BIMESTRIEL OFFICIEL DE LA REPRÉSENTATION DE LA RHK EN FRANCE

JANVIER 2003 / N° 22

 

 

ARTICLES


 

 NOUS AVONS TOUS LA MÊME RAISON DE NOUS RÉJOUIR

« Nous avons tous la même raison objective de nous réjouir : l’année écoulée fut encore une étape importante sur le chemin vers la reconnaissance internationale de la République du Haut-Karabagh ».
C’est par ces mots que le président de la RHK, M. Arkady Ghoukassian a commencé son allocution à l’occasion du Nouvel An.
« Pour la première fois à la suite des dernières élections présidentielles, a-t-il poursuivi, le chef de l’État a reçu des félicitations de nombre d'élus politiques et hommes d'État américains, russes, français et autres, » ce qui n'est pas sans agacer les adversaires de l'indépendance du Haut-Karabagh. Il a remarqué que ces derniers faisaient tout leur possible pour inverser la tendance de l'opinion publique mondiale actuellement favorable à la cause de l'Artsakh et à ses dirigeants. Le Président a toutefois souligné que tous leurs efforts étaient d'emblée voués à l'échec.
Abordant la situation sociale et économique de la République, M. Ghoukassian a noté que dans le courant de l'année dernière le flux des investissements étrangers vers les différents secteurs de l'économie du pays avait sensiblement augmenté. Le Président s'est notamment félicité du succès du Téléthon organisé en France et aux États-Unis au profit de la construction de la route dorsale "Nord-Sud".
Évoquant la situation de l'armée qui constitue le principal facteur de paix et de sécurité du pays, M. Ghoukassian a constaté qu'elle aussi avait connu un progrès indéniable depuis quelques années.
Le Président a néanmoins rappelé que malgré l'importance des acquis de la jeune République, il restait encore beaucoup de problèmes irrésolus, essentiellement d'ordre social. « Notre peuple mérite sans nul doute une vie meilleure », a remarqué le Président à ce propos. « A nous de construire ensemble cette vie meilleure ».



 


            MSF - FRANCE ACHÈVE SA MISSION AU HAUT-KARABAGH

Le 30 décembre dernier le président de la République du Haut-Karabagh, Arkady Ghoukassian, a reçu le chef de la mission arménienne de l'organisation Médecins sans Frontières, Marie Deblaise, et le coordinateur de sa sous-mission au Haut-Karabagh, Xavier Saggesi.
Lors de l'entrevue, Madame Deblaise a annoncé la fin au Haut-Karabagh de l'activité de "MSF", destinée essentiellement à lutter contre la tuberculose. Madame Deblaise a également déclaré que le ministère de la Santé de la RHK assurerait désormais la suite de la campagne contre cette maladie et que le contrôle en incombait au bureau de Médecins sans Frontières à Erévan. Ce dernier doit en outre fournir un soutien logistique, notamment des médicaments, au ministère de la Santé de la RHK.
Le président Ghoukassian a remercié les collaborateurs de la mission de MSF du travail qu'ils ont accompli au Haut-Karabagh, exprimant également son espoir de voir l'organisation reprendre ses activités au Karabagh si besoin en était.



 


       
 ARTSAKHBANK: ÉTAT ACTUEL ET PERSPECTIVES
            
INTERVIEW EXCLUSIVE DE KAMO NERSISYAN, PRÉSIDENT DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE L’ARTSAKHBANK, A L’AGENCE DE PRESSE ARKA.

