État a d’abord rendu hommage au courage du peuple d’Artsakh en évoquant les difficiles années de privations qui ont succédé à la proclamation d’indépendance. « C’est notamment grâce aux efforts inouïs du peuple d’Artsakh pour défendre la jeune République du Karabagh des agressions extérieures, surmonter les lourdes conséquences d’une guerre destructrice, reconstruire l’économie et la culture du pays et réduire ses problèmes sociaux que nous avons pu renforcer l’indépendance du Karabagh », a noté Arkady Ghoukassian.

Parlant des acquis de la République ces treize dernières années, le Président a notamment souligné l’importance des réformes effectuées dans les domaines économique, politique et judiciaire.

Le chef de l’État s’est réjoui du nombre croissant des amis du Karabagh dans le monde entier. Soulignant le rôle important de la Diaspora arménienne dans la reconstruction de l’Artsakh, le Président s’est dit certain que ce rôle pouvait également peser lourd dans le processus de reconnaissance internationale de la République du Haut-Karabagh.

Arkady Ghoukassian a promis de ne pas ménager ses efforts pour remettre sur pied tout le potentiel économique du Karabagh. « Les autorités du Karabagh continueront à œuvrer pleinement à la création de nouveaux emplois et à l’augmentation des contributions en faveur des familles en difficulté. Cela nous permettra de réduire la fracture sociale dans notre société » a-t-il indiqué.

S’exprimant sur la question de la sécurité du Karabagh, M. Ghoukassian a confirmé le souhait de son pays de régler le conflit avec l’Azerbaïdjan de manière « exclusivement pacifique ». « Nous avons besoin d’une paix définitive pour parvenir à réaliser tous nos projets socio-économiques. C’est pour cette raison que les autorités du pays continueront à être attentives et vigilantes quant au renforcement de l’armée de Défense du Karabagh. Les exercices militaires du mois d’août dernier ont montré à toutes les forces favorables à la reprise de la guerre l’entière capacité de notre armée à assurer la sécurité de la population du Karabagh. En même temps, je voudrais profiter de l’occasion pour affirmer une fois de plus le souhait de la République du Haut-Karabagh que soit réglé pacifiquement le conflit avec l’Azerbaïdjan. Je suis certain que si les autorités azerbaïdjanaises font preuve de bonne volonté et ont le désir sincère de résoudre le conflit selon des conditions acceptables par les deux parties, les efforts des coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE peuvent donner les résultats escomptés. Mais je voudrais vous assurer aussi que personne ne peut nous priver de notre indépendance qui nous est si chère ».

 

 

 

 

Tractations diplomatiques pour la participation du Haut-Karabagh aux négociations

Les trois coprésidents du Groupe de Minsk de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, chargés d’aider les parties au conflit du Karabagh à parvenir à un règlement, se sont rendus à Erevan, Stépanakert et Bakou respectivement les 13, 14 et 16 juillet derniers. Déjà au début du mois de juillet, le ministre arménien des Affaires étrangères Vardan Oskanian avait déclaré que les coprésidents n’allaient pas présenter de nouvelles propositions de règlement du conflit lors de leur prochaine visite. « Les négociations entre les présidents arménien et azerbaïdjanais, ainsi que leurs ministres des Affaires étrangères, ne sont pas encore arrivées à un stade tel que les médiateurs puissent formuler des propositions sur le papier, » a dit le chef de la diplomatie arménienne.

Étant largement taxés, notamment par l’Azerbaïdjan, de partialité et d’inactivité, les coprésidents ont évoqué à maintes reprises le rôle du  Groupe de Minsk dans le processus de règlement du conflit. Ainsi, le coprésident russe, Youri Merzliakov a remarqué que « l’espoir d’un règlement du conflit ne devrait pas reposer tout entier sur les coprésidents. Nous avons déjà présenté pratiquement toutes les propositions possibles de règlement du conflit, qu’on peut d’ailleurs compter sur les doigts de la main. La solution du conflit doit être trouvée par les parties elles-mêmes », a souligné le représentant de la diplomatie russe.

Le coprésident français, Henri Jacolin s’est dit en désaccord avec les accusations d’inactivité des médiateurs. « Je conseillerais à ceux qui font de pareilles déclarations de répondre à la question de savoir qui, en réalité, a épuisé ses possibilités - le Groupe de Minsk ou l’Arménie et l’Azerbaïdjan ? » a déclaré le diplomate français.

Steven Mann, le coprésident américain, pense que « la solution du conflit dépend essentiellement de la volonté des parties. Personne, pas même les médiateurs, ne peut proposer de plan de règlement miracle du conflit » a déclaré M. Mann.

