|
|
|
JANVIER 2004 |
|
|
ARTICLES
En unissant nos efforts, nous pourrons surmonter les difficultés!
La veille du Nouvel An, le président de la République du Haut-Karabagh s’est adressé à la population du pays lors d’une allocution télévisée pour lui présenter ses vœux à l’occasion des fêtes et dresser le bilan de l’année écoulée. Il a remarqué que la fête du Nouvel An est toujours attendue avec beaucoup d’émotion et d’espoir : chacun souhaite que la nouvelle année soit particulière, chacun espère voir ses désirs et ses attentes se concrétiser et les difficultés demeurer derrière soi.
Il a ensuite voulu partager les succès et soucis communs du peuple et du Gouvernement.
L’année 2003 a vu le pays se consolider encore davantage; l’armée, gage de la sécurité du pays, gagner en puissance, la politique intérieure et extérieure de la République se perfectionner et sa réputation internationale s’accroître.
Des faits réjouissants ont été également constatés dans le développement de l’économie du pays, notamment en matière de création de nouveaux emplois et d’augmentation des recettes budgétaires. Des changements positifs ont été enregistrés dans les domaines de la santé, de la culture, de l’éducation, des sports, du système des retraites.
M. Ghoukassian a assuré la population de la détermination de l’État à porter dorénavant une égale attention à l’amélioration des conditions de vie des familles des combattants décédés et à celles des invalides de guerre.
Évoquant le succès des Phonéthons et Téléthons du mois de novembre, il a considéré ces opérations comme une preuve du fait que le Karabagh n’est pas seul et que la solidarité entre l’Arménie, le Karabagh et la Diaspora est le gage de leur capacité à résoudre les problèmes. Le plus important de ces problèmes reste, sans aucun doute, la défense de l’indépendance et la reconnaissance internationale du Haut-Karabagh, qui constitue l’objectif principal de la politique extérieure du pays.
Les réussites en matière de développement de la société civile et de la liberté de presse ont eu droit à une mention spéciale dans le discours du Président : en effet, selon les données de l’organisation américaine « Freedom House », par son développement démocratique, le Haut-Karabagh a, en 2003, largement dépassé non seulement plusieurs pays non reconnus, mais aussi son voisin l’Azerbaïdjan.
« Pourtant, a dit le président, nous n’avons pas le droit de nous contenter de ce qui est déjà acquis. Je sais que les conditions de vie ne se sont pas améliorées pour tous les citoyens du Karabagh et que certains attendent, à juste titre, une plus grande attention de la part de l’État face à leurs besoins et à leurs soucis. Le Gouvernement du pays assume entièrement la responsabilité des insuffisances de son travail, même s’il est impossible de résoudre en quelques années tous les problèmes sociaux quotidiens. En revanche, je suis sûr que nous pourrons surmonter les difficultés existantes en unissant nos efforts et en assurant la transparence des activités de toutes les structures étatiques et non gouvernementales. »
M. Ghoukassian a terminé son discours en renouvelant ses vœux de Noël et du Nouvel An à la population du Karabagh.
La première rencontre en tête-à-tête entre le président arménien Robert Kotcharian et le nouveau chef d’État azerbaïdjanais Ilham Aliev a eu lieu le 11 décembre dernier à Genève. Les déclarations faites avant l'entrevue des deux présidents par les ministres arménien et azerbaïdjanais des Affaires étrangères montraient que les deux parties attachaient beaucoup d’importance à cette rencontre officielle, la première entre les deux présidents depuis l’élection d’Ilham Aliev.
