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ARTICLES
Le climat d’impunité actuel, qui a commencé avec le massacre des Arméniens de la ville azerbaïdjanaise de Soumgaït en 1988, connaît aujourd’hui une nouvelle expression avec l’assassinat d’un officier arménien en Hongrie », a déclaré le président arménien Robert Kotcharian le 29 février dernier, à l’occasion du 16e anniversaire des massacres de Soumgaït.
Ce jour coïncidait avec les funérailles d’un jeune militaire arménien assassiné par un collègue azéri à Budapest, où les deux officiers se trouvaient dans le cadre du « Partenariat pour la paix » de l’OTAN. Une importante manifestation fut organisée dans la capitale arménienne, tant pour protester contre le crime de l’officier azéri que pour commémorer les massacres de Soumgaït.
« Il n'y a pas d'autre terme pour qualifier ces pogroms anti-arméniens que celui de génocide organisé. Ces événements tragiques n'ont jamais bénéficié d'une évaluation politique, et ses organisateurs et principaux exécutants n'ont pas seulement échappé au châtiment, mais leurs noms demeurent inconnus du monde », a dit le président Kotcharian.
Les événements de Soumgaït furent précédés d'une vague de manifestations anti-arméniennes et de rassemblements à travers tout l'Azerbaïdjan en février 1988. Le massacre des Arméniens eut lieu en plein jour. Les crimes commis par les autorités azerbaïdjanaises atteignirent leur paroxysme entre les 27 et 29 février 1988. Les auteurs des pogroms firent irruption dans les appartements des Arméniens avec à la main la liste des habitants arméniens qu'ils avaient préparée. Ils étaient armés de barres de fer et de pierres. Des haches, des couteaux, des bouteilles et des bidons de combustible furent également employés. Des centaines de personnes innocentes furent blessées à divers degrés et devinrent invalides. Plus de 200 appartements furent saccagés, de nombreuses voitures détruites et brûlées, des dizaines d'ateliers, de magasins et de kiosques mis à sac. Les pogroms se soldèrent par des milliers de réfugiés.
Un rapport fait par le Centre des Droits de l'Homme de Moscou « Mémorial » évoquant les événements de Soumgait dénonçait: « Du 27 au 29 février 1988 ont eu lieu à Soumgaït, ville qui se trouve sur le territoire de l'Azerbaïdjan, près de Bakou, des pogroms anti-arméniens accompagnés de violence massive, de pillages et de massacres se traduisant par un flux de réfugiés en provenance de Soumgaït vers Stépanakert et l'Arménie. Aucune enquête sur les circonstances des pogroms pour les punir les coupables n’a été menée, ce qui s'est traduit par une escalade du conflit. »
Un témoin azerbaïdjanais, S. Gouliev, rapporte la réaction des autorités : « Près des fenêtres d'un commissariat un homme se faisait passer à tabac. La police a livré la ville à la destruction. La police n'était pas en ville. Je ne l'ai pas vue ».
L’académicien soviétique et prix Nobel de la Paix Andreï Sakharov, qui avait été choqué par les événements de Soumgaït, écrivit : « Aucune demi-mesure, aucun discours sur l'amitié entre les peuples ne peut calmer la population arménienne. Si quelqu'un en doutait encore avant Soumgaït, après cette tragédie plus personne n'a le droit moral d'insister sur le maintien du Karabagh sous juridiction territoriale de l'Azerbaïdjan. »
Le 6 février dernier, à la veille de la visite en Russie du président azerbaïdjanais Ilham Aliev, le coprésident russe Viatcheslav Troubnikov a accordé une interview aux journalistes azerbaïdjanais et russes. Le diplomate russe a déclaré qu’il fallait avoir des approches originales pour le règlement du conflit du Karabagh et il a cité en exemple le Timor oriental. « Comme vous le savez, le Timor oriental s’est battu longtemps pour son indépendance et l’a tout de même acquise. Je voudrais rappeler que cette indépendance est reconnue internationalement. Ce siècle est le siècle de la mondialisation, le siècle de nouvelles approches pour résoudre de nombreux problèmes qui paraissaient immuables il y a 100 ans. C’est pour cette raison qu’il faudrait étudier le conflit du Karabagh en se basant sur de nouveaux points de vue et non pas en nous enfermant dans nos habitudes », a dit le vice-ministre russe des Affaires étrangères.