ARKA - Quels programmes de crédit l’Artsakhbank poursuit-elle aujourd’hui, et dans quels secteurs de l’économie de la RHK ?
K. N. - L’Artsakhbank est aujourd’hui la seule banque commerciale en Arménie à effectuer d’importants investissements dans l’économie de la RHK. De fait, les efforts que nous fournissons pour faire revivre l’économie de la République font de nous le seul partenaire sain et solide du gouvernement de la RHK. Notre banque est impliquée dans tous les programmes d’investissement régionaux, que ce soit au stade de leur élaboration ou à celui de leur mise en œuvre. Les prêts investis par l’Artsakhbank dans l’économie de la RHK atteignaient 9,9 milliards AMD sur 11 mois en 2002, contre 5 milliards AMD en 2001. L’accroissement des investissements sous forme de prêts bancaires a été rendu possible grâce à nos actionnaires, qui ont créé un fonds d’investissement. Ce fonds catalyse le développement des petites et moyennes entreprises. Les entreprises déjà en activité ou nouvellement créées ont la possibilité de bénéficier de crédits à moyen ou long terme à des taux d’intérêts très bas. Par ailleurs, en 2001-2002, notre banque a investi 1,3 million USD dans l’agriculture de la République afin de permettre aux entreprises de s’approvisionner en matières premières d’origine locale. Étant donné l’importance de son portefeuille de prêts, notre banque mène une politique de crédit raisonnable en maintenant une relation risque-rentabilité optimale, ce qui permet un remboursement régulier des fonds déposés.
ARKA - Quels sont les domaines d’activité prioritaires de la banque pour la période 2003-2005 ?
K. N. - Tout en définissant les objectifs stratégiques de notre développement futur, nous avons décidé de contribuer au développement et à la prospérité de nos clients. Nous sommes convaincus que pour le bénéfice mutuel des deux parties la coopération de notre banque avec ses clients doit être fondée sur des relations de partenariat. Or les partenariats à long terme ne sont possibles que dans un contexte d’ouverture et de confiance. La banque doit avoir une bonne compréhension de l’activité de ses clients, leur offrir les services financiers qui correspondent à leurs attentes et contribuer à leur développement actif. Évidemment notre caractère régional nous freine, parce que nous restons à l’écart des flux financiers importants et des gros clients présents sur le territoire de l’Arménie. Mais nous ne nous limiterons pas à l’ouverture d’une agence de l’Artsakhbank à Erévan (inaugurée en 2000) ; en 2003-2004 nous prévoyons d’étendre notre réseau financier en RHK et en Arménie.
ARKA - Quelles sont les prévisions de croissance des principaux indicateurs de l’Artsakhbank en cette fin d’année 2002 ? Quels objectifs l’Artsakhbank s’est-elle fixé en ce qui concerne l’accroissement de son capital ? Votre banque chercherait-elle à attirer de nouveaux investisseurs pour trancher cette question ?
K. N. - Nous n’avons pas besoin d’attirer de nouveaux investisseurs, mais dans le cadre de notre accord avec nos actionnaires nous prévoyons d’augmenter le capital social de la banque de 2,3 millions USD à 5 millions USD au cours des trois prochaines années. Pour ce qui est de nos principaux indicateurs, à la fin de l’année 2002 les éléments d’actif de l’Artsakhbank atteindront 10 milliards AMD, dont près de 6 milliards AMD pour notre portefeuille de prêts en cours. Les profits prévisionnels de la banque s’élèvent à 220-230 millions AMD à la fin de cette année.



 


         TÉMOIGNAGES

La rédaction de la « Tribune du Karabagh » tient à remercier chaleureusement Mme Nadia Kébabdjian et M. John Malcolm pour leur contribution importante à la reconstruction du Haut-Karabagh depuis plusieurs années.