Ainsi, selon Vilayat Gouliev, ministre des Affaires étrangères d’Azerbaïdjan, « cette rencontre pourrait servir de fondement à la poursuite ultérieure des pourparlers. » Le ministre a ajouté qu’il était convaincu que le dialogue entre les deux présidents avait toutes les chances d’être fructueux, Ilham Aliev étant parfaitement au courant des détails des pourparlers antérieurs. Cependant V. Gouliev n'excluait pas la possibilité que les instances officielles de Bakou émettent le souhait de reprendre à zéro le processus des négociations, car les résultats des rencontres antérieures et les accords entre Heider Aliev et Robert Kotcharian n’ont jamais fait l’objet de documents concrets et étaient tenus en secret.
Le chef de la diplomatie arménienne a, quant à lui, remarqué que la question essentielle pour la partie arménienne était de savoir si Ilham Aliev était prêt à reprendre les négociations au point où elles avaient été interrompues.
Après la rencontre, qui a duré environ une heure et demie, le président arménien R. Kotcharian a déclaré qu’Ilham Aliev et lui n’avaient pas examiné de plan concret de règlement du conflit, mais qu’il était satisfait de la franchise de leur conversation, dont la nature avait été plutôt analytique.
Le président Aliev a également exprimé sa satisfaction sur le tour de la conversation, précisant que les deux hommes avaient parlé de l’histoire des négociations en y apportant leurs appréciations.
Le 12 novembre 2003, le président de la RHK, M. Arkady Ghoukassian, a rencontré à Erévan le rapporteur du Parlement européen sur les questions du Caucase du Sud, Per Gahrton.
M. Gahrton était
plus particulièrement intéressé par l’opinion de M. Ghoukassian sur les
perspectives de règlement du conflit du Karabagh, ainsi que sur la recherche de
mesures destinées à instaurer d’un climat de confiance entre les parties en
conflit.
À ce propos, le président de la RHK a souligné l’importance qu’il attache à la
création des conditions qui permettraient l’établissement de cette confiance
mutuelle.
Rappelons que M. Gahrton est l’auteur d’un projet de rapport à l’intention du
Conseil sur la politique de l’Union européenne à l’égard du Caucase du Sud,
assorti d’une proposition de résolution.
Le Caucase doit, selon M. Gahrton, bénéficier d’un statut clair dans le cadre de
l’Europe élargie - Nouveau voisinage, ce qui servirait entre autre d’incitation
aux réformes et au développement.
L’auteur du rapport insiste sur la résolution pacifique des conflits, sur
l’élaboration d’un Pacte de stabilité pour le Caucase du Sud et prône notamment
le retour des réfugiés azéris au Haut-Karabagh.
Pour mettre un terme définitif au conflit, Per Gahrton propose l’autonomie du
Haut-Karabagh au sein du territoire de l’Azerbaïdjan, selon l’exemple des îles
d’Åland, qui bénéficient d’un statut de large autonomie au sein du territoire de
la Finlande.
Proposition à laquelle M. Ghoukassian a répondu que lui non plus ne serait pas opposé à une autonomie au sein de la Finlande ! L’allusion est évidente : les deux cas sont difficilement comparables, compte tenu de l’attitude « peu bienveillante » que l’Azerbaïdjan a témoignée vis-à-vis du Haut-Karabagh à l’époque soviétique.
Au début du mois de décembre 2003, les coprésidents américain, français et russe du Groupe de Minsk de l’OSCE ont visité la région du Caucase du Sud avec pour objectif la reprise des négociations sur le conflit du Haut-Karabagh. Du 5 au 7 décembre les coprésidents ont visité successivement Bakou, Erevan et Stépanakert.
Lors de sa
rencontre avec les coprésidents, le président Ilham Aliev a exprimé son
insatisfaction quant au travail du Groupe de Minsk, notant que l’absence de
résultats entravait énormément la confiance de la société azerbaïdjanaise à
l’égard de cette institution.
Le coprésident américain a déclaré à Bakou que les médiateurs n’avaient pas de
proposition officielle sur le règlement du problème et que leur but n’était pas
de faire une surprise aux parties en conflit. « Nous sommes venus dans la région
pour échanger des points de vue et connaître l’attitude des parties vis-à-vis
des différentes propositions et idées.»