Le 12 février dernier, le vice-ministre arménien des Affaires étrangères Tatoul Margarian a évoqué les propos du diplomate russe dans une interview accordée à l’agence De Facto. « La politique de la République d’Arménie sur la question du Karabagh est destinée à faire reconnaître le droit à l’autodétermination du peuple karabaghtsi. C’est le chemin le plus court pour arriver à une solution définitive et durable dans la région. Certes, le règlement du problème du Timor oriental sur la base du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est exemplaire, mais ce n’est pas le seul exemple dans le monde. Au cours de la seule décennie écoulée, les cas de l’Irlande du Nord, du Québec, du Soudan du Sud ou de la Serbie-Monténégro montrent bien que la communauté internationale applique de plus en plus ce droit, sous différentes formes, afin de régler définitivement les conflits. Les exemples cités montrent que dans le monde civilisé actuel, la reconnaissance du droit à l’autodétermination du peuple du Karabagh ne doit pas être considérée comme une perte de dignité pour l’Azerbaïdjan », a dit le vice-ministre arménien.
Le 23 février dernier, le rapporteur pour le Haut-Karabagh à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) Terry Davis a effectué une visite de travail au Haut-Karabagh. À cette occasion, le rapporteur a rencontré des réfugiés arméniens dans la ville de Chouchi. T. Davis a souligné l’importance pour lui de visiter le Karabagh afin d’y rencontrer les gens et de mieux comprendre leurs problèmes. « Les hommes sont plus importants que les territoires », a déclaré le rapporteur.
Le même jour T. Davis a été reçu par le président de la RHK Arkady Ghoukassian. Lors de cette rencontre, le président a souligné que malgré son statut de partie en conflit, le Haut-Karabagh n’est pas représenté auprès des instances européennes. Une situation qui prive son pays de la possibilité de défendre ses positions face à la propagande azerbaïdjanaise. « Nous devons avoir les mêmes droits et les mêmes possibilités que l’Azerbaïdjan pour défendre nos intérêts dans les structures internationales » a dit le président Ghoukassian.
T. Davis a noté que sa visite avait pour objectif d’étudier la situation actuelle et les actions entreprises par les parties en conflit en vue du règlement du problème du Karabagh.
« Le processus de négociations du conflit du Haut-Karabagh se trouve dans une impasse. Actuellement, la situation est telle qu’il n’y a même pas d’ordre du jour pour ces négociations », déclarait, le 27 février dernier, le coprésident russe du Groupe de Minsk de l’OSCE, Youri Merzliakov. Le pessimisme exprimé par le diplomate russe est certainement lié au durcissement de ton des parties en conflit. Ainsi, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a déclaré au début du mois de février dernier que « l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan n’est pas négociable. Elle ne peut faire l’objet de marchandages, de négociations et de discussions. » Par ailleurs, le ministre azéri des Affaires étrangères a annoncé le 12 février que « l’Azerbaïdjan avait tous les droits de reprendre les négociations à zéro » en renonçant aux accords antérieurs. « Certes, les présidents Heydar Aliev et Robert Kotcharian ont cherché à résoudre le conflit du Karabagh, mais personne ne sait sur quels points ils étaient parvenus à un accord, puisque ceux-ci n’ont pas été consignés par écrit. Par conséquent, le nouveau président Ilham Aliev peut reprendre les négociations à zéro », a-t-il dit.
Les propos des autorités azerbaïdjanaises ont naturellement suscité une vive réaction en Arménie, amenant le président Kotcharian à déclarer, le 13 février dernier, que « si l’Azerbaïdjan voulait reprendre les négociations à zéro, elle devrait pour cela s’adresser aux autorités du Haut-Karabagh, à condition toutefois que ces dernières y soient favorables ». Le président du Haut-Karabagh, Arkady Ghoukassian a répondu à son tour que la paix était indispensable non seulement pour son pays, mais également pour l’Azerbaïdjan et l’Arménie. « Plus vite nous commencerons à négocier sérieusement, plus tôt nous essayerons de nous comprendre, et mieux nos peuples vivront », a souligné le président Ghoukassian. Avis partagé par l’Ambassadeur des États-Unis en Arménie qui a critiqué l’approche des autorités azerbaïdjanaises, soulignant que le règlement du conflit répondait aux intérêts de toutes les parties.