Les coprésidents étaient également unanimement favorables à une solution immédiate au conflit du Karabagh. D’après le coprésident russe, « il ne faut pas perdre de temps, mais au contraire essayer de résoudre ce conflit précisément en ce moment. » Le coprésident français, quant à lui, pense que « le temps, dans le processus de paix, est un facteur qui rend difficile toute solution au conflit. Il est erroné de penser que le temps joue en faveur de telle ou telle partie en conflit. En particulier, les Azerbaïdjanais estiment qu’en s’enrichissant grâce aux ressources pétrolières, ils pourront plus tard reprendre les territoires perdus. Cette situation de ni guerre ni paix ne sert les intérêts de personne » a déclaré Henri Jacolin.

Interrogé sur l’éventuelle participation du Haut-Karabagh aux négociations, le médiateur américain a répondu que « la décision devra être prise par l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Non seulement le Groupe de Minsk prend en compte les positions des parties en conflit, mais de plus il s’en inspire. Nous essayons de trouver une solution qui serait acceptable par toutes les parties, mais aussi, et c’est le plus important, qui assurerait la stabilité dans la région », a noté le diplomate américain.

Youri Merzliakov, un peu plus engagé dans ses propos, a souligné que tous ceux qui ont signé le cessez-le-feu il y a 10 ans prendront part aux négociations. « L’accord de cessez-le-feu porte également la signature du représentant du Haut-Karabagh ; par conséquent il prendra part aux négociations comme partie à part entière ».

 

 

 

 

L’Arménie se positionne clairement dans le processus de paix 

Depuis plus de deux ans déjà, les négociations en vue d’un règlement pacifique du conflit du Karabagh n’avancent guère. Les rencontres directes entre les présidents arménien et azerbaïdjanais, entre leurs ministres des Affaires étrangères ou encore leurs représentants spéciaux pour le règlement du conflit n’ont pas non plus donné les résultats escomptés.

Au contraire, depuis la fin de l’année 2003 on observe une certaine radicalisation des positions tant azerbaïdjanaises qu’arméniennes. En effet, même si les négociations se poursuivent dans le cadre du Groupe de Minsk, la tension n’a pas cessé d’augmenter de part et d’autre et s’accompagne de déclarations intransigeantes (cf. « Le processus de négociations dans l’impasse » - Tribune du Karabagh n° 29).

Le 23 juin dernier, le président arménien Robert Kotcharian a évoqué le règlement du conflit du Karabagh dans son discours devant Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE). Le chef d’État arménien a profité de l’occasion pour préciser la position de la République d’Arménie sur le règlement du conflit. En particulier, il a exposé « deux facteurs importants » qui caractérisent ce conflit. « D’abord le Karabagh n’a jamais fait partie de l’Azerbaïdjan. La chute de l’Union soviétique a engendré la constitution de deux États indépendants, l’Azerbaïdjan et le Haut-Karabagh, sur le territoire de l’ex République soviétique d’Azerbaïdjan. Les bases juridiques de la formation de ces deux États sont identiques. Par conséquent, l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan n’a rien à voir avec la République du Haut-Karabagh » a souligné R. Kotcharian.

« Ensuite, le statu quo actuel est la conséquence directe de l’agression azerbaïdjanaise contre la population du Haut-Karabagh. Il est aussi le résultat du combat acharné des Karabaghtsis pour défendre leur droit de vivre librement sur leurs propres terres. La République du Haut-Karabagh est un État pleinement constitué qui remplit tous les critères d’adhésion au Conseil de l’Europe. C’est pour cette raison que nous insistons sur la participation du Karabagh aux négociations en vue du règlement du conflit. L’Arménie est prête à consolider le cessez-le-feu. Elle est prête à un règlement global du conflit », a ajouté le président arménien.

 

 

 

 

www.haut-karabagh.com 

www.haut-karabagh.com Voilà l'adresse ou l'internaute francophone pourra, à partir du 15 septembre 2004, visiter le nouveau site web de la Représentation de la République du Haut-Karabagh. Ce site officiel contient à la fois des informations générales précieuses sur la République du Haut-Karabagh, son histoire, sa géographie, sa population et sa culture, et des renseignements plus pointus sur l'économie, les institutions, le tourisme ou encore les besoins humanitaires de l'Artsakh. Le conflit du Karabagh, la guerre avec l'Azerbaïdjan, le processus de règlement du conflit ont aussi eu leur place sur les pages du site.

Source riche destinée au visiteur francophone, le site n’est pas seulement la destination de tous ceux qui s'intéressent à l'Artsakh de manière générale, mais il peut également constituer un « terrain de fouilles » pour tout chercheur ou étudiant qui prépare un travail sur le « Pays des Centenaires ».