Le médiateur français Henri Jacolin a souligné qu’il était encore trop tôt pour
transformer les nouvelles idées en propositions. Il faudra pour cela attendre de
connaître la réaction des responsables politiques à ces idées.
A l’issue de leur rencontre avec le président arménien le 6 décembre, les
médiateurs ont déclaré que les présidents arménien et azerbaïdjanais étaient
d'accord sur la nécessité d’intensifier le processus des pourparlers, qui
devrait débuter par une rencontre à Genève.
Le 7 décembre les coprésidents du Groupe de Minsk ont rencontré à Stépanakert le président du Haut-Karabagh, Arkady Ghoukassian. À la suite de cette rencontre, le coprésident russe Youri Merzlyakov a déclaré que les trois médiateurs confirmaient que le Haut-Karabagh était une partie au conflit, mais qu’ils ne pouvaient pas modifier le cadre des négociations, car c’est le Haut-Karabagh même qui constitue l’objet des discussions des parties en conflit.
«Les territoires azerbaïdjanais occupés suscitent vraiment notre inquiétude et il y lieu d’étudier en profondeur ce qui s’y passe », a déclaré le sous-secrétaire général de l’ONU, M. Antonio Maria Costa à Bakou, lors de sa rencontre avec le président Ilham Aliev. Selon l’agence Mediamax, le président azerbaïdjanais aurait convaincu le sous-secrétaire de l’ONU de la présence sur le territoire du Karabagh de drogues et de terroristes.
Ilham Aliev lui a affirmé que les territoires occupés sont un lieu propice à la culture et au transit de stupéfiants. Il soutient que c’est par ce biais que l’Arménie s’est procuré 1 milliard EUR afin d’acquérir illégalement des armes auprès de la Russie.
Cette déclaration a été suivie, le 10 décembre 2003, par la réponse du ministère des Affaires étrangères du Karabagh annonçant que les autorités de la République sont prêtes à accueillir des missions d’inspection internationales pour examiner la situation du pays.
La déclaration du Ministère précise notamment que depuis 2001 les autorités du Karabagh se sont à plusieurs reprises adressées à des organisations internationales influentes, telles que l’ONU, le CE et l’OSCE, en leur demandant instamment d’envoyer au Karabagh des missions d’inspection indépendantes. Pourtant, la partie azerbaïdjanaise a tout fait pour empêcher la venue de missions d’enquête sur le territoire du Karabagh.
L’instance diplomatique du Karabagh estime que les allégations des hommes politiques azerbaïdjanais concernant la nature ingouvernable du territoire de la RHK ont clairement pour but de ne pas permettre à Stépanakert de participer aux pourparlers de paix, ce qui constitue une violation de la décision du sommet de Budapest de l’OSCE (1994).
Les élections présidentielles qui ont eu lieu en Azerbaïdjan au mois d’octobre 2003 ont porté au pouvoir Ilham Aliev, le fils du président sortant, consacrant ainsi la fondation de la dynastie des Aliev, pour reprendre une expression très courante. Bien que l’issue des élections ne fit pratiquement aucun doute, les élections elles-mêmes ne se sont pas passées sans heurts : manifestations massives de l’opposition, accompagnées de graves accrochages dans les rues de Bakou et de violences.
Des journalistes
ont notamment été battus lors des confrontations au centre de Bakou ; plusieurs
leaders de l’opposition ainsi que des membres de commissions électorales ont été
arrêtés ou forcés à signer des documents sous peine d’arrestation.
Il est à noter que la plupart des actions de protestation étaient organisées
pour par le leader du parti nationaliste « Moussavat », Isa Ghambar.
Les réactions de la communauté internationale:
Les élections ont été suivies par plus de 1 000 observateurs
étrangers qui, tout en exprimant des jugements contradictoires, ont pour la
plupart sévèrement critiqué le manque de transparence dans l’organisation des
élections et dénoncé des cas fréquents d’infractions aux principes
démocratiques.