JOHN MALCOLM: « YES AL KARABAGHTSI YEM »
En ce très beau mois de mai 2002 nous nous sommes envolés vers Erévan, capitale de notre pays, l’Arménie libre et indépendante. Le but de mon voyage est de ramener mes deux fils, Eric et Philippe Grégory, sur la terre de leurs ancêtres, au Karabagh.
La route du Karabagh traverse un paysage féerique: l’Ararat d’un coté, couvert de neiges éternelles, de l’autre l’Aragats neigeux, plus loin les blanches montagnes de Zanguézour et, finalement, les immaculées montagnes Mrov, qui font partie de la chaîne du Karabagh.
Entre temps la route progresse de la plaine d’Ararat, aux riches vignobles, à travers une gorge rocheuse, pleine de cavernes où nichent maintes hirondelles, et, accompagnés par un torrent impétueux, nous émergeons enfin sur un col montagneux symboliquement indiqué par une haute porte crénelée décorée d’un magnifique aigle en bronze et de cloches qui résonnent au vent. A travers de riches pâturages d’un vert foncé, et de champs de blé dorés, sur les collines arrondies du Zanguézour, enjolivées de tapis de fleurs rouges, jaunes et pourpres, nous sommes descendus dans une vallée profonde, traversée par trois rivières limpides : la frontière du Karabagh. A partir d’ici la route monte constamment en lacets en passant par les collines et les montagnes, toutes couvertes de bois et de forêts.
Me voilà enfin chez moi après tant d’années d’exil, avec ma famille, faisant à nouveau partie de ma nation libre et indépendante. Je me sens bien ici, comme jamais et nulle part ailleurs, car … « yes al Karabaghtsi yem ».
Tout a vraiment commencé il y a environ deux ans, quand mon ami Matos Matossian m’a montré un article intitulé « Les montagnes du jardin noir » dans une revue arménienne. Nous avons alors appris que le Karabagh avait ouvert un bureau de représentation à Paris. Après avoir rencontré les représentants du Karabagh nous avons fait une première donation pour la reconstruction de l’école du village Tagavart. En l’an 2001, j’ai décidé d’aller au Karabagh et d’y acheter une maison. Dernièrement, j’ai fait aussi une donation pour les orphelins de la guerre et les enfants pauvres de ma ville de Chouchi : je serai leur père.
Maintenant je fais le choix de ne plus verser de larmes de tristesse pour les provinces à l’ouest de la grande Arménie que nous avons perdues, mais je verserai toujours des larmes de bonheur pour les territoires à l’est que nous avons libérés. Je verserai toujours des larmes de bonheur pour ma famille que j’ai retrouvée, pour ma nation libre et indépendante, pour ma religion. Je suis heureux, je me sens bien dans ma peau et dans mon identité retrouvée. Ajsor yes, Hovhannès Melkon Beg, Chouchetsi, Karabaghtsi em, hargev.
Et à mon tour, je suis prêt à ouvrir mes bras et à prodiguer mes conseils à tout autre Arménien qui voudrait suivre ma voie.



NADYA KEBABDJIAN: « LES SOLUTIONS EXISTENT-ELLES! »
En cette période où il est beaucoup question de reconstruction et de repeuplement au Karabagh et que nous avons enfin pris conscience de l'importance de l'habitat pour maintenir une population sur ses terres, je voudrais attirer l'attention sur la situation des foyers dans les campagnes reculées du nord de la région de Mardakert.
Depuis quatre ans, dans le cadre d'un programme d'aide économique en faveur des veuves de guerre et de leurs enfants, je me suis rendue dans plus de vingt villages situés autour du réservoir de Sarsang, et visité plus d'une centaine d'habitations. Ainsi, j'ai pu constater l'extrême délabrement des maisons et le grand dénuement dans lequel se trouvent la majorité des familles. En particulier, les foyers privés de la présence d'un homme - tué au combat - continuent à ce jour à supporter des conditions de vie difficilement descriptible.
Certaines de ses masures, lourdement endommagées, présentent encore des fissures béantes, des fenêtres sans vitre protégées seulement par un film plastique, des planchers défoncés, des murs noircis par le bois de chauffe... en un mot des logis totalement insalubres. Ces conditions déplorables influent non seulement sur le moral, mais surtout, nuisent à la santé de ses habitants.
Certes, dans les limites de leurs moyens, le gouvernement, les associations caritatives et les bienfaiteurs de la Diaspora construisent ou réhabilitent villages, écoles, hôpitaux indispensables pour le pays, mais à ce jour trop nombreux sont les foyers qui ne bénéficient d'aucune amélioration.
Sans doute les solutions existent-elles ! Avec des sommes modiques et une coopération active, surtout de notre jeunesse, nous pourrions certainement participer individuellement ou collectivement à des micro projets de réfection, soit directement soit au travers d'organisations et associations déjà opérationnelles sur le terrain.
La restauration des logements, en particuliers ceux des familles des héros tombés pour la libération du pays, ne peut attendre davantage. Huit ans après le cessez-le-feu, il en va du respect de la dignité humaine.