Rendez-vous au www.haut-karabagh.com !

 

 

 

 

Journées du Karabagh en France : Issy-Lyon-Valence-Marseille-Nice

La confrontation armée entre l’Azerbaïdjan et le Haut-Karabagh commencée en 1991 s’est conclue par la signature d’un cessez-le-feu le 12 mai 1994. Les efforts déployés par les médiateurs internationaux, et notamment par la Russie, avaient enfin porté leurs fruits. Mais c’est d’abord l’avancée importante des forces armées arméniennes sur la ligne de front et les défaites militaires azéries décisives qui mirent l’Azerbaïdjan dans l’obligation de signer avec les représentants de l’Arménie et du Haut-Karabagh le Protocole de Bichkek. Le document signé appelait au désengagement des troupes karabaghtsies et azerbaïdjanaises, à l'établissement d'une zone tampon entre les frontières des deux entités et au déploiement de forces de maintien de la paix.

Au mois de juin dernier, à l’occasion du 10e anniversaire de l’établissement du cessez-le-feu, la Représentation du Haut-Karabagh en France avait organisé une série de manifestations afin de célébrer cette date importante.

Les municipalités d’Issy-les-Moulineaux, de Lyon et du 14e arrondissement de Marseille, ainsi que les Conseils de coordination des organisations arméniennes d’Île-de-France, de Rhône-Alpes, le Conseil communautaire de Drôme-Ardèche, celui de la Côte d’Azur et la FRA Dachnaktsoutioun de Marseille ont largement contribué à l’organisation et au déroulement de ces manifestations.

Le coup d’envoi des « Journées du Karabagh » a été donné le 4 juin à Issy-les-Moulineaux et les manifestations se sont poursuivies à Lyon, à Valence, à Marseille et enfin à Nice.

Les invités présents ont pu s’émerveiller devant de remarquables photos signées Hawk Khatcherian, qui présentaient la nature splendide de l’Artsakh, son architecture raffinée, à travers ses églises et ses monastères, mais aussi ses habitants. Les interventions et les témoignages des conférenciers sur le bilan économique, la situation politique et les réalisations humanitaires des dix dernières années ont permis aux participants de mieux connaître l’Artsakh sous les angles les plus divers. 20 chanteurs et danseurs étaient venus spécialement du Karabagh pour présenter les aspects traditionnels, mais aussi modernes de la culture du Karabagh.

Bref, des festivités qui étaient organisées pour célébrer la paix, mais aussi pour rendre hommage à tous ceux qui se sont sacrifiés pour la conquérir.

 

 

 

 

Exercices militaires de grande ampleur au Haut-Karabagh  

Du 3 au 12 août derniers, l’armée de défense du Haut-Karabagh s’est livrée à des exercices militaires de grande ampleur dans la République. «Nous avons pour objectif d’évaluer les performances de l’armée du Haut-Karabagh en cas d’éventuelles opérations militaires et nous assurer du degré de préparation de nos forces armées dans des cas d’alerte maximum», a indiqué le ministre de la Défense Seyran Ohanian en évoquant le but de l’organisation des exercices.

Les exercices militaires, bien entendu, n’ont pas laissé indifférent l’Azerbaïdjan. Ainsi, le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères  a très sévèrement critiqué la tenue des exercices en estimant qu’elles mettaient en doute l’importance de la poursuite des négociations en vue du règlement du conflit du Karabagh.

Répondant aux critiques et aux accusations azerbaïdjanaises, le ministère des Affaires étrangères du Haut-Karabagh a déclaré que les forces armées karabaghtsies étaient les garantes de la sécurité de la République d’Artsakh et de sa population. « L’armée du Karabagh est un facteur de stabilité régionale, et par conséquent elle sera renforcée davantage afin d’éviter toute éventuelle reprise de la guerre » peut-on lire dans le communiqué du ministère.

De son côté, Serge Sarkissian, ministre arménien de la Défense, qui suivait les exercices, s’est dit convaincu que l’armée du Karabagh avait un bon niveau.

« L’objectif de la tenue de tels exercices est de défendre la paix et la stabilité tout en s’appuyant sur l’équilibre des forces régionales. Dans ce contexte, les bonnes performances des forces armées régionales sont une nécessité » a souligné le ministre arménien. 