Le sous-secrétaire du département d’État américain a déclaré que « les élections
en Azerbaïdjan ne répondaient pas aux normes internationales » et a exprimé son
inquiétude à propos des arrestations de membres des partis de l’opposition.
Il a toutefois précisé que les États-Unis reconnaissent l’élection d’Ilham Aliev
et souhaitent collaborer avec lui et l’Azerbaïdjan en général.
L’Ambassadeur des États-Unis en Azerbaïdjan s’est quant à lui déclaré satisfait
du déroulement des élections et a affirmé n’avoir pas constaté d’infractions
dans les circonscriptions qu’il a visitées.
Le président arménien s’est abstenu de tout commentaire. Il reste fermement
déterminé à reprendre le processus de négociations avec le nouveau leader de
l’Azerbaïdjan.
Le président russe, Vladimir Poutine a félicité Ilham Aliev de sa victoire
« convaincante », soulignant que le partenariat russo-azerbaïdjanais est un
facteur important de la stabilité et de développement pour la région du Caucase
du Sud. Il a également exprimé l’espoir que le nouveau président azerbaïdjanais
poursuivrait le dialogue avec la Russie et maintiendrait le cap d’Aliev Père en
matière de politique étrangère.
Ilham Aliev a également reçu les félicitations des présidents ukrainien et
géorgien et du premier ministre turc.
Les appréciations
des observateurs et dirigeants européens étaient, au contraire, très sévères. Le
président de la Commission européenne, Romano Prodi a qualifié Ilham Aliev de
« dictateur légitime de l’Azerbaïdjan » en dénonçant les graves répressions des
actions de l’opposition.
Le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Walter Schwimmer a condamné les
actes de violence qui ont suivi les élections en déclarant que « le nouveau
président azerbaïdjanais doit immédiatement entreprendre des réformes
démocratiques ».
Les observateurs de l’OSCE ont estimé que les élections de l’Azerbaïdjan ne
correspondaient pas aux normes internationales et qu’une série d’infractions
avait été observée dans la plupart des circonscriptions pendant le décompte des
votes.
Le chef de la mission des observateurs de l’OSCE, Peter Eicher, a exprimé sa
préoccupation quant au nombre important d’actes de violence commis dans les
jours suivant les élections. Il a déclaré que le processus démocratique de
l’Azerbaïdjan dépendra dorénavant de la volonté politique des autorités.
Les commentateurs politiques s’accordent sur le fait que la victoire d’Ilham
Aliev était tout à fait évidente et que même l’opposition azerbaïdjanaise n’en
doutait pas.
C’est en novembre dernier que s’est déroulé le Phonéthon 2003 destiné à collecter des fonds pour achever la construction de la Route dorsale reliant le nord et le sud du Karabagh. Il s’agissait de la quatrième opération organisée par le Fonds arménien de France et destinée à financer divers projets de reconstruction, notamment en matière d'infrastructures, indispensables pour le développement socio-économique du Karabagh et de l'Arménie.
Cette année, huit communautés arméniennes (Allemagne, Argentine, Australie, côtes Est et Ouest des États-Unis, France, Pays-Bas et Portugal) ont pris part à la collecte de fonds en organisant les Téléthons et les Phonéthons et en y participant.
En France, le Phonéthon 2003 a mobilisé plus de 600 bénévoles qui ont assuré une permanence téléphonique à partir de 150 postes situés à Lyon, Marseille, Montpellier, Nice et Paris. Les promesses de dons émanaient de 10 000 familles, entreprises et associations, y compris les bénévoles venus des Fonds arméniens d'Allemagne, des Pays-Bas et de Suisse, ainsi que quelques représentants de la petite communauté arménienne du Portugal.