 


       
 DÉPÊCHES :

M. HOVANES GUEVORKIAN/ NOUVEAU REPRESENTANT DE LA REPUBLIQUE DU HAUT-KARABAGH EN FRANCE :Par un décret présidentiel daté du 30 décembre 2002 M. Hovanès Guévorkian est nommé Représentant permanent de la République du Haut-Karabagh en France remplaçant ainsi M. Artak Harutyunyan.
Depuis 1998 M. Hovanès Guévorkian est fonctionnaire au ministères des Affaires étrangères de la RHK. En 1999 il a été nommé adjoint au représentant de la RHK en France.

LES PAYS-BAS FERONT LE MAXIMUM POUR LA RESOLUTIONS DES CONFLITS CAUCASIENS : Durant la période où ils exerceront la présidence de l'OSCE, les Pays Bas feront le maximum d'efforts pour la résolution pacifique des conflits caucasiens, a déclaré le 13 janvier 2003 le chef de la diplomatie néerlandaise et président en exercice de l'OSCE, Jan de Hup Sheffer lors de la session du Conseil Permanent de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe.
Rappelons que les Pays Bas ont pris la présidence tournante de l'OSCE le 1er janvier 2003.

UNE NOUVELLE USINE DE VIN : En novembre dernier a eu lieu la cérémonie de l'inauguration de l'usine de vin de Martouni en présence du président de la République Arkady Ghoukassian accompagné d'une délégation officielle.
L'entreprise, dont deux sites de production sont localisés à Karmir Chouka et à Berdachène, date de l'époque soviétique. Elle avait fortement souffert à la suite des affrontements militaires dans la région et sa reconstruction nécessitait d'importants moyens financiers.
C'est après la privatisation et grâce à plus d'un million de dollars d'investissements que les nouveaux copropriétaires M. Barsegh Beglarian, président de la société "Flesh", lui-même originaire du Haut-Karabagh et Ara Haroutunian, directeur de la SA "Karabagh Gold", ont pu remettre l’usine en marche.
La réouverture de cette usine revêt une double importance pratique pour le pays : d'une part elle relance la culture du raisin et la production vinicole, activités traditionnelles qui font depuis des siècles le renom du Karabagh; d'autre part elle crée près de 100 nouveaux emplois, chiffre qui ne cesse d'augmenter depuis.

UN GROUPE DE DIVERSION AZERI SUR LE TERRITOIRE DU HAUT – KARABAGH : Le 8 janvier 2003 sur la ligne de front entre les forces armées du Haut-Karabagh et de l'Azerbaïdjan un groupe de diversion azéri a tenté de s'introduire sur le territoire de la RHK. Le groupe a été arrêté et neutralisé grâce à la vigilance des gardes-frontière de l'armée de la RHK. A la suite de cette opération un soldat azéri a été blessé et pris en otage. Après une première assistance médicale le blessé a été transporté d'urgence à l'hôpital militaire. Les autres membres du groupe ont réussi à s'échapper.

UN NOUVEAU TRONÇON DE LA ROUTE DORSALE : Le 10 novembre 2002 un nouveau tronçon de la route dorsale "Nord-Sud", dont la construction est financée par le Fonds Arménien, a été inauguré.
La longueur de ce secteur, qui s'étend entre les villages de Astrachène et de Aygestan (région de Askéran), est de 9,7 km. Le président de la République d'Arménie, Robert Kotcharian, le président de la RHK, Arkady Ghoukassian et le vice-président du Fonds Arménien et président de la Cour constitutionnelle de la RA, Gaguik Haroutunian, assistaient à la cérémonie officielle d'inauguration.
Rappelons que la longueur totale de la route est de 169 km et que son coût s'élève à 25 millions de dollars américains.