 

 

 

 

Nouvelle collection de vignettes 

Qui ne croit pas aux miracles doit absolument se rendre au Karabagh, afin de découvrir un pays et un peuple qui ont résisté à des siècles d’invasions sans altérer son individualité. Comment ce joyau n’aurait-il pas été convoité par tous ? Il a reçu tous les dons du ciel. C’est la quintessence de ce pays qu’a choisi de montrer la Représentation du Haut-Karabagh, en éditant un livret, à l’occasion du 10ème anniversaire du cessez-le-feu. Son format permet de garder toujours avec soi une parcelle du Karabagh et de le faire découvrir en toutes occasions. Bilingue français/anglais, orné d’enluminures, il comporte des informations sur le pays, une carte permettant de le situer, et surtout de très belles photos. 12 d’entre elles sont en forme de vignettes, facilement détachables pour agrémenter la correspondance. De plus par leur acquisition le collectionneur ou simple curieux participera à l’action d’aide et de soutien au profit des jeunes talents musiciens du Haut Karabagh.

La nature, omniprésente au Karabagh, est mise à l’honneur dès la première page, faisant la part belle aux montagnes, couvertes d’un somptueux manteau de forêts aux teintes d’émeraude. Des reliefs adoucis et un climat moins porté aux extrêmes qu’en Arménie donnent au voyageur qui emprunte la route Goris-Stépanakert une vision du Paradis terrestre. Lacs, rivières, torrents, apportent fraîcheur et sérénité, évoquant un lieu de farniente où il fait bon vivre. 

Ce qui frappe peut-être plus encore, ce sont ces photos de Karabaghtsis. Au-delà de leur profonde beauté, on lit dans les regards une extraordinaire vivacité d’esprit, rien d’étonnant dans un pays qui plus encore que l’Arménie a élevé au rang d’Art la répartie, l’autodérision et l’humour acidulé voire caustique. Mais aussi de la détermination, trop souvent tragiquement illustrée : Les habitants sont enracinés à leur terre comme en témoigne la fière devise « Nous sommes nos montagnes » et ont toujours lutté pour maintenir intacte la flamme de la liberté en Artsakh. On pourrait les croire tristes, comme assombris par des combats acharnés pour sauvegarder leur indépendance, mais il n’en est rien. Tout chez les Karabaghtsis exprime une intense joie de vivre, de recevoir, de partager.

Comme partout en Arménie, ont été bâtis pour l’éternité monastères et églises, souvent nichés au plus haut des montagnes ou enchâssés dans l’écrin de verdure des vallées. Chouchi, la perle du Caucase, autrefois brillant lieu de culture, dont témoigne la splendeur des monuments ravagés par la folie des hommes, renaît aujourd’hui autour de sa cathédrale reconstruite dans sa blancheur immaculée. A Gandzassar, complexe monastique du XIII siècle, on se croit hors du temps.

Ces livrets, véritables invitations au voyage, émis par la Représentation afin de soutenir les jeunes musiciens les plus talentueux du Haut Karabagh sont en vente (7,5 euros le carnet)  auprès de l’Association de Soutien au Haut-Karabagh (34, avenue des Champs Elysées 75008 Paris) et de nombreuses associations arméniennes.

 

 

 

 

Dépêches :

Élections municipales: Le 8 et le 22 août derniers, quelque 87 000 électeurs étaient appelés aux urnes pour participer aux deux tours des élections municipales du Haut-Karabagh. Le candidat au poste de maire de Stépanakert, capitale du Haut-Karabagh, M. Édouard Aghabekian, a remporté le second tour des élections avec 55,3 % des suffrages contre 38,8 % pour le maire sortant, Pavel Nadjarian.
L’organisation des élections municipales du Haut-Karabagh a, une fois de plus, suscité le mécontentement des autorités azerbaïdjanaises. Ainsi, le ministre azéri des Affaires étrangères, Elmar Mammadyarov a condamné l’organisation de ces élections en déclarant que « l’Azerbaïdjan mène des négociations de paix, alors que la partie arménienne organise des élections municipales et des exercices militaires illégaux. Pour nous, cela met en doute l’importance de la poursuite des négociations. Ces actes pourraient créer de grandes difficultés lors des pourparlers. » « Si le groupe de Minsk de l’OSCE ne proteste pas contre ces élections, l’Azerbaïdjan va revoir sa position sur l’utilité des négociations de paix », a ajouté Elmar Mammadyarov. Le Conseil de l’Europe a, lui aussi, réagi à l’organisation d’élections en République du Haut-Karabagh. Le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Walter Schwimmer, a appelé les parties à s’abstenir d’organiser unilatéralement des « élections locales » au Haut-Karabagh. « Les actions unilatérales sont contre-productives. Le futur statut du Haut-Karabagh doit se décider par la négociation », a déclaré M. Schwimmer, confirmant que le Conseil de l’Europe soutenait pleinement les efforts déployés à cette fin par le groupe de Minsk de l’OSCE.
De son côté, le ministère des Affaires étrangères du Haut-Karabagh a jugé ces déclarations éloignées de la réalité. « Le Haut-Karabagh est indépendant depuis plus de dix ans. Ce n’est pas la première fois que M. Schwimmer fait de pareilles déclarations. Il est évident que seules les autorités élues légitimement sont capables de mener des négociations. Pour nous la logique de contre productivité des élections lors des négociations n’est pas claire », indique la déclaration du ministère des Affaires étrangères de la République.