Le président du Haut-Karabagh, M. Arkady Ghoukassian, qui se trouvait alors en visite de travail aux États-Unis et en France, a donné personnellement le coup d’envoi de ces opérations humanitaires.
Accompagné de la directrice exécutive du Fonds panarménien « Hayastan », Mme Naïra Melkoumian, ancienne ministre des Affaires étrangères du Karabagh qui vient de succéder à Vahan Ter Ghévondian à ce poste, il a fait partout appel aux communautés arméniennes pour qu’elles participent activement aux Téléthons et Phonéthons, compte tenu de l'importance vitale de la Route dorsale pour l'économie du Haut-Karabagh.
Lors de la clôture du Phonéthon, le Fonds arménien de France annonçait avoir recueilli 750 000 EUR en promesses de dons, soit une progression de 9 % par rapport à 2002. Grâce à la générosité des donateurs la Route dorsale du Karabagh sera prolongée de 6 km.
Selon le Fonds arménien, l’achèvement de la route nécessite 9 millions USD sur un coût total de 25 millions USD.
Une avancée pour l’agriculture du Karabagh
Le 13 septembre 2003, lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Agriculture du Haut-Karabagh, Bénik Bakhchian, a constaté que malgré les progrès réalisés ces dernières années par l’agriculture du Karabagh, on ne peut pas encore parler d’un développement systémique. M. Bakhchian a noté des changements positifs dans la culture des céréales, la viticulture, l’élevage et la sylviculture. Parmi les branches les plus lucratives il a cité la viticulture, dont la production est huit à dix fois supérieure à celle du blé.
Évoquant les problèmes de l’agriculture, le Ministre a attiré l’attention sur le mauvais état du matériel et le manque de certaines machines. Pour résoudre ce problème, les autorités ont l’intention d’acquérir du matériel agricole en recourant au crédit-bail et de le mettre à la disposition des paysans en reportant à plus tard le payement.
« Nous avons élaboré et sommes en train de mener à bien un programme d’agrandissement des terrains agricoles sans lequel le développement systémique de l’agriculture serait impossible », a noté M. Bakchian, citant en exemple la société Académie, qui aide les propriétaires de terres privatisées à les cultiver.
Cette société est liée par contrat avec 1 366 paysans qui cultivent des terres d’une superficie globale de 5 600 ha. Selon le ministre, la société ne poursuit pas de but lucratif. Le Gouvernement a prévu 1,5 Mln EUR pour mener à bien le programme.
Abordant le problème de l’augmentation du prix du pain, M. Bakchian a remarqué que malgré les résultats record de la production de céréales en 2003, il avait été pratiquement impossible de maintenir les prix bas du pain. Il a également remarqué que le Haut-Karabagh se trouve dans un espace économique et douanier avec l’Arménie et qu’en cas de maintien artificiel des prix bas du pain, les producteurs locaux commenceront à l’exporter vers l’Arménie où il y a toujours un déficit de pain. Il a annoncé qu’afin de maintenir la stabilité du prix du pain, le Gouvernement a prévu 350 000 EUR pour l’achat de blé destiné au fonds de réserve.
Le Gouvernement élabore également un programme de construction de plus de 20 réservoirs d’eau destinés à irriguer environ 20 000 ha de terres.
Pour la réhabilitation du système d’irrigation et de la mise en place de nouveaux réseaux d’aqueducs, le Gouvernement a prévu 130 000 EUR.
Perspectives de référendum sur le règlement du problème du
Haut-Karabagh
:
Le président arménien a déclaré, le 25 décembre 2003, que l’organisation du
référendum par lequel les citoyens d’Arménie seront invités à s’exprimer sur un
éventuel projet de règlement du conflit du Haut-Karabagh dépendra de la décision
finale et du consensus politique qui se formera autour de cette décision.
S’il n’y a pas de consensus et si des contradictions apparaissent, ou dans le
cas où il y aurait trop de sujets politiques opposés à la décision, il sera plus
juste d’organiser un référendum, car la décision qui en découlera sera plus
légitime et pérenne », a déclaré Robert Kotcharian.