Le 1er janvier dernier, la Loi sur les pensions versées par l’État est entrée en vigueur. Selon le ministre de la protection sociale de la RHK, Lenston Goulian, une étape décisive de la réforme des pensions a commencé. Aux termes de la nouvelle loi, le droit à la retraite est acquis par les citoyens qui ont atteint 63 ans et ont cotisé pendant au moins cinq ans. Pour les personnes n’ayant pas atteint ce nombre d’années de cotisation, la retraite est fixée à 65 ans. Pour les femmes, le calendrier suivant a été prévu : si elles peuvent prendre leur retraite à 59,5 ans en 2004, elles pourront partir à 60 ans en 2005, à 60,5 ans en 2006, etc.
M. Goulian précise également que la loi prévoit un ensemble de mesures relatives aux pensions versées en cas d’invalidité, en cas de perte du soutien de famille, et celles versées aux enfants orphelins de leurs deux parents ; un ensemble d’avantages est également prévu. Ainsi, la pension versée en cas de perte du soutien de famille bénéficie aux étudiants qui suivent un enseignement normal dans un établissement jusqu’à ce qu’ils aient atteint 23 ans. Les personnes qui en pareille occasion perçoivent également une pension en application de la Loi sur la protection sociale des militaires et des membres de leur famille ont le droit de toucher les deux pensions.
Cette année encore, nous faisons appel à vous. SCRIBE Paris est une association d'étudiants et de jeunes actifs qui donne des représentations pour financer des bourses d'études destinées à des universitaires arméniens. En 2002, elle présentait la pièce Une bête sur la lune de Richard Kalinoski, et en 2003 Lapin Lapin de Coline Serreau devant 300 personnes. Grâce à votre soutien, les fonds recueillis au cours de ces représentations nous ont permis de parrainer, pour les rentrées 2002-2003 et 2003-2004, au total 17 étudiants de l’Université de Stépanakert. Une bourse d'étude s'élève en moyenne à 300 euros, le coût de l'inscription à l'université s'élevant en moyenne à 250 euros par année et par étudiant. Certains de ces étudiants ont perdu leur père pendant la guerre. La majorité d'entre eux serait dans l'impossibilité de poursuivre des études supérieures sans l'apport d'une aide extérieure, la charge financière étant trop lourde à assumer pour leur famille.
Afin que ces
étudiants ne soient pas contraints d'abandonner leur formation universitaire,
SCRIBE Paris interprétera donc cette année la pièce L'HÔTEL DES DEUX MONDES,
d'Éric-Emmanuel SCHMITT :
le 26 mars à 20 h 30,
à l'Église réformée de Port Royal, 18 Bd Arago, 75013 Paris, Métro : Gobelins
et
le 28 mars à 16 h 30,
à la Maison Paroissiale de l'Annonciation : 27 r. de l'Annonciation, 75016
Paris, Métro : Passy et La Muette.
L'entrée est libre, venez nombreux !
...Aucun client ne
sait comment il est arrivé à l’Hôtel des Deux Mondes. Personne ne
sait quand il pourra en repartir, ni vers quelle destination.
Dans ce lieu étrange – entre la vie et la mort – tout est possible, même les
miracles. Les infirmes recouvrent l’usage de leurs membres et les menteurs
disent la vérité. L’énigmatique Docteur S. chargé d’accompagner leur séjour ne
fait que rendre plus pointues les questions de ses hôtes.
Un suspense métaphysique entre rêve et réalité, vie et mort, comédie et
tragédie, où Éric-Emmanuel SCHMITT pose la question du mystère comme raison même
d’espérer.