 

UE - Caucase du Sud : Le représentant spécial de l’Union européenne pour le Caucase du Sud, Heikki Talvitie s’est rendu au Karabagh, en Arménie et en Azerbaïdjan au début du mois de juillet dernier. « Les visites fréquentes du représentant de l’UE dans la région témoignent de l’intérêt grandissant que l’Union porte au Caucase du Sud » a remarqué le président arménien Robert Kotcharian.
De son côté, Heikki Talvitie a déclaré que l’Union européenne était prête à commencer à mettre en œuvre des programmes de reconstruction post-conflictuelle en cas même de moindre avancée dans le processus de règlement du conflit du Karabagh.
À Bakou comme à Erevan, le représentant spécial a assuré que le rôle de son organisation était de soutenir les parties en conflit et pas de participer aux négociations en vue d’une solution au conflit. « Cette tâche relève uniquement des compétences du Groupe de Minsk de l’OSCE », a déclaré Heikki Talvitie.

 

CE - Azerbaïdjan : « La société azerbaïdjanaise est de plus en plus polarisée, avec pour conséquence un blocage politique. La fracture sociale se creuse, une infime minorité s'enrichissant démesurément, tandis que la vaste majorité vit d'expédients » a déclaré Andreas Gross suite à une mission d’information effectuée en Azerbaïdjan du 4 au 9 août dernier.
Les corapporteurs de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) pour l’Azerbaïdjan Andreas Gross et Andres Herkel, se sont focalisés, au cours de leur mission, sur les problèmes énumérés par l’APCE dans sa dernière résolution, datant de janvier 2004. Cette résolution concernait le fonctionnement des institutions démocratiques en Azerbaïdjan. Dans sa résolution, l’APCE notait en particulier que l’Azerbaïdjan entamait pour la première fois une transition politique, avec l’élection d’Ilham Aliyev comme Président en octobre 2003. « En sa qualité d’ancien président de la délégation azerbaïdjanaise auprès de l’Assemblée, M. Ilham Aliyev connaît bien les obligations qui découlent de l’adhésion de son pays au Conseil de l’Europe. L’Assemblée espère par conséquent qu’il mettra rapidement en chantier les réformes nécessaires en matière de démocratie pluraliste, d’État de droit et de respect des Droits de l’Homme », peut-on lire dans la résolution.

 

Coopération pakistano—azerbaïdjanaise : Une dépêche de l’Agence France Presse a évoqué le 8 juillet dernier la visite du président pakistanais Pervez Musharraf à Bakou, « qui devrait cimenter les relations croissantes entre les deux nations musulmanes ». « L'Azerbaïdjan est intéressé par la technologie militaire du Pakistan, alors qu'Islamabad s'intéresse aux ressources gazières et pétrolières de Bakou. Les diplomaties des deux pays se soutiennent mutuellement, notamment quand la question du Cachemire, qui oppose l'Inde au Pakistan, ou celle du Haut-Karabagh, qui oppose l'Azerbaïdjan à l'Arménie, sont évoquées lors de forums internationaux. Les deux pays ont signé l'an dernier un pacte militaire, dont on connaît peu les détails mais qui permet notamment aux officiers azerbaïdjanais de s'entraîner dans des académies militaires au Pakistan », rapporte l’AFP.

 

Économie : D’après les données communiquées par le département des statistiques du Haut-Karabagh, l’économie du pays continue à progresser. Ainsi, au premier semestre de l’année 2004, le produit intérieur brut (PIB) de la République a augmenté de 121,6 % par rapport à la même période de 2003. Les principaux secteurs qui sont à l’origine de cette croissance sont l’industrie, l’agriculture, la construction et le commerce extérieur. Par ailleurs, au cours de la même période, la production industrielle a augmenté de 15,5 % et la valeur de la production agricole, elle, a progressé de 52,2 %. Les budgets consacrés à la construction ont augmenté de 10,7 %. Le commerce extérieur a progressé de 139 %, la part des importations étant de 141,3 % et celle des exportations de 136,3 %.
Le salaire mensuel moyen a progressé de 17,8 %.