Il a toutefois ajouté qu’il ne considère pas le recours au référendum comme un
abandon de responsabilité et s’est déclaré prêt à assumer pleinement la
responsabilité du règlement du conflit.
Rencontre des parlementaires arméniens et azérbaidjanais : Le 20 décembre 2003, des parlementaires arméniens et azerbaïdjanais, réunis en Écosse dans le cadre de la première session de l’Initiative parlementaire du Caucase du Sud, sont convenus qu’un accord de paix entre les deux pays voisins était le seul moyen de régler le conflit du Haut-Karabagh. « Ce constat de la nécessité d’un accord de paix nous fournit le cadre de la poursuite du dialogue sur le Haut-Karabagh », a déclaré à la presse Stephen Nash, ancien ambassadeur de Grande Bretagne en Géorgie, qui participait aux négociations. « Nous avons eu autour de la table des parlementaires représentant pratiquement tous les partis politiques d’Arménie et d’Azerbaïdjan. Le fait qu’ils étaient présents et qu’ils se sont mis d’accord sur quelques principes fondamentaux sur la base desquels ils veulent mener de l’avant le processus rend cette rencontre extrêmement utile », a souligné Dennis Sammut, porte-parole du Réseau d’information sur les conflits et la construction étatique, une ONG basée à Londres.
Chahoumian et Martakert font partie des sujets de négociations
:
Le président arménien Robert Kotcharian a déclaré le 25 décembre 2003 qu’il
avait été et reste partisan d’un règlement global du problème du Karabagh.
« La solution globale suppose le règlement de tous les éléments du conflit »,
a-t-il déclaré en précisant qu’il considère la question de la région de
Chahoumian (République du Haut-Karabagh) et de la vallée qui ceint la région de
Martakert, actuellement sous contrôle des forces armées azerbaïdjanaises, comme
faisant partie de ces éléments.
« Ma position reste inchangée : tous les points qui suscitent des divergences
doivent être discutés lors des négociations. C’est seulement ainsi qu’un
éventuel compromis sera possible. Mais ce que seraient les termes de ce
compromis, c’est le processus de négociations qui nous les montrera», a déclaré
le président arménien.
Les États-Unis veulent un OTAN plus fort au Caucase du Sud
:
Selon l'agence Mediamax, l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'OTAN, Nicholas
Burns a déclaré dans son discours au Sommet de Prague que son pays estime
nécessaire le renforcement de l'influence de l'OTAN au Caucase du Sud et en Asie
Centrale.
« Ces pays ont joué un grand rôle lors de la campagne d’Afghanistan. Ils ne
partagent pas toutes les valeurs démocratiques auxquelles nous nous tenons à
l'OTAN, mais dans une perspective stratégique ils veulent participer aux
opérations pacificatrices et à la prévention des conflits. Ils sont nos
partenaires et nous devons les aider, » a-t-il dit.
En même temps les autorités géorgiennes ont déclaré que les forces militaires
américaines et les troupes de l’OTAN se chargeaient de la surveillance de
l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan.
« Il n’y a pas de contradiction dans le séjour des militaires américains sur le
territoire de la Géorgie, compte tenu de l’accord de coopération militaire
signé et ratifié le 10 décembre 2002 entre les gouvernements américain et
géorgien ».
Cet accord permet aux Américains d’installer librement de la technologie
militaire sur le territoire géorgien et de la disloquer à leur propre
convenance.