HRW rapporte sur les droits de l’homme en Azerbaidjan:
L’Azerbaïdjan « connaît sa plus grave crise depuis dix ans en matière de droits
de l’Homme. » C’est ainsi que l’organisation non gouvernementale « Human Rights
Watch » (HRW) qualifie la situation actuelle en Azerbaïdjan en matière de droits
de l’Homme. Publié au mois de janvier dernier, le rapport de HRW note que
l’élection présidentielle du 15 octobre 2003, qui a porté au pouvoir Ilham
Aliev, a déclenché des manifestations massives de la part de l’opposition
azerbaïdjanaise qui protestait contre un scrutin jugé frauduleux.
Le rapport comprend des témoignages d’opposants affirmant avoir été déshabillés
et battus dans leur cellule, menacés de viol lors d’interrogatoires de police ou
torturés à l’électricité.
Lors de sa visite en Russie, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a qualifié
ce rapport de « partial et unilatéral. »
Lors de sa visite en Russie, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a qualifié
ce rapport de « partial et unilatéral. » « Ce rapport ne reflète pas la
situation et a pour but d’exercer une influence sur la jeune direction
azerbaïdjanaise », a déclaré I. Aliev lors d’une conférence de presse à Moscou.
La Turquie soutient l’Azerbaidjan: « Le contentieux du Karabagh est un conflit commun à la Turquie et à l’Azerbaïdjan », a déclaré Abdullah Gul, ministre turc des Affaires étrangères, lors d’une visite officielle en Azerbaïdjan le 9 janvier dernier. D’après A. Gul, la Turquie a toujours entrepris des actions « pour contribuer au règlement équitable du conflit du Karabagh » et continuera à le faire. « Nous voulons une solution à ce problème dans le cadre de l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan… La Turquie soutiendra l’Azerbaïdjan dans ses efforts pour résoudre le contentieux », a dit le ministre turc lors de sa rencontre avec son homologue azerbaïdjanais Vilayat Gouliev. De son côté, l’Azerbaïdjan a déclaré, par la voie du président du Parlement, que « la Turquie devrait faire partie de la coprésidence du Groupe de Minsk de l’OSCE. »
Immigration:
En 2003, près de 156 familles se sont installées au Haut-Karabagh. D'après Serge
Amirkhanian, responsable des questions d’immigration plus de 170 familles ont
acquis le statut de résident permanent en 2002. L'arrivée de 170 familles
supplémentaires est prévue en 2004. Environ 70 000 personnes souhaitent obtenir
le statut de résident permanent du Haut-Karabagh d’ici 2011.
Serge Amirkhanian a annoncé que dans le programme gouvernemental adopté en 2001,
il est prévu d'accueillir environ 67 000 personnes. Le gouvernement finance des
constructions pour ces familles ; ainsi, en 2004 il est prévu de construire 90
maisons.
M. Amirkhanian a également précisé qu'à cause du déficit budgétaire, les
organisations arméniennes du Canada, des États-Unis, de France, du Liban et
d'autres pays encore apportent leur soutien financier au gouvernement en
construisant des écoles, notamment dans les régions rurales.
Avancée du projet de l’oléoduc BTC:
Les bailleurs de fonds internationaux qui financent majoritairement le futur
oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) ont signé le 3 février dernier l’accord
définitif de prêt avec les autorités azerbaïdjanaises. Les bailleurs de fonds,
qui comprennent des institutions internationales comme la Banque européenne pour
la reconstruction et le développement (BERD), des agences de financement
publiques et de grandes banques commerciales, contribuent à hauteur de 70 % au
financement du projet, fixé à 2,95 milliards de dollars.
Les 30 % restants ont déjà été avancés par les membres du consortium
propriétaire du BTC.
Rappelons que la construction de l’oléoduc a commencé l’an dernier et que
celui-ci doit entrer en fonction en 2005.
Investissements-emplois:
Au 1er janvier 2004, la compagnie Base Metals a investi 6 millions de dollars
dans l'économie du Haut-Karabagh. D'après le correspondant de Mediamax à
Stépanakert, l'entreprise a créé 20 emplois depuis le début de l'année. Le
nombre total d’employés s'élève à 670 personnes.
Depuis 2002, Base Metals s'occupe d'une part d’apiculture et d'autre part de
l'extraction d'or dans les mines de la région de Martakert.