« Azénergie» refuse de coopérer avec l’Arménie avant le règlement
du conflit :
Dans une déclaration à l’agence Interfax Azerbaïdjan, l’ingénieur en chef de la
compagnie Azénergie a dit qu’il ne saurait être question d’aucune collaboration
entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans le domaine énergétique avant le règlement
du conflit du Haut-Karabagh. L’Azerbaïdjan a ainsi répondu négativement à
l’éventualité d’un raccordement des réseaux électriques de l’Arménie et de la
Russie, mesure qui permettrait, selon le chef du monopole russe de l’électricité
RAO EES, Anatoly Tchoubaïs, l’optimisation du fonctionnement des réseaux
énergétiques de tout le Caucase du Sud.
M. Tchoubaïs avait déclaré que la Russie était intéressée par le rétablissement
des liens avec le réseau arménien, car l’Arménie est la seule des anciennes
républiques soviétiques avec qui ces liens ont été interrompus pour un ensemble
de raisons politiques et techniques. À ce sujet, l’ingénieur en chef d’Azénergie
a déclaré qu’actuellement il n’y a pas de possibilité technique de travail en
parallèle, car tout le matériel a été détruit et pillé au début des années 1990,
lors du commencement du conflit armé. « La partie russe nous a proposé de
commencer les travaux de reconstruction des réseaux reliant l’Arménie,
l’Azerbaïdjan et la Turquie, mais nous estimons que ces travaux sont impossibles
avant le règlement du conflit », a-t-il déclaré.
L’Azerbaïdjan parmi les dix pays les plus corrompus :
L’Azerbaïdjan occupe la 113e place du Classement mondial de la
liberté de la presse établi par l’organisation « Reporters sans
frontières ».
Parmi les pays de la CEI, c’est la Géorgie qui occupe le haut du classement en
73e place, suivie par l’Arménie en 90e position.
C’est en Europe du Nord – Finlande, Islande, Norvège et Pays-Bas – que la
liberté de la presse est la mieux respectée.
Le classement a été établi à partir de sondages effectués auprès de
journalistes, d’experts et de juristes.
Par ailleurs, selon le dernier rapport du groupe Transparency International,
l’Azerbaïdjan est entré dans le groupe des dix pays les plus corrompus du monde,
où il figure aux côtés de la Géorgie et du Tadjikistan, pour ne citer que les
États de la CEI.
La viticulture reconnue branche prioritaire de l’économie de la
RHK :
Aux termes de l’accord signé récemment entre le groupe Pernod-Ricard et la
société Karabagh Gold, l’usine de brandy d'Erevan, propriété de Pernod-Ricard,
s’engage à acheter 800 tonnes de raisin par an au Karabagh. Les spécialistes
karabaghtsis jugent cette nouvelle collaboration intéressante et estiment
qu’elle peut assurer des revenus importants à la République.
Dans cette optique, le ministère de l’Agriculture du Haut-Karabagh a déjà
élaboré un programme d’extension des vignobles. Rentabiliser un hectare de vigne
suppose un investissement de 5 000 à 6 000 EUR, ce qui n’est pas donné à tous
les agriculteurs. C’est pourquoi le ministère de l’Agriculture a décidé de
cultiver un million de plants de vigne dans le courant de l’année et de les
distribuer gratuitement aux paysans l’année prochaine.
L’année 2003 en quelques chiffres :
Selon le service de la statistique du Haut-Karabagh, la République a fait des
progrès importants dans le domaine de la construction urbaine. 2,5 Mln EUR ont
déjà été investis dans ces travaux, qui seront pratiquement tous terminés à la
fin de l’année 2004.
Dans le secteur éducatif, la RHK comptait 246 écoles secondaires en 2003 contre
232 l’année d’avant pour un total de 22 463 élèves et 4 056 enseignants.
S’agissant des écoles maternelles et des jardins d’enfants, il convient de noter
qu’il n’existe qu’un seul établissement financé par l’État au Karabagh ; en 2003
sa fréquentation a augmenté de 50 % par rapport à l’année précédente. Cependant,
il existe aussi d’autres institutions de garde d’enfants financées par l’Eglise
évangélique arménienne et l’Union d’aide arménienne, qui accueillent 97 enfants
en